ET EN CHAMPAGNE
son fardeau, et la plaine fut changée en montagne. »
(Bourqaelot, p. 4).
« A Vic-sur-Aisne est une pierre à pisser de Gargantua. »
(Ibid., p. 3).
A Mont-Saint-Père et dans les environs, pour empêcher les petits enfants d'aller sur le bord de la rivière, on leur raconte qu'un jour Gargantua passa par le pays. Il faisait tellement chaud, que le géant eut besoin de boire dans la Marne ; il posa un pied sur le clocher de l'église de Mézy et l'autre sur celui de Qiartèves, et il se mit à boire à la rivière avec tant d'avidité qu'il avalait même les bateaux qui naviguaient sur la Marne.
(Communi^ par M. Léon Lhermittè).
Je n'ai pu me procurer aucun renseignement sur la popularité de Gargantua dans la Champagne proprement dite.
M. Emmannel Cosquin, M. d'Arbois de Jubainville, ne connaissent ni légende gargantuesque, ni monument auquel le peuple attache son nom.
2l8 GARGANTUA EN ILE-DE-FRANCE
Pargny sous le nom de la Haute-Borne, le nom générique employé presque partout dans le dépor* tement, ou bien sous celui de Pierre de Gargantua^ ou encore sous la dénomination locale et spéciale de Ver(iau de Gargantua; Verziau, dans Tanden patois picard, aujourd'hui tout à fait oublié dans le Laonnais, signifiait pierre à aiguiser.
« Le nom de Gargantua était jadis populaire dans la contrée et voulait dire tout simplement gigantesque, à proportions énormes et insolites. Ainsi, Molinchart (canton de Laon) a son entassement chaotique et formidable de grès considé* râbles en place et dénudé par les eaux, qu'on appelle Hottie de Gargantua, et que menaient de ruine les tailleurs de pierre du pays, au mépris d'un arrêté préfectoral pris il y a trente-cinq ans pour la conservation de ce monument naturel et unique dans la contrée. »
(Ed. Fleury, Antiquités et monuments de l'Aime, 1877, Impartie, p. 95).
« On lui attribue la formation de la montagne sur laquelle est assise la ville de Laon. Il portait un jour de la terre dans une hotte ; se trouvant trop chargé, il jeta dans la plaine une partie de