‹ Les Littératures populaires de toutes les nations (volume 2)Chapitre 84 sur 113 · S II. - GARGANTUA EN SAVOIE · texte numérisé non relu

S II. - GARGANTUA EN SAVOIE

N face des Grands-Plans, au-delà du vallon de Notre-Dame-de-Treicol, on voit un énorme rocher en forme de tou* nommé Pierra-Metta, dominant une longue dme qui sépare la vallée de Beaufort de la Haute-Tarentaise. « Suivant la tradition, ce rocher a été porté sur ce sonmiet par un géant qui avait autrefois tout pouvoir sur ces montagnes. Il aurait tiré ce rocher d'une crête voisine, en laissant à sa place une brèche qui maintenant sert de passage (cf. la brèche de Roland). Fatigué de la pesanteur d'un tel fardeau, il l'avait posé un instant pour reprendre haleine, mais il lui avait été impossible de soulever de nouveau le rocher qui, depuis lors, est

demeuré là comme un témoignage de l'impuissance finale de l'orgueil humain.

« Ce personnage symbolique est nommé par la tradition Gargantua. Il s'asseyait sur la coupe des montagnes comme sur un escabeau fait à sa taille ; il se jouait des énormes sapins comme d'une paille légère; il "baignait ses pieds dans la profondeur des lacs. »

(Magasin pittoresque, t. XVIII, 1850, p. 374).

« Le mythe de Gargantua s'est répandu jusque dans les environs d'Annecy (Haute-Savoie). Dans les rochers polis par les glaciers sous la Croix du Cré du Maure, on voyait le Fauteuil et les Escaliers de Gargantua, produits par le travail d'érosion.

« En s' appuyant pour s'asseoir, le géant avait imprimé à droite et à gauche la marqne profonde de ses mains. M. Seraud avait examiné dans son enfance cette pierre, détruite par la mine vers 1845. »

(Revon, La Haute-Savoie avant les RomainSf p. 60).

A Sallanches (Haute-Savoie), Gargantua, pour se désaltérer, mettait les pieds sur les rochers qui bordent la vallée : V Aiguille Varrens et le MoiU Areu et buvait ainsi dans TArve. Un jour il se

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