AVANT-PROPOS XI
LA littérature orale a une tendance à disparaître, non pas en bloc et tout d'un coup, mais par émiettement, et il n'est que temps d'en sauver les débris.
Né en 184^, fai déjà constaté que des contes couramment racontés dans mon enfance, et que toutes les femmes savaient, ne se retrouvent plus aujourd'hui, et je n'ai pu, malgré des recherches obstinées, m'en procurer que des versions à demi-effacées : souvent des personnes âgées m'ont cité des fragments de contes qu'elles affirmaient avoir entendu conter jadis et qu'alors tout le monde savait d'un bout à Vautre.
Les chansons, en certains pays du moins, sont destinées à disparaître dans un avenir encore plus prochain que les contes ; elles ont à, lutter avec les chansons des cafés-concerts et les romances sentimentales que les paysans trouvent de bien meilleur ton que les vieux airs d'autrefois. Aux tioces de campagne, oii l'on a conservé l'habitude de chanter au dessert, iî est rare d'entendre autre chose que des ro-
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mances sentimentales et prétentieuses qui, il y a vingt ans, étaient populaires dans les villes.
n est urgent de faire dans toutes les provinces une investigation qui, à l'heure actuelle, est encore possible; mais il faut se hâter, car bientôt il serait troj tard.
Je ne veux pas terminer cette introduction sans remercieir les personnes qui ont bien voulu m' aider, et parmi elles M. Gaido:^ le savant directeur de la Revue celtique, qui a mis gracieusement à ma dis» position les livres, parfois rarissimes, de sa BiblÙH thèque bretonne, et Af . Prosper Guyot, qui a noté lei adrs de plusieurs de mes chansons,
SMtit-Cast (Câta-du'Nori), r/ octohn i88o.