‹ Les Littératures populaires de toutes les nations (volume 3)Chapitre 20 sur 97 · LES JEAN LE DIOT · texte numérisé non relu

LES JEAN LE DIOT

[EAM le Diot (Jean l'Innocent, qu'on appelle aussi Jean le Fou, Jean l'Hébété, ou le Garçon sans idée) est le héros favori des veillées de la Haute-Bretagne * les histoires qu'on raconte sur lui sont innombrables et varient suivant les narrateurs. Rarement ils font un récit complet de ses aventures ; c'est à son actif qu'on met les naïvetés, les histoires comiques qui peuvent passer par la tète des conteurs, et la vraisemblance y est si peu ménagée, que lorsqu'on veut parler de quelque chose qui n'a ni queue ni tète, on dit en proverbe : « C'est une histoire de Jean le Diot. »

On trouvera ci-après deux de ces récits, l'un qui m'a été conté dans rille-et-Vilaine, l'autre dans les Côtes-du-Kord. Dans mes Contes populaires, j'ai publié plusieurs aventures de Jean le Diot (contes XX, xxxiii, xxxiv, xxxv), et il m'en reste en portefeuille un assez grand nombre.

La popularité de Jean le Diot n'est pas limitée à la Haute- Bretagne; au théâtre il a son similaire dans Jocrisse; dans les

journaux, il s'appelle Calino : on le retrouve sous d'autres noms dans la plupart des recueils de contes ; parmi eux on peut citer :

Cénac-Moncaut, Maître Jean l'habile homnUy Amhroise le Sot ; — H. Camoy, Jacques l'Idiot (MélusitUy col. 109), Pierre le Badaud, contes populaires picards {Romania, t. VIII). — if. Reinhold Koelher, qui s'est occupé de Pierre le Badaud dans le tome III, page 312 de la Zeittcitrift fur Romaniuhe Philologie, <ite plusieurs similaires ; Cerquand, t. II, les Deux Frères sage ti fou. — Luzel, Jean de Plouba;re. Il est & la connaissance populaire dans l'Yonne, en Provence, où il se nomme Jean de la Mouche ^Cf. Le Père Gérard, n.'* 46, p. S)0), et tout dernièrement M. Paul Courty publiait dans le Télégraphe (36 juillet 1880) les aventures d'un Jean le Diot catalan.

Il y a aussi, dans l'excellent recueil de Contes de fées dans l'Inde, de Miss Maive Stokés, peu connu en France, un conte intitulé Sachuli l'innocent, dont la donnée première est celle <d*un garçon faible d'esprit, et qui prend à la lettre tout ce qu'on lui dit. A la fin du volume sont cités un assez grand nombre <de similaires auxquels on peut ajouter les contes siciliens cités par M. Marc Monnier, p. 13-1$, et les similaires russes analysés par M. de Gubematis, p. 310-214, t. I, Mythologie jfiologique.

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