PRIÈRES POPULAIRES
Notre Dame Sainte-Anne, Elle a rencontré son enfant ;
— D'où reviens-tu, mon enfant?
— Je reviens des portes du Paradis.
— Sont-elles ouvertes ?
— Elles sont ouvertes depuis hier midi.
Ceux qui ne passeront sur une planchette,
N'un (ni) plus longue, n'un plus large qu'un cheveu, Ils crieront, ils braieront jusqu'à la fin du monde.
(Dif en 1882, par Florentine Canaples, colporteuse, âgée de soixante ans, à Warloy-Baillon [Somme]).
En entrant dans mon lit,
Quatre bons anges y trouvis
Deux aux pieds, deux au cavet (i),
Dieu se mit au mitan,
Il me dit : ne t'épeute (2) pas !
— Comment je m'épeuterais,
Dieu c'est mon père;
La sainte Vierge est ma mère,
Quatre bons anges du Paradis
C'est mes frères et sœurs en Jésus-Christ.
{Dit par Eugénie Darras, domestique de mes parents, âgée de soixantc-dou\e ans, à Warloy-Baillon [Somme]).
(1) Cavet, oreiller.
(2) S'épeuter, avoir peur.
Ave Maria, Je veux-t-être mon maître,
Gratia plena, Je veux toujours l'être ;
Dominus tecum, Je ne veux point d'homme ;
Benedktatus, J'aime mon Jésus.
Cette prière se chante.
{Dit par Eugénie Barras, domestique cht\ ma mire r à Warloy-Bailîon [Somme]).
Cf. pour les Prières populaires de la Picardie, Henry Carnoy, Contes, Petites Légendes, etc., publiées dans le tome VIII d e la Remania, p. 2$8 et 259, et aussi Méîusine col. 187, 188, 189, Prières populaires de VAmiinois, et col. 464, une autre prière picarde.