Kunstwerke und Kimstler in Paris, p. 338 et
4. Galleries and Cabinets of art of Greal-Brilain, p. 249, note.
inventaire de 1&13 nous apprend que les très grandes heures renfermaient les Heures de Notre-Dame, les sept psaumes, les heures de la Croix et du Saint-Esprit, un second texte des heures de la Passion et du Sain^Esprit, et enfin l'Office des morts. Il serait impossible de mieux définir le contenu du ms. 919, dans lequel nous trouvons, à la suite du calendrier (fol. 1-6) :
1"* Les Heures de Notre-Dame (fol. 8-42 v*) ;
2^ Les sept psaumes de la pénitence et les litanies des saints (foL 45-52);
3° Les petites heures de la Croix (fol. 53-55 v**), et les petites heures du Saint-Esprit (fol. 56-58);
4"^ Les grandes heures de la Passion (fol. 61-85 v"), et les grandes heures du Saint-Esprit (fol. 86-101);
5° L'office des morts (fol. 106-123 v*).
Un dernier détail lèverait tous les doutes qui pourraient encore rester dans notre esprit : le mot /lamine^ suivant l'inventaire, se lisait au commencement du second feuillet de l'office de Notre-Dame dans les très grandes heures du duc de Berry. Or le ms. 919 nous offire, au haut du deuxième feuillet des heures de Notre-Dame (fol. 9 du ras.), les mots flamine sacro qui tecum...
La démonstration ne saurait être plus rigoureuse. Une seule objection a été mise en avant par le docteur Waagen, c'est que l'inventaire parle de grans histoires^ et que le ms. 919 ne renferme pas de peintures occupant des pages entières, mais seulement de petits tableaux n'ayant généralement guère plus de 100 millimètres de hauteur sur 90 de largeur. J'avoue que ces dimensions sont un peu exiguës pour de « grandes histoires »; mais il est évident que le ms. 919 ne nous est pas arrivé sans avoir subi de graves détériorations : plusieurs des feuillets dont il se compose portent les traces de l'injure du temps, et quelque désordre s'est introduit, de longue date, dans la façon dont les cahiers ont été assemblés ; ainsi, pour ne citer qu'un exemple, les feuillets 67 et 68, qui contiennent les laudes des heures de la Passion, devraient précéder les feuillets 65 et 66, sur lesquels est copié l'office de prime. Enfin, on remarque çà et là des feuillets blancs dont la plupart ont dû être insérés à une époque relativement moderne, probablement pour remplacer des feuillets déchirés ou avariés. La disparition d'un certain nombre d'anciens feuillets me semble attestée par les lacunes qu'il est aisé de signaler dans une série de petites signatures qu'on observe au bas des pages depuis le feuillet 62 jusqu'au feuillet 101. C'est ainsi qu'on y chercherait vainement les signatures c i et iiii, d m, e ii, f i, g i et un.
h III. Gomme le texte se suit sans interruption, il est permis de supposer que les feuillets enlevés étaient les uns blancs, les autres remplis par des peintures.
Quoi qu'il en soit, il me semble hors de doute que dans le ms. 919 nous devons voir les Belles grandes heures du duc de Berry, ce qui d'ailleurs est parfaitement d'accord avec l'inscription tracée en tête du volume par Jean Flamel : a Ces belles et notables heures fist faire très hault et très puissant prince Jehan, fils de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou, d'Estampes, de Bouloingne et d'Auvergne, et furent parfaittes et acomplies en l'an de grâce mil quatre cens et neuf, » Cette inscription nous fait connaître la date exacte de l'achèvement du ms. 919. Nous savons de plus, par l'inventaire de l'année 1A13, que le livre dont nous nous occupons était « très notablement enluminé et historié de grans histoires de la main Jaquemart de Hodin et autres ouvriers de monseigneur. » Malheureusement, comme je l'ai expliqué, les grands tableaux du ms. 919 semblent avoir disparu, et il serait téméraire d'attribuer à Jaquemart de Hodin (ou probablement de Hesdin *) tout ou partie des peintures qui subsistent encore dans le volume.
Malgré les mutilations qu'il a subies, le ms. 919 doit encore exciter notre admiration par l'éclat des enluminures qui en ornent toutes les pages. C'est par centaines qu'il faut compter les formes diverses sous lesquelles se présentent l'écu fleurdelisé à la bordure engrêlée de gueules, l'ours et le cygne *, le chiffre VE, et la devise : Le temps vendra. Toutes les marges sont couvertes de vignettes, de fleurs, de papillons, d'oiseaux, de quadrupèdes, d'anges, de démons et de figures grotesques que l'imagination des artistes a variés à l'infini. Il n'est pas une initiale dont l'intérieur et la bordure ne soient richement décorés; beaucoup renferment des bustes ou de petites scènes traitées avec un véritable talent. Outre les ornements du calendrier, qui, par le sujet et par le style, rappellent les ornements du calendrier d'un autre livre du duc de Berry (notre ms. latin 1801 A), il faut citer avec une recommandation particulière les tableaux, au nombre de vingt-huit, par lesquels s'ouvrent les différentes parties des offices. Deux de ces tableaux méritent d'être tout spécialement remarqués.
4 . Voy. mes Mélanges de paléographie et de bibliographie, p. 302.
2. Od n^a pas encore découvert la raison qui avait décidé le duc de Berry à adopter pour insigne Fours et le cygne, ce qui probablement formait un rébus et répondait au mot Oi^rsiTie. Était-ce une allusion au nom de Ur sinus, Tapôtre du Berry? — On n'a pas non plus expliqué le chiffre YË. Faudrait-il y voir la première et la dernière lettre du mot Vrsine ?
Le premier, sur le fol. 8, représente « le grand prêtre Isaschar repoussant, en présence du peuple, Foblation de saint Joachim et de sainte Anne * ». Au-dessous du tableau, un grand D sert de cadre à une Vierge qui tient Tenfant Jésus dans ses bras. A côté, dans la marge, le duc de Berry, sous une riche draperie, est agenouillé, les mains jointes, avec un livre posé sur une prie-Dieu que recouvre une étoBe fleurdelisée à une bordure engrêlée de gueules.
L'autre tableau, que je tiens à citer, se voit sur le fol. 96, au commencement de sexte, dans l'office du Saint-Esprit. Le duc de BeiTy, accompagné de cinq personnages de sa maison ou de son conseil, se présente à la porte du paradis, dans lequel il va être introduit par saint Pierre, d'après l'ordre du Saint-Esprit.
Mentionnons encore sur les fol. 96, 97 et 98 de petits portraits du duc de Berry, à genoux sur son prie-Dieu.
Trois pages du ms. 919 (les fol. 8, 18 v** et 2â) ont été reproduites en fac-similé dans l'ouvrage de M. le comte de Bastard*. Une quatrième (fol. 96) a été donnée dans la Paléographie universelle de Silvestre'. Le tableau de la naissance de la sainte Vierge a été gravé dans V Histoire de la peinture du docteur Alfred Vt^oltmann^.
Le manuscrit 919 était conservé de toute ancienneté à la Bibliothèque du roi. Il figure sur les catalogues du xvii* siècle, d'abord avec le n*> 407, puis avec le n» 3662. Il était sans doute au château de Blois, du temps du roi Louis XII. Nous lisons, en effet, au bas du feuillet préliminaire, coté A : « Les heures du feu duc de Berry, appartenant au roy Loys xir . » Les derniers mots, que nous avons imprimés en italiques, ont été probablement tracés par Louis XII lui-même. L'inventaire des livres de François P"", dressé en 1518, mentionne les grandes heures du duc de Berry, dans des termes qui ne laissent place à aucune espèce de doute : « Item les grandes et belles heures du feu duc de Berry, couvertes de veloux cramoisi à gros clous d'argent doré, et sont dedans ung sac de veloux tenné '. » Le volume a encore conservé sa couverture de velours cra-
4 . Je suis rindication donnée par M. le comte de Bastard au bas d^une planche de son grand ouvrage.
2. Planches 255, 255 bis et 255 ter de la liste publiée en 4883 dans la Bibliothèque de VÉcole des chartes.
3. Planche 495; p. 544 du texte traduit par sir Frédéric Madden.