Traité Sanhédrin
Le Talmud ajoute encore : « Le Messie ne viendra (ceci est une nouvelle opinion) que lorsque tout sera tout à fait bien ou tout à fait mal. » Il y a bien d'autres avis encore sur le Messie. Rabbi Abouah dit : « Le temps du Messie pour Israël ne viendra que dans sept mille ans. » En ce cas, il y aurait encore bien de la marge, car il y a à peu près quinze cents ans que le docte Rabbi a dit cela. Puis vient brusquement un Rabbi Hillel, (ce n'est pas le vieux Hillel, ayant vécu longtemps avant Jésus- Christ et qui longtemps aussi avant Jésus a dit à un payen, lui demandant l'explication de la loi, pendant qu'il pouvait se tenir sur un de ses pieds : « Toute la Thorah est dans ces mots : Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne if eux pas quil te fasse. « Tout le reste ri est que commentaire^' » Celui-là s'appelait Hillel tout court ou Beth Hillel. L'autre que nous allons citer est désigné sous le nom de Rabbi Hillel). Il dit : « Ah bahj il ny a plus de Messie pour Israël^ ils font mange depuis longtemps du temps du
\. Traité Schabath, livre II«.
LE TALMUD. 22i
roi Jeheskiahu\ » Ce propos est cité deu\ fois par le Talmud et pourtant le Talmud croit à un Messie avant et après Jésus-Christ*. Les rabbins du dixième et du onzième siècle ont même élevé cette croyance à un dogme de foi, mais il est vrai qu'ils n'ont jamais eu le pouvoir de l'imposer. Aujourd'hui même on peut être bon juif sans croire au Messie, à condition que le pouvoir civil n'impose pas cette foi comme il vient de le faire à Vienne, en Autriche '.
2. Rosch Haschanah II, il dit pourtant : « Au mois de Nissan (fête de Pâques) ils ont été délivrés en Egypte, c'est aussi au mois de Nissan qu'aura lieu leur délivrance fulure. »
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3. Sur la dénonciation d'un juif orthodoxe et d'un ultramontain catholique , un journal juif de Vienne ayant nié le Messie, vient d'être condamné à une amende et à quinze jours de prison. Le juif orthodoxe ne veut pas admettre que le Messie soit venu Quant au catholique, il ne permet pas que la doctrine d'un Messie soit remise en doute, puisque, selon lui, il est venu. Si, en effet, le Messie a déjà été mangé, comme le dit crûment Rabbi Hillel, sous le premier temple, du temps du roi Jeheskiahu, qui en effet, était un temps prospère pour Israël, il n'en serait pas resté grand chose pour tous les redimés juifs et païens d'un temps postérieur.
i22 LES LIVRES DE DIEU.
Moïse n'a jamais soulevé la question de savoir si la foi sauve plutôt que l'œuvre. Sa doctrine à ce sujet est claire et nette. Le peuple juif, selon lui, n a été élu ni pour sa force numérique, ni par faveur, mais uniquement pour servir de modèle et d'exemple ^ tant par ses lois de raison que par sa sagesse pratique ,
Mais le Talmud et les Pharisiens, prêchant la prédestination de l'homme, ont nécessairement soulevé ces questions. En effet, si Dieu par sa volonté arbitraire distribue les biens spirituels et matériels, il est très-important pour l'homme de savoir par quelles voies et moyens, on obtient les faveurs et les grâces de ce souverain dispensateur. Les rabbins ont donc longuement discuté et débattu la question de savoir, si l'étude de la loi de Dieu plaît mieux que l'œuvre de bien. Sous ce mot étude, (Talmud Thorah) les rabbins entendent bien la foi, mais non pas la foi ignorante. Le Talmud a horreur de la piété
ignorante. Il dit en toutes lettres : « Nul ignorant ne saurait être pieux \
Il dit ailleurs' : « Un sage savant , fût-il vindicatif et irascible comme un serpent , lie-le comme une ceinture sur tes reins; mais si tu trouves un homme du commun, un ignorant dévot, fuis, fuis son voisinage. »
Il dit encore* : « Un homme doit vendre tout ce qu'il a plutôt que d'épouser la fille d'un manant (ignorant). » C'est sur ces filles que l'Écriture a dit : « Quiconque s'approche d'une bétej qu'il meure. » Il pousse l'exagération si loin qu'il ajoute : « Un am haaretz^, on peut l'écorcher un jour de Kipour qui tombe sur un jour de sabbat (à ce jour-là, deux fois sacré, le moindre travail est un crime). Il est permis, dit-il, de le déchirer comme un poisson. La Iiaine qu'ont les ignorants (toujours am haaretz) j)our les savants est plus forte que celle que por-
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