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IkO LES LIVRES DE DIEU.
Il existe dans le Talmud, à côté des nouveaux chrétiens, un rabbin qui fait figure à part, figure extrêmement intéressante, le Talmud l'appelle tout court V Autre. Son véritable nom est Elisée ben Abuyah. Ce savant talraudiste était une espèce de Spinoza. Il n'était ni juif ni Nazaréen. Sa science était extraordinaire. Le Talmud même lui rend ce témoignage, mais il n'observait aucune loi, ni mosaïque, ni talmudique. et il niait tout aussi bien le Messie chrétien que la révélation personnelle de Moïse. Il a vécu quelque temps après les évangélistes, un temps de grande liberté de conscience. Les rabbins n'avaient pas, comme plus tard, le pouvoir séculier des catholiques, leurs bons amis, à leur disposition. Les chrétiens eux-mêmes étaient encore à l'état de religion naissante et embryonique.
Cet Autre^ comme tous les penseurs sérieux, n'était pas riche. Après sa mort, sa fille ^ femme également remarquable, se présenta devant un
rabbin chef d'académie et lui dit : « Nourrismoi, je suis la fille de Y Autre. » Le rabbin ayant rappelé les doctrines du père, la fille répondit : « Souviens-toi de sa science et non de sa vie. » De propos en propos, le rabbin démontra qu'Elisée brûlait dans l'enfer. Un autre rabbin disait : « Si tu voulais l'en faire sortir, le portier de t enfer ne se lèi^erait même pas dei/ant toi^. » Tout cela se trouve dans le deuxième livre du Traité Hagigah .
Naturellement, si l'enfer a un gardien de portBj le paradis n'en peut manquer. Du temps de Talmud on ne connaissait pas encore le nom de ce gardien, mais depuis, on sait, à n'en pas douter, qu'il s'appelle Pierre.
Nous avons pourtant vu que l'enfer rend, et même avec fracas, ce qu'il prend, mais il y a
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des exceptions. \J Autre était dans une des catégories exceptionnelles.
Pourtant les opinions diffèrent beaucoup dans le Talmud sur l'enfer. Cela n'est d'ailleurs pas étonnant.
Sauf YÂutre^ pas un rabbin n'y a fait le voyage comme Dante, pour en faire comme lui une description locale. Je me trompe. Le Talmud, il parait, l'a parfaitement vu, mesuré même, car voici ce qu'il en dit tout d'abord* :
« Le monde est à l'égard du jardin comme un à soixante, le jardin vis-à-vis de l'Éden comme un à soixante ^e jardin d'Éden est le paradis, paradis est la traduction chaldéenne d'Éden)*, et l'Eden est un soixantième de l'enfer; donc le monde entier est comme une anse de pot à l'égard de l'enfer; d'aucuns disent : l'enfer est incommensurable. » Ces daucuns^ certes, ne s'avancent pas trop, et ils méritent tout autant de créance que les arpenteurs officiels du Talmud. Cette mesure, d'ailleurs, n'est pas trop consolante. Si l'enfer est cent quatre-