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réditaires. 11 dit ailleurs, pourquoi les fils des savants sont-ils d'ordinaire des médiocrités ? Afin que Ton ne dise pas : le génie est héréditaire.
Il dit encore que Dieu, en se révélant à Moïse dans le buisson, un tout petit arbuste, a voulu lui apprendre qu'il n'y a rien de petit dans la nature devant le créateur. Tout cela est bien pensé. .Mais il dit* : « Notre maître Moïse a dit à Jéhovah : « Maître de l'univers, pourquoi y a-t-il des justes malheureux et des justes heureux, des méchants heureux et des méchants malheureux? Celui-ci lui a répondu : le juste heureux est le fils d'un juste, le juste malheureux est le fils d'un méchant, le méchant heureux est le fils d'un juste, le méchant malheureux est le fils d'un méchant. »
— « Mais il est pourtant écrit, les enfants ne doivent pas mourir pour les pères? » Réponse : a Non, s'ils ne persévèrent pas dans le mal; oui, s'ils y persévèrent. »
Cette dernière condition se trouve en Moïse.
Il dit : ic Dieu se ressouvient du mal jusqu'à la
i. Traité Berachoth, livre P'.
quatrième génération , à ses ennemis , c'est-àdire, s'ils restent ennemis de Dieu et jusqu a la millième pour le bien, h ses amis^ s'ils perse-: vèrent dans le bien. »
Toujours est-il que le juste malheureux, fils d'un pervers, paye pour son père, d'après le Talmud, ce qui est diamétralement contraire à ce qu'il vient de dire (Sanhédrin). Il est vrai que ce n'est pas le même rabbin. D'ailleurs peu importe. Pareilles solutions ont été proposées par nombre de penseurs chrétiens, mais elles se heurtent toujours contre la logique. Puisque Dieu , d'après eux , peut pardonner et faire qu'une chose faite ne le soit pas, il pourrait, jour par jour, payer chacun selon ses œuvres.
Ou bien , puisqu'il sait d'avance ce que l'homme fera, qu'il sera juste ou injuste, il peut lui fabriquer de longue main une destinée adaptée à son caractère et à ses actions.
Ne perdons pas notre temps à trouver le fil conducteur à travers ce dédale ténébreux. Cherchons la lumière, mais cherchons la avec la lumière seule de la raison.
Citons encore quelques passages sur les justes.
Rabbi Eliézer a dit ^ : « Pour un seul juste Dieu aurait créé le inonde. Car il est écrit « Jéhovah vit que tout était bien » bierij cela veut dire un juste, car il est écrit' : <c Ils disent au juste, c'est bien. » Cela s'appelle en langage talmudique un Geserali Schava, un parallèle. Là est écrit bien et ici on lit bien, de même que là bien veut dire, telle ou telle chose, de même ici. Cette argumentation admiise, on prouverait que le soleil, après avoir pris un bain de mer à minuit, vient de se déguiser en lune, pour recevoir une déclaration d'amour de Jupiter.
C'est un des sept midoth ou modes que nous avons déjà cités*.
i. Traité Bcrachoth, livre IV«.
â. Isaîe, chap. xin.
3. Je me rappellerai toujours une fête de Pounm (fête d'Esther) à Francfort. Bien que fort jeune encore , je comptais parmi les douze premiers étudiants talmudiqnes. (lin WD). A cette fête donnée par le vénérable rabbin Trier se trouvaient rabbi Aaron Fould, rabbi Jacob Posené, rabbi Salomon Bass, rabbi Schaïer et bon nombre d'autres juges talmudiques, faisant partie du tribunal sacré. Nous étions très-gais et, d'après la sainte prescription, un peu piqués par le vin. Après force chants et chansons hébraïques, la conversation tomba sur les sept Midoth , et comme ce
Poursuivons.
<c Nul juste ne meurt avant qu'un autre ne soit
joor-là tout est permis, les jeunes étudiants parodiaient, a qui mieux mieux, les procédés d'argumentation du Talmud. Mon tour vint. Je vais, m'écriai-je, expliquer à nos saints rabbis ce que c'est qu'un Ge.^erah Schava (parallélogisme).
Il est écrit : « Une femme qui manque beaucoup (nombre de fois) aux lois de la pudeur, sera expulsée de la sainte commune. > Beaucoup de fois 1 Combien de fois?
Il est écrit : < Dans la bataille que les Épbraimites livrèrent aux Benjamites, il est tombé beaucoup d'hommes. » Encore beaucoup ! Combien? La même histoire est racontée dans les Paralipomènes. a II est tombé dans cette bataille beaucoup d'hommes. Et plus bas il est dit : « Quarante mille hommes. » Donc, là est écrit beaucoup et ici est écrit beau^ coup y beaucoup veut dire partout : quarante mille fois !
Et mon vieux rabbi de rire à se tenir les côtes.
Eh bien, tous les Geserah Schava du Talmud sont de cette force là.
Voulez-vx)us un idéal de IQlni Sp dont nous avons déjà cité plusieurs exemples. C'est l'argument à fortiori. Voici un échantillon. Pendant l'action d'argumenter on tourne le pouce de la main droite, de droite à gauche. Ce mouvement est de rigueur. Les Talmudistes ont un geste particulier pour chaque procédé d'argumenter, a Puis donc il t'est défendu de toucher à ma caisse et que tu touches à la tienne, moi auquel il n'est pas défendu de toucher à ma caisse, à plus forte raison, à fortiori^ je puis tourher à la tienne. »
Cela ne nous a pas empêchés de discuter comme des enra-
ué\ car il est écrit' : «Et le soleil se couche et se lève. » Avant que le soleil d'Éli ne s'éteignît, celui de Samuel se leva. « Fojant que les justes seront très-rares^, Dieu (il le voit d'avance) les a échelonnés pour les différentes époques. »
c( Le monde se soutient pour l'amour d'un seul juste, car il est écrit : « Le juste est le fondement du monde. »
Nous avons déjà cité ce que le Talmud dit de l'âme des justes.
Il dit* : « A la fin, les justes ressusciteront avec leurs vêtements. Cela est prouvé par un Kal'Vechomer {à fortiori). Puis donc le grain
gés pendant trente jours et trente nuits, (et nous étions une vingtaine), sur l'importante question que voici, savoir : En cas qu'une feuille de nayrthe attachée à la branche de palmier (Lullaf) tombe de la tige, est-il permis le jour de Soacoth de la remplacer par une autre branche de myrthc, ou le Lullaf est-il Pasel^ c'est-à-dire, hors d'usage? Qui nous aurait vus criant, gesticulant, nous colletant quelquefois, nous eût certainement pris pour des fous échappés de Bicétre.