‹ Les livres sacrés du CambodgeChapitre 183 sur 275 · recueils sacrés · texte numérisé non relu

recueils sacrés

INTRODUCTION AU NIMÉ4-1IÉACH-CHÉADAK

'Le Niinûa-réarli-rliéadak , en pâli Xùna-ràja-Jâtnkn est un des dix principaux récits du Buddlia, se rapportant à une de ses nombreuses existences antérieures, à celle où il obtint l’omniscience. Il fait partie de la collection Fausbôll', et a donné, dans le temple royal de Plmôm-pénh, le sujet du cin(|uième panneau en allant du Sud-Est au Sud-Ouest.

C’est riiistoire d’un voyage accompli par un roi de Baranasi (Bénarès)aux enfers d’abord, puis au travers des paradis, enbnau paradis d’Indra, où les dieux le reçoivent avec des fleurs et des acclamations.

C’est le cocher d’Indra (|ui vient le chercher avec un merveilleux char incrusté de diamants, attelé de deux chevaux. Le but du voyage est de répondre à une invitation d’Indra qui veut connaître ce roi, grand distributeur d’aumônes à ses sujets les dieux, mais, sur le désir du roi, Matoli prend la route des écoliers et lui fait visiter sept d(‘s seize petits enfers qui enserrent le j^remiers des huit grands, puis huit palais divins habités par des dieux (pii les ont gagnés sur terre en acquérant des mérites.

La description des sept enfers est curieuse, bien qu’identique à celle que donne le Trny-Phûm, un ouvrage que je ferai connaître dans cette collection, mais celle des huit

1. A. .Judson, dans son Dictionari/ of the hurinan lan;/iia;ic au mot D^at, p. 157, dit que ce jâtaka est le deuxième des dix principaux. Il est, en Birmanie, désigné par la syllabe ne.

paradis est fastidieuse, bien ([u’assez courte. L’intérêt se relève un instant dès que le royal et saint voyageur arrive à la salle des audiences royales où Indra préside, mais pas pour longtemps. Puis le récit s’achève par une exhortation du roi Nima, revenu dans ses états, à ses sujets ; pratiquez la vertu, faites des aumônes nombreuses et vous renaîtrez dans les palais merveilleux que j’ai visités au travers des cieux.

Voilà le récit, le motif du jâtaka, mais il n’en est certes pas la partie la plus intéressante. Tout le début, (jui comprend la moitié de l’ouvrage, est curieux ; d’aliord l’occasion du récit qui provient de ce fait (pie le Puddha et la foule de ses disciples habitent, à Bénarès, le jardin des Manguiers où le roi Xima, de même (pie ses prédécesseurs, s’est retiré ])our vivre de la vie des ascètes aussit(‘)t (]ue (piel- (pies cheveux blancs ont paru sur .sa tète; puis la discussion entre les religieux qui désirent (pie le Saint leur dise l’histoire du roi Xima ; et, enfin l’histoire du roi Alagghadéva (jui remet le pouvoir à son fils, l’histoire de Xima, ce fils, sa charité, ses vertus, l'e-xemple (pi’il donne aux habitants, son inquiétude sur la préférence (pi’il faut donner soit aux lionnes actions, soit aux méditations ascétiques. Il est troublé dans son cœur, il est impiiet dans son âme, perplexe; alors Indra vient à son secours, lui démontre par la situation occupée dans les cieux par les dév(‘)ts et les ascètes (pie l’œuvre des seconds est supérieure à celle des premiers et, à l’appui de cette conclusion, il lui fait le récit de son propre jâtaka, des vertus qu’il a pratiquées en qualité de roi et (pii l’ont conduit à l’un des paradis des Déva-lokas, (pii sont les paradis inférieurs, alors (pie les ascètes auxquels il faisait l’aumône, sont arrivés aux paradis des Brahma-lokas qui sont au-dessus.

Ce jâtaka est curieux, d’abord parce qu'il est la forme

INTRODUCTION

buddhique de ces nombreux récits de voyages aux enfers que tant d’esprits religieux ont écrits, parce qu’il est la preuve de cette constante préoccupation (ju’on trouve en toutes les religionsdesavoir quelleest la vie del’au-delà. Dans ce jâtaka, le voyage aux enfers est doublé d’un voyage au paradis, ce qui n’est pas d’ailleurs particulier au Buddliisine, car on retrouve un voyage a travers les sphères du paradis, aussi bien dans le livre pehlvi de V Artà-virâf-nûniak et dans le récit de l’Apocalypse de Mahomet que dans la Divine Comédie. Il est vraisemblable que le texte indien dont nous avons ici la version cambodgienne est le plus ancien et l’origine de ces voyages dans le monde surnaturel.

Burnouf avait préparé une traduction de ce jâtaka ; un manuscrit de sa main se trouve dans les « Papiers de Burnouf », (n- 84) ’, à la Bibliothècpie Nationale. Je l’ai eu quekiucs instants seulement entre les mains, mais assez pour m’assurer qu’il n’est qu’une œuvre à peine ébauchée. On y trouve la transcription en caractères latins de la leçon pâlie, puis la traduction mot à mot de cette leçon avec, en regard, la leçon liirmane traduite littéralement. J’aurais voulu rappeler ce travail du maître et me servir des matériaux amassés par lui pour rédiger de nombreuses notes que j’aurais jointes â mon travail, rendre au grand Burnouf un hommage (jue nous lui devons tous, mais il aurait fallu que la Bibliothèque Nationale dont je suis donateur voulût bien me confier et m’autoriser â emporter au Cambodge le manuscrit dont j’avais besoin, L administration de la Bibliothèfiue n’a jias cru devœir s’en dessaisir pour le laisser aller en une colonie si éloignée. Je le regrette parce que j’avais l’occasion de tirer de 1 oubli un travail du maître qui, peut-être, y restera; je le

1. (( Nenii Djâtakaiiissaya, traduction en barman (sicj du livre intitulé iScmi âjâtahcu liistoire de Çakya, sous le nom de Némi. »

regrette encore parce (jue mon propre travail eût été plus complet.

L’abrégé (pie Ms'’ l’évècpie Bigamie t a donné de la lecjon l)irmane du Jâtaka du roi Xima dans sa Vie ou Légende de Gaiitania, le Baddha des Birmans est insuffisant. Le roi Nima y est appelé Némi, son père Magghadéva est dit Minggadéva, le cocher Matoli est nommé Matali, la déesse Pouni est dite Birani. Cet abrégé est loin même de donner une idée exacte du livre.

NIMÉA-RËAÇll CIlÉADAk'

Salut à Bhagavâ’, le saint, le très sage ; salut à Bhagava, le saint, le très sage ; salut à Bhagava, le saint, le très sage.

Quand le Seigneur omniscient % notre glorieux maître emmenait tous les êtres et les conduisait sur la route de l’éternel et bienheureux royaume du Nirvana, qui est le séjour du calme et de la paix absolue, il prit les huit positions', et les conduisit à l’Ambovéan othiyéan ' (jui avait été l’endroit où le Préas bat Mokbatévéa-réaçh'' aimait autrefois à venir se divertir. Ayant mendié avec son patra^ pour le bien de tous les êtres dans le bienheureux grand royaume de Mithilapuri ", il s’arrêta et sourit doucement, car il désirait prêcher la loi religieuse'' (|ui est la route [du Nirvana] et parler de l’époque où praticpiant les trans-

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