‹ Les Lobi et Leur CoutumeChapitre 14 sur 76 · Monographie du Cercle de Gaoua, pages 26 et · texte numérisé non relu

Monographie du Cercle de Gaoua, pages 26 et

l’ouest de la subdivision de Diébougou, c’est aux Dian ou aux Gan-Badoro que les Lobi ont dû demander l’autorisation de cultiver; c’est ainsi, par exemple, que le sol du village lobi de Gongonokoro est une concession des Dian de Bonfesso.

Il est enfin arrivé que les Lobi trouvent le sol inoccupé. Un incident quelconque, un animal aperçu dans des circonstances particulières, des pierres ou des arbres placés bizarrement ont alors frappé l'esprit de l’immigrant, et pris place dans la légende et le culte de la Terre. Les formes de ce culte peuvent varier, mais le fond reste le même : les Lobi, sans aucun doute, ont apporté dans leurs nouvelles résidences un bagage religieux, un ‘arsenal de divinités qu’ils n’ont eu qu’à adapter à leur nouvelle vie.

La tribu lobi, toutefois, n’a pas été fixée d'emblée sur ses emplacements actuels. La Monographie du Cercle de Gaoua explique en détail comment les Birifor, « qui semblent des attardés du rameau lobi »1, ayant franchi la Volta il y a quatre générations, sont arrivés au contact des Lobi, et se sont substitués à eux dans les terres qu’ils avaient abandonnées, en occupant de plus celles qui restaient libres. Sous la pression pacifique des Birifor, les Lobi accomplissent de nouveaux déplacements. Des villages entiers émigrent; des agglomérations sont fondées dans l’ouest du cercle, certaines depuis deux générations seulement. « Dans tout l’ouest, dit M. Labouret, les informateurs peuvent indiquer le nom du fondateur de leur village; presque tous ont connu son fils ou son neveu. Ils rapportent comment l'ancêtre a offert un bœuf au maître de la terre pour être autorisé à s’établir dans le lieu souhaité. »1 En l’occurence, le maître de la terre est généralement un membre déjà installé du groupe lobi, un Gan, un Dian ou un Téguessié, qui ac-

Page 1