LA LOGIQUE INDUCTIVE ET LE SYLLOGISME
ordinaire de la vie, la concluiion ainsi provoquée suffit, et nous passons h d'autres sujets. On me dit, par exemple, que M. X., qui a quatre-vingt-dix ans, se bâtit une nouvelle maison, je réponds aussitôt qu'il est absurde de bâtir à cet âge. Pour penser à la mort prochaine de M. X., je n'ai pas répété d'abord la proposition : € Tous les hommes sont mortels. . Mais l'expérience passée m'a fait lier l'idée d'une mort prochaine à l'idée du grand &ge de M. X., et cette liaison a suffi pour provoquer ma réponse.
Mais si quelque doute s'élève dans l'esprit au sujet de la conclusion spontanément produite, pour le dissiper, j'ai recours à la formule générale où sont condensés tous les cas précédemment observés des rapports de a et de b. Je constate alors que le rapport" particulier, objet de mon observation et de mon inférence actuelles, est semblable à ces rapports généraux, et j'en conclus que le rapport particulier est vrai. Notre raisonnement est donc l'établissement d'un rapport défini, par comparaison avec des rapports précédemment définis.
On peut prouver à priori que telle est l'essence du raisonnement déductif. Le contenu de toute proposition rationnelle est un rapport; en d'autres termes, toute proposition rationnelle afflrme que quelque chose a été et sera conditionné ou non conditionné d'une manière déterminée. Or on ne peut penser un rapport que s'il appartient ou n'appartient pas à quelque classe le rapports antérieurement connus. A ce point de vue, le raisonnement est une clussidcation de rapports. Mais classer des rapports, c'est grouper ensemble ceux qui sont semblables et les séparer de ceus qui sont dissemblables. Par conséquent, en inférant un rapport quelconque, nous devons nécessai-
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rement le penser comme disant ou ne faisant pas partie de quelque classe de rapports; par conséqoent, le penser, c'est penser qti'il est semblable ou âi^emblab)e à certains autres rapports connus.
On peut dire encore d'uns muniëre plus précise : La perception est la connaî^Bnce immédiate d'un rap- »ort entre deux choses présentées; le raisonnement «9t rétabliîsement indirect d'an rapport déânt entre deax choses. Comment eet établissement est-il postsiblel Si un rapport entre deux oboses n'est pas conim directement, il ne peut être révélé à l'esprit queipar rint^médiaire de rapports déjà connus. Le raison* nement consiste donc à établir nn rapport déSni enti« des rapports déjidèfitiiai.
Il résulte de là que les anciennes formules dn syllogisme doivent être corr^éea. Pourprendre un exemple familier, quand on dit : Tbns les animaux à cornes sont ruminants ; cet ammsl a des cornes, donc cet animal est raminant, on estime d'ordinaire qu'il 7 a 1& trois termes comparés deux k deux. C'est une erreur : l'animal considéré n'a pas lee mimes attributs que tous les animaux, mais dn attributs semblatUea; il en réavlte que le syilogisaie contient quatre termes et non pas trois, et qnil consiste à poser ta similitade de deux rapporte entre ces termes assemblés deux à deux. Dans le cas pri» pour exemple, an prenrifr rapport est donné entre a tes attributs constituant un animal à cornes » et < les attrrbuls constituant un animal ruminant»; un second, entre « les attribitts constituant cet animal à cornes > et c lesattribute cona^ tituant eet animal ruminant > . L'acte du raiscKiieraent consiste à perceroir la simâitude du seeond rapport au premier: Par conséqment, la formule suivante : » Le rapport enire A: et B est comme le rapport entre » et
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b, » représente réeU«aâDt notre iotutiion Iggique. U est en effet manifeste : 1* que c'est • seulement et, vertu de k rtssemblanee pei^^ie entre A et a (le groupe d'attributs renfermés dans la conc^tion d'un uniroal k carnée, et le groupe d'attribiUs préaentéa par cet animal particulier) qu'une concliuâon peut être valide ou même suggérée; 2* que les attributs renfermés dans le terme a ruminant o ne peuvent être connus que comme ayant été précédemment décrits ou observés, et qu'affirmer que l'animal en question tas possède, c'est af&rmer que ces attributs ressemblent à des attributs précédemment connus ; 3* que, dane ce cas particulier, pour aCQrmar un rapport de coexistence entre ces attributs et ceux qui sont signifiés par les mots c animal à carnes », U n'y a d'autre raison que celle-ci : ils ressemblent h certains rapports de coexistence précédemment connus; autceuuent, l'af- Qrmatifm n'aurait aucune probabilité, et encore moins de certitude *. >
.1^ syllogisme est donc une véritable proportion, fondée sur la similitude; la probabilité de la conclusion sera plus ou moins forte selon le degré de la similitude des rapports comparés. Lorsque les choses sur lesquelles on raisonne et laa rapports que l'on compare sont identiques de Oature, lorsque ces rapports ont la même intensité, ie raisonnement est parbit. C'est le cas pour les déterminations de l'espace, du temps, du nombre, de la fiorce, toutes choses dont les rapports peuvent être égavï en espèce et en mesure; de \k vient la certitude particulière et la nécessité des conclusions mathématiques; les rapports comparés étant égaux et par suite indiscernables, aucun douta