PRÉFACE
Ex présentant au public notre traduction et compilation du Droir CRIMINEL ANGLAIS, tel que suivi en cette province, nous ne répéterons pas ce que nous avons dit sur ce sujet, lors de la publication de notre prospectus. Il nous suffira de déclarer que nous avons fidèlement suivi, autant qu’il nous a été possible de le faire, le plan que nous nous: traçâmes alors. Nous avions terminé les deux premières parties de notre ouvrage, lorsque la législature provinciale passât les statuts 4 et 5 Victoria, chapitres 24, 25, 26 et 27, introduisant un droit. nouveau dans Taininitation de la justice criminelle en Canada. L'effet naturel de ces lois, ayant été de rendre inutile la plus grande partie de notre travail, nous avons été forcé de recommencer presque en entier, ce que nous avions fait sur ces deux parties : c’est ce qui explique le délai apporté dans la publication du présent ouvrage. Nous n’avons rien épargné pour donner à notre travail, toute l’utilité possible ; et nous nous sommes efforcé de rendre exactement le sens des auteurs anglais, sans nous occuper de la beauté du style, de la perfection du langage. Comme nous avons pensé qu'il serait. plus avantageux de rendre notre ouvrage portatif, nous avons choisi pour son impression des caractères convenables et pro res à diminuer la grosseur du volume, tout en en rendant
a lecture facile à la vue la plus faible. Il est peut-être à propos de faire remarquer ici, que chacune de nos pages, tant per sa largeur que par la manièro serrée et compacte dans aquelle es disposée la matière qu’elle contient, vaut une page et demie d'impression ordinaire, in-océavo.
es auteurs compilés par nous et traduits, sont : —BLAcK- STONE, Edition anglaise de 1813 ; nous avons aussi, mis à con- : tribution, l'excellente traduction de ce jurisconsulte célèbre par M. Cnomprre”, accompagnée des notes de M. Carisrran; Cuir- TY ON CRIMINAL Law, Édition Anglaise de 1826 ; —Russezz oN CRIMES, Edition de 1819 ; —ArCHBoLD’s CRIMINAL PLEAD- ING, Editions de 1825 et de 1841 ; et enfin, plusieurs autres criminalistes éminens cités dans le présent ouvrage.
Nous avons conservé dans le cours de cette traduction, la nomenclature anglaise, parce qu’en général, il est impossible de trouver dans la langue française, une expression correspondante aux mots techniques ou autres usités en Angleterre,
soit dans la loi ou la pratique criminelle : et que d’ailleurs, cette nomenclature invariablement suivie dans les tribunaux du pays, est plus ou moins familière à tout le monde.
Pour l'intelligence plus facile des changemens apportés dans l’ancien droit criminel de cette province, nous avons fait
récéder notre ouvrage, d’une courte introduction qu’il est
important de lire, et qui fait connaitre en peu de mots, les changemens introduits dans l’ancien code pénal par les dernières lois provinciales.
Notre ouvrage est divisé en quatre parties: la première, traite des crimes, de leurs espèces et de leur punition ; la seconde, contient la procédure usitée dans les cours criminelles ; la troisième donne en entier les nouveaux statuts de la province du Canada touchant le droit criminel, et renferme aussi, un précis des lois pénales de la ci-devant province du Bas-Canada et de la Province-Unie ; dans la quatrième enfin, nous donnons la manière dont doivent procéder les juges de paix dans l’exercice des devoirs qui leur sont imposés par les lois.
En terminant. nos lecteurs nous permettront de témoigner
ubliquement ici, notre vive reconnaissance à Henry Black, 1 Duval, J. G. Baird, L. Fiset, Ecuyers, Avocats, pour l’extrême complaisance avec laquelle ils se sont empressés de mettre à notre disposition, les divers auteurs qu’il nous a fallu parcourir et que nous reproduisons dans cette traduction et compilation.
nfin, nous demandons l’indulgence du public pour les nombreux défauts que contient notre travail. La tâche que nous avons entreprise et achevée était, nous l’avouons, audessus de nos fortes ; mais le pressant besoin, la nécessité d’un ouvrage dans le genre de celui que nous offrons aujourd’hui, nous ont engagé à nous charger de cette importante publication, Nos efforts, nous Ôôsons l’espérer, seront Éorehment accueillis, surtout, lorsque nous déclarons que le débit du présent ouvrage entrepris seulement dans le but d’être utile à nos compatriotes, sera à peine une légère compensation de notre temps et de nos peines. |
J. CREMAZIE,
AVocaAT.
Québec, Septembre 1842.