SCEAUX DE LOMBARDS OFFRANT QUELQUE ANALOGIE AVEC LES JETONS
Sceau des Lombards en France.
S[igillum] Societatis mercatorum Lumbardorum i[n] Francia.
Ce sceau absolument incJit se trouve aux A. N. dans le Supplément iiiédil.
Il a été communiqué par M. Godard-Faultrier, d'Angers.
Les Tables,
Il nous faut ici expliquer ce qu'on entend par le mot Table qu'on n'emploie plus aujourd'hui dans cette acception. Voici ce que dit Du Cange au mot TABULA :
« Societas Campsorum. Charta Theob. comit. ann. 1229. in Chartul. Campan. fol. 348, v°. Accipio in conductu meo et protectione mea Matheum et Bernardum de Fuer, Durannum juvenem... campsores cives Lugdunenses et omnem Tcibnhun Duranni de Fuer de Lugduno, cum omnibus illis, qui de dicta Tabula nundinas meas Campanice fréquentant. . .
Tabula Cambii, Mensa argentaria. Gallice Banque, etc.
Tabulam Tenere Cambii, dicuntur Meusarii, seu Nummularii, vel Campsores . . .
Lacurne de Sainte-Palaye (Dictionnaire) s'exprime ainsi :
Table : Bureau d'échange :
Avarice a le jor portée
De la table à un Caoursin. {Ms. 7615; II, i- 190.)
En cel an (15 16), chose merveilleuse,
Qiiant bel monnoie précieuse
Revestue, dorée à tour
Fu emprisonnée en la tour
Au roy et mis en son trésor
Et fu tout blanc argent et or
Monnoie; et lors demora
L'aingniau d'or que l'en courra,
Parisis et tornois de table. (Ms. 6812, f. 82.)
Bourquelot, après avoir parlé des tables des changeurs, ajoute : « les tables se donnaient en fief, se louaient, se vendaient, et les seigneurs se réservaient sur chacune d'elles des
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redevances pécuniaires plus ou moins considérables. » Il cite en outre les tables des monnayeurs (jahuht viouctariontni) des foires de Provins, 1154, les tables des changeurs de Troyes, 1165, les tables des changeurs de Provins, 1179, tabula cambitoruvi.
Voici quelques passages d'un règlement donné à Lagny en juillet 1294, où on ne pouvait établir plus de 6 tables de changeur, sauf aux foires. « Plusieurs changeurs peuvent se partager une même table et y siéger sedere in cainbio. Tout changeur peut vendre, engager, prêter ou louer tout ou partie de sa table de change. Les changeurs associés pour une même table doivent taire le change avec de l'argent commun. » (Bourquelot, loc. cit., p. 136.)
Nous avons cité dans notre premier travail ces lignes d'une charte de Philippe le Bel en 1305 : « Pour le profit de tout nostre Roïaume et de nos monnoies, nous avons ordené à faire uneTable qui sera tenue en 12 ou 14 lieux solcmpniex en nostre demaine et de nostre Royaume, et que il soit crié que se ce n'est à nos monnoies ou es Changeurs, qui des ores a)'ent nostre auctorité et nostre consentement de changer et tenir change, nus ne soit si hardis, que or ne argent, qui ne soit monnoiez de nostre coing, qui soit dedans nostre Ro3'aume et en nostre terre, il vende ne achatc jusques à tant qu'il ait esté porté à nostre dite Table et mis en escrit pardevers nous, etc. »
On voit par ces citations qu'il y avait plusieurs sortes de tables, les tables des monnayeurs et les tables des changeurs ; que le mot tenir une table signifiait avoir le droit de remplir les fonctions officielles de monnayeurs ou de changeurs. Ce droit fut très souvent octroyé aux Lombards tant aux foires de Champagne qu'à Paris et ailleurs.
I242-I252-I253 Tables des Changeurs Français