‹ Les Lombards en France et à ParisChapitre 36 sur 38 · I.E5 LOMBARDS. — TOMF · texte numérisé non relu

I.E5 LOMBARDS. — TOMF

124 ^^^ I.OMMARDS A l'ARIS.

SEING MANUF.L NOM DL' CROISK ANKHK MOIS LIEU D'ORIGINE

Amalvin de Malnrtic.

Antoine du Pré, chevalier savoyard.

Gérard Ricci, chevalier savoyard.

Michel Nigri, chevalier savoyard.

1252 Décembre. Jatia.

d" Novembre.

Gelouers du Treser âoultre vieir.

|etoii du Trcsor d'outre mer.

Ce jeton, public par M. Schluniberger dans l.i Niimismallqut de l'Oiieiil l.miu, est sûrciiiciit un jeton ayant servi .iux gens des comptes fr.inçais pendant les Croisades. Lesquelles ?

Face : Un pertgrhiiii tvec son bourdon, agenouilla, priant devant une croix.

R/vers : Croix latine aux branches flcurdelysies , cantonnée de quatre tleurs de lis.

Gênes.

Sceau rond de 0,085""" i^- N. j. 497, 11° 11.) 1333, 7 Juin.

Un griflfoii fondant sur un renard qui étrangle une poule. Légende : -j- Griphus : ut : lias : angit [: sic : hostes] : Janua : frangit.

Les Italiens voient dans ce sceau le griffon de GcMies opprimant une aigle et un renard. Cf. Periodico di niimisniatica e sfragistica... Firenze, 1874. Desimoni. (Il est évident que cette aigle est une simple poule.) Et on a également vu là, en outre, des emblèmes de la faction gibeline.

Dans le Livre de Gis. Cristof. Gandolfi, Delhi moneta antica di Geiiova, tomo I, Genova, 1874, p. 153, on trouve cette description :

« Gallum cum vulpe ipsius galli collum fiiucibus detinente, quam vulpem et gallum Griffus suppeditat, in cujus circulo hae litterx- scriptiL^ sunt : Griffus ut bas angit, sic bostes Janua frangit. »

Pa£;e 3. Note. M. le docteur Hamy a appris, depuis la publication de son Mémoire, que le nom de l'un des marchands dont il a publié la marque, étant Serra, la marque représentait grossièrement une serrure : ce qui prouve que les marques avaient une signification. C'est, du reste, notre opinion.

Page 33.

Nous croyons ne pas nous tromper en affirmant qu'on scellait déjà les étoffes à la fin du xiii-^ siècle. Nous lisons en effet dans les Baus et ordonuances des rois de Chypre — Assises de la cour des Bourgeois, éd. Bcugnot, t. II, p. 361, à la date du 10 novembre 1298 :

« Que nul n'osast vendre chamelos (camelots) ni cendes (ceiulaux) ni boucrans (bougravs) ni butènes {baïaucs), jusques il les aist mostrés à ceaus qui sont ordenés, qui les doivent boulier, ce il sont de leur raison de lonc et de large. Et qui ne le fera, sera en paine de banc. »

Boulier, bullare, signifie ici appliquer une huile ou un sceau de plomb.

Et plus loin, ch. xv, 1300, 22 février :

« Le visconte desus nounié [sire Hue Pistiau] et sire Thomas de Pinqueny, au jor bailly de la Segrete, coumanderent de par le roi à sire Fouque de Tabarie et à Daniel d'Anthioche que il sont establis à boulier les chamelos et les cendes et les bougrans et les butaines et que ils doivent prendre por le bouler de chascune pièce de chamelot, i denier, et de chascune piesse de boucran, 1/2 denier, et de chascune piesse de butène, une maille. » — (Page 365.)

I-oulquc de Tabarie et Daniel d'Antioche étaient donc les personnages chargés dans le royaume de Chypre, d'apposer les sceaux de plomb sur les étoffes, en 1300.

Quand Beugnot renvoie aux ordonnances, publiées par Depping, àla suite du Livre des métiers, pour montrer que cet usage n'existait pas en France, il commet une erreur. Le travail de Depping ne traite pas cette question.

Page 43. Note sur les Tailles.

On lit dans le Domesday (Domus day(')) d'Ipswich^^', cdit. Twiss, London, 1873, p. 126, écrit au xiv^ siècle :

« Item si dette seyt demaunde entre marchaunt e marchaunt devaunt les baillifs de ladite vyle à la ley marchaunde par tallic saunz seal, nomement de certeyn contracte de marchaundise fait entre meyme les persones, e le marchaunt defendaunt veoylie dédire la tallie par sa ley, a ceo ne seyt il pas receu, c'est assaver si le marchaunt demaundaunt veolye prover solom ley marchaunde la tallie estre le feet soun adversarye defendaunt, etc., etc. »

Traduction : «. Preuves de la Taille sans sceau. »

« Item, si la dette est réclamée entre marchand et marchand, devant les baillis de cette ville d'après la loi marchande, au moyen d'une taille sans sceau, par exemple au sujet d'un certain contrat de marchandise fait entre les mêmes personnes, et que le marchand défendeur veuille nier la taille d'après sa loi^ que ce principe ne soit pas admis, c'est au marchand demandeur à prouver que la taille est l'œuvre du marchand défendeur, etc., etc. »

Le mot anglais employé dans les banques pour désigner l'agent comptable ou îhe Teller, est la traduction littérale du vieux mot taUlier, en français tûilîeitr, en latin talliator, du mot latin tallin, en français taille, en anglais tally, au pluriel lallies.

D'après ce texte, il est évident que certaines tailles étaient d'un usage commun entre les marchands et que le débiteur et le créancier se les partageaient.

Pourquoi ce qui avait lieu alors en Angleterre, à Ipswich, n'aurait-il pas eu lieu en France , à la même époque ? Nous avons ici la preuve que la taille servait, non seulement comme elle sert encore aujourd'hui aux boulangers et à leurs clients, mais à d'autres transactions entre les particuliers, alors que la monnaie de billon, ou «monnaie noire» devait être relativement rare et que la pièce la plus minime, la inaille ou tia's du sou, est évaluée à environ 0,30 centimes, prix évidemment énorme pour les échanges entre paysans.

Nous apprenons, en outre, qu'il y avait des tailles avec sceaux , mais nous n'avons jusqu'ici trouvé aucune explication satisfaisante. S'agit-il

(i) Le Doomsday book est un livre du cadastre; littéralement ; dooiiis-day signifie jour du jugement dernier.

(2) Ipswich, ville du comté de SuBolk, 50,000 hab.

alors des tailles officielles des collecteurs ro3'aux ? Comment les sceaux étaient-ils apposés sur les tailles ? Celles que nous reproduisons n'en portent aucune trace ; celles qui existent en Angleterre en offrentelles ?

Page 58. Bibliographie.

Cf. G. LiBRi. Histoire des sciences nmthctnatiqiies en Italie ; Paris, 1838, in-i2. — Chasles, Aperçu historique sur l'origine et le développement des viétbodes en géométrie ; Paris, 1875, in-4'^. — Maximilien Marie, Histoire des sciences mathématiques et physiques ; Paris, 1883, in-12. — Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, article Ahacus. — La grande Encyclopédie, articles : Ahacus, par A. Trasbot; Chiffres, par Paul Tannery ; — Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. XIX, 1844, p. 1039. Note de M. Brière; — Ibid., année 1839. Lettre de Vincent à Libri sur l'origine des chiffres, t. VIII, p. 338, et t. XIV, p. 43.

Vincent avance que la philosophie pythagoricienne partageait les nombres en mâles et femelles ; il se torture le cerveau pour trouver, au moyen de calembourgs étymologiques, l'explication des noms des apices, tels que les donne Boécc. — M. Bricro prétend que ce sont les noms hébreux.

Pipe Roll.

L'étymologie du mot Pipe roll donnée par nous ne nous paraît pas encore la vraie, depuis que nous avons appris que le mot était employé, en Angleterre, pour désigner spécialement les rôles de l'Echiquier: les autres étaient simplement appelés rotnli. De plus, il ne paraît pas du tout prouvé, contrairement à l'opinion émise par nous, que ces rôles aient été appcndus à des pipes, comme nous l'avions pensé et comme nous l'avions vu faire chez les Romains qui se servaient de ce mode d'attache pour leurs volumina : actuellement les anciens rolls n'en portent aucune trace.

D'après la gravure placée en tête de l'ouvrage de Madox qui représente la vue des armoires ouvertes, avec les pipe rolls de l'Échiquier rangés sur des tablettes, nous sommes amené à donner une signification plus vraisemblable au mot pipe, qui voudrait dire, en elfet, tuyau, et viendrait de la forme même de ces rouleaux affectant l'apparence d'un cylindre. I:n outre, sur ces documents anglais bien mieux conservés que les quelques rouleaux renfermés dans nos archives — car

nous nous servions de registres reliés depuis longtemps que nos voisins gardaient religieusement leurs vieilles traditions et inscrivaient leurs comptes sur des rôles — on remarque les traces des cordons qui servaient à attacher par le milieu, au moyen d'un simple nœud, ces précieux documents, comme nous le faisons encore couramment pour nos rouleaux de musique, par exemple. On aurait donc dit : cicrk of the pipe, par synecdoque. Cette explication nous parait de beaucoup préférable à celle que nous avons donnée : le mot français pipe ne se trouve, du reste, que dans des documents postérieurs de plus de soixante ans, avec la signification que nous lui attribuions.

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