ALPHONSE XIII A VERSAILLES
A Sa Majesté la reine Marie-Christine.
Juin 1905.
J'étais sur le balcon, près de Louis de France : Il était à cheval, superbe, glorieux.
Qui donc espérait-il? un prince aimé, je pense. Ah! que de souverains ont passé sous ses yeux!
Son bras semblait chercher un être dans l'espace, Un fils, un petit-fils, car il parut heureux; Le plus joli sourire illuminait sa face, Et la foule attendait sous un ciel radieux.
b ALPHONSE XIII A VEUSAILLES.
Dans le lointain je vis une brillante escorte, Un homme bel et grand, svelte, alerte et joyeux. Versailles s'emplissait : la nombreuse cohorte Poussait de longs hourras à l'hôte gracieux.
Le château se parait pour rajeunir son âge Alors sous le soleil et... près du roi Soleil, Alphonse descendit du brillant attelage, Pour voir de son aïeul le palais sans pareil.
Le célèbre Nolhac, l'érudit de sa race, Lui montra Trianon, les jardins, les tableaux, Les sculptures du lieu, la galerie en glace, Les charmilles, les fleurs, les jaillissantes eaux.
Et nous applaudissions la jeunesse et la grâce. Et chacun était fier du royal visiteur. Vive le roi charmant! qu'il revienne et repasse Et nos vieux cœurs émus s'empliront de douceur.
RICORDO DI SIGILIA
A Monsieur Pierre de Bouchaud.
0 Sicile embaumée et de gloire allaitée,
Sous ton ciel de saphir j'ai gravi bien des monts!
Antique Trinacrie, autrefois si chantée,
Je vois les verts figuiers et tes jaunes citrons.
Je revois tes troupeaux et la bergère grecque Au classique profil, à l'œil sombre ou pensif, Et tes cloîtres normands où les fils de la Mecque, De Sparte ou de Capri se reposent sous l'if.