‹ Les luciolesChapitre 15 sur 83 · HEURE DE FOLIE · texte numérisé non relu

HEURE DE FOLIE

Ennuyeuse maîtresse, il est temps de partir, De passer ton chemin. En quoi m'as-tu servie ? Ah ! je suis libre enfin de penser au plaisir! Ah ! nous ne sommes plus deux forçats de la vie !

Parfums, enivrez-moi de vos molles senteurs ! Plus de raisonnements en ces heures jolies ! A moi tout l'univers ! à moi l'amour, les cœurs ! Tintez, petits grelots des joyeuses folies !

sous LES TILLEULS

A Mademoiselle Lucie Brëmond.

Au loin, sous les tilleuls, j'allai me reposer Pour laisser à loisir mes pensers dans un rêve; Et j'étais si joyeux que je voulais parler, Raconter à la source, au nuage qui crève Et nous donne sa pluie en baisers rafraîchis ; Ce qui montait en moi de sève et de jeunesse. A cette heure du soir les troncs étaient blanchis. L'air semblait imprégné d'une impalpable ivresse Le soleil descendait en ardente langueur,

28 sous LES TILLEULS.

L'écharpe d'or tomba. L'atmosphère était dense, Les branches s'unissaient sous la molle chaleur, Mon âme s'élançait palpitant d'espérance. Bientôt l'ombre envahit les saules des tombeaux ; Je les vis imprécis, lentement disparaître, Et je tendis ma lèvre au duvet des oiseaux. 0 volupté de vivre et de sentir son être !

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