‹ Les luciolesChapitre 38 sur 83 · SONGERIE · texte numérisé non relu

SONGERIE

Et que pour un instant il semble que tout bougCj On voit l'oiseau craintif voler près des bateaux Pour chercher un abri sur les frêles radeaux. Le nuage de feu qui brille sur la terre Fait deviner le coup sinistre du tonnerre. Ah! que cela ressemble en son choc effrayant A la vie, à son drame intense et si changeant ; Tempête, accablement, passion, violence La pluie et le soleil, les cris et le silence.

FLOREALE

A Madame Madeleine Lemaire.

Descendons au jardin, foulons la tiède terre ; Vois, la chaleur du jour alourdit toute fleur, Ta main cueille une gerbe et la met dans un verre Pour prolonger sa vie en un bain de fraîcheur. L'été grise mes sens, je bois la douce haleine Des reines de nos prés et des rois de nos champs, Et sur les buissons d'or je recueille la laine Qu'y laisse la brebis, puis j'écoute les chants. Je contemple et j'admire en son brillant pétale

64 FLORÉALE

La teinte diaphane et mauve de l'iris,

Et les contours de feu du pavot qui s'étale

Auprès du vert pommier, du lilium, des lis.

Ah ! fleur, vous ravissez les yeux de la nature,

Vous naissez au matin, vous vous fanez le soir.

Ephémère beauté ! Que toute la verdure

Serait donc sombre et triste et seule sans vous voir !

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