J'AIME A VOIR
A Monsieur G. Radier,
J'aime à voir, le dimanche, à Paris, les flâneurs,
Les couples s'attarder à l'ombre d'un vieux frêne,
Aspirer l'aubépine et boire les senteurs
« Des boutons d'amandiers sur les bords de la Seine.
J'aime à voir les enfants chasser Iqs papillons, Cueillir le chèvrefeuille et, sous les bois, la fraise, là puis rire, danser sur l'herbe des gazons 1.1 s'amuser de rien en folâtrant à l'aise.
-yO .1 Al M K A VOIR . . .
J'aime à voir le ciel bleu, les iris du bassin, Leurs tiges se pencher sous de nombreux pétales, Et leur pourpre couleur d'un délicat dessin. Pâlir au pied du bonze à l'abri des rafales.
J'aime à voir au soleil la prune qui mûrit.
Le vol des pigeons blancs, la terre qui sommeille.
Le dos des lézards verts et le faune qui rit
Sur son socle de bronze entouré d'une treille.
A la chute du jour, j'aime le bruit de l'eau Sur le caillou bruni tombant en blanche écume Et rafraîchissant l'air à l'entour du coteau. Et l'élégant ibis qui hérisse sa plume.
J'aime à venir rêver au bord de ce chemin, Et gravir la colline encore blanche et rose. Après le crépuscule, à l'aube du matin. Au petit jour naissant, alors que tout repose.