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CHAPITRE VIII

L'Attitude de Benoît XV à l'égard des Belligérants 256

Paris, juillet-août 1915

I. Déclarations et interventions pontificales. Leur sens et leur motif

Déclarations attribuées à Benoît XV par le journal la Liberté. Outrages des anticléricaux contre le Saint- Père. Impression douloureuse chez les catholiques.

Nécessité de recourir aux textes officiels, aux documents authentiques et dignes de foi.

Le Pape travaille au rétablissement de la paix générale. Devoir de sa charge en tant que Vicaire de Jésus-Christ. Sens tbéologique du terme de « paix » : la tranquillité de l'ordre.

Le Pape s'efforce de restreindre et d'adoucir les souffrances causées par la guerre. Tentative d'une trêve de Noël. Secours spirituels aux combattants. Secours temporels et spirituels aux prisonniers. Initiative heureuse en faveur de l'échange des grands blessés et de l'échange des détenus civils. Négociation en vue de la translation en territoire suisse d'une partie des prisonniers malades. Efficacité bienfaisante de l'action de Benoît XV.

Le Pape a réprouvé les injustices certaines et les abus évidents de la force. Paroles claires et publiques de blâme prononcées à plus d'une reprise contre les violations de la morale et du droit international. Déclarations notables de sympathie à l'égard de la Belgique, appelant pour ce royaume une meilleure justice.

Le Pape, pour de très hautes raisons de sagesse et de charité, s'abstient délibérément tant que dure le conllit, de juger en détail les griefs mutuels des belligérants ou leurs responsabilités respectives. Situation délicate du Père commun de tous les (idèles, qui compte des millions de catholiques dans l'un et l'autre groupe de peuples belligérants. Irritabilité extrême du sentiment national en temps de guerre : psychologie du belligérant. Épaisseur des « fumées de la bataille » : accusations réciproques, témoignages contradictoires sur la réalité même ou le vrai caractère de tel acte reproché comme criminel par un belligérant à un autre belligérant. Par la faute de nos gouvernants, la cause française n'a pas de représentant diplomatique, chargé de la défendre officiellement au Vatican. Réserve volontaire de Benoît XV à l'égard des méfaits commis en Belgique par les Allemands, et, pour le même motif, à l'égard des méfaits commis contre le catholicisme par les Russes en Galicie. Le Souverain Pontife évite de rompre avec aucun des États belligérants pour pouvoir travailler encore à restreindre et adoucir les souffrances causées par la guerre et pour pouvoir exercer, en temps utile, son grand rôle de pacificateur.

Ce qu'il faut penser du récit d'audience publié par la Liberté. Les vrais sentiments de Benoît XV, qui aime la France catholique et la France tout court.

Confiance filiale et respectueuse que nous devons avoir à l'égard du Vicaire de Jésus-Christ.

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