C. DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
Avec quelles autres lésions, la luxation double peutelle être confondue ? Comme l’ont montré MM. HAMANT, CHALNOT et ViCHARD l’erreur courante consiste à prendre une fracture du scaphoïde avec énucléation du fragment supérieur pour une luxation double du scaphoïde.
Au point de vue clinique, beaucoup de signes sont en effet communs à ces deux lésions. Rappelons que les
symptômes cliniques de la fracture du scaphoïde avec énucléation du fragment supérieur sont :
1° Raccourcissement du bord interne du pied de un centimètre, un centimètre et demi;
Adduction de l’avant-pied sur l’arrière pied, mais avec pied en flexion alors que dans la luxation double il est en extension légère ;
3° Perception, par le doigt « qui palpe d’une saillie dure, légèrement mobile, siégeant immédiatement en avant de la tête de l’astragale ». Il existe une crépitation « osseuse » et une douleur exquise;
4° Marche impossible et mouvements d’adduction et d’abduction limités et douloureux.
On voit que devant un pareil tableau, le diagnostic n’est possible que par la radiographie.
Le diagnostic différentiel est aussi à faire.
1° avec la luxation de l’astragale. Il faut rechercher le tubercule du scaphoïde, mais le signe perd de sa valeur, comme le fait remarquer BOEKEL, car on doit faire cette recherche, le pied étant en abduction alors qu’il est toujours en adduction. On se rappellera que les mouvements de l’articulation tibio-tarsienne ne sont supprimés que dans la luxation de l’astragale; ils sont uniquement gênés dans la luxation double du scaphoïde;
2° avec la fracture de l’astragale. Dans ce cas les malléoles et surtout l’interne sont rapprochées du sol;
3° avec la luxation sous-astragalienne. Le calcanéum est déplacé en arrière, et le péroné est en général fracturé ;
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4° avec les fractures du calcanéum par écrasement. Il y a dans ce cas élargissement du calcanéum et abaissement des malléoles ;
5° Penser comme le signale BOEKEL à un os tibial surnuméraire; faire le diagnostic différentiel de la Iuxation interne et d’un pied plat congénital, d’une ancienne tarsalgie des adolescents chez des sujets dont on ne peut obtenir des commémoratifs comme chez les idiots.
2° DIAGNOSTIC RADIOLOGIQUE.
Nous voyons par ce qui précède que seul un cliché radiologique peut nous apporter la certitude du diagnostic.
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Rappelons qu’il faudra faire deux radiographies à 90°, une de face et une de profil.
Sur la vue de profil, on voit que le scaphoïde a perdu ses rapports normaux avec les os voisins. Ceux-ci sont restés en place tandis que lé scaphoïde les dépasse d’environ les deux tiers de sa hauteur (fig. 1).
Sur la vue de face, on remarque que le scaphoïde est légèrement déplacé vers l’intérieur (fig. 2).
Une fois que la réduction aura été opérée sous écran il faudra refaire deux clichés qui montreront si la reposition a été correcte et il faudra enfin s’assurer par une dernière radiographie que la contention de los, par l’appareil plâtré que l’on aura appliqué, est bonne
(fig. 3).
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Où le diagnostic radiographique présente de sérieuses difficultés, c’est quand la lésion aura été méconnue au début. En effet, dans ces anciennes luxations non réduites de nombreuses travées osseuses vont du scaphoïde aux os voisins et il est bien difficile alors de dire s’il y a eu luxation ou fracture de l’os.