SCÈNE III
LES PKI ii.rui AS. Ml/ \EL.
MIZAEL.
Vous ne savez donc pas tout ce que l'on publie : Qu'avec Antiocbus Dieu nous réconcilie; Que ceroi loin de nous porte son joug cruel, Et qu'Eplinum enfin règne dans Israël... Déjà tous nos Hébreux, en longs habits de fête,
Des palmes dans les mains, des palmes sur leur tète,
En foide rassemblés au sein de ce palais,
D'Epbraïm couronné célèbrent les bienfaits;
Et dès qu'ils ont appris quelle était ma naissance,
Plusieurs sont accourus, dont la reconnaissance
bénissait à grands cris les en fans d'Onia*,:
Et les femmes baisaient les traces de mes pas ,
Et les vieillards émus, dans leur soudaine ivresse,
Venaient sur mon passage et pleuraient d'allégresse
Oui, ma mère... et pourquoi seml>le/-\ous eu douter'
Consentez jusqu'au bout, ma mère . à mVcoutei
Moi-même , auprès du roi j'ai trouvé le grand- prêtre; Son pouvoir, sa faveur, se font assez connaître. Le Roi lui tend la main et le flatte de l'œil. Devant son front modeste, abaissant leur orgueil, Des grands autour de lui la foule se rassemble. Mais , que dis-je! en ces lieux ils vont paraître ensemble ; Tous verrez, comme moi, ma mère, quel bonheur, Après un si long deuil, nous gardait le Seigneur.
SALOMÉ
11 faudra le pleurer, mon fils, toute la vie...
{A part.) Ainsi donc d'Ephraïm la grande âme asservie...
( Haut. ) ]Non, Ephraïm jamais n'osera sous nos yeux Prostituer l'encens et sa gloire aux faux dieux.
TtlTZAEL.
Lui , ma mère !
zabulon, à Salomé.
Souffrez que ma voix le défende; Peut-être il accomplit ce que Dieu lui demande. Savons-nous à l'autel si Dieu n'a point parlé? Eléazar mourant n'a-t- il rien révélé?
Faut-il que tout un peuple, à ses vainqueurs en proie, Au trépas qui l'attend se dévoue avec joie? Pour moi , je ne puis voir, sans en être ébranlé , Sous le couteau sanglant tout Juda rassemblé; Et lorsqu'à son salut un seul se sacrifie,