‹ Les machinations contre le colonel PicquartChapitre 5 sur 21 · UE8 FAUSSAIRES ENTRENT EN SCÈNE · texte numérisé non relu

UE8 FAUSSAIRES ENTRENT EN SCÈNE

Le fait grave auquel Plcquart faisait allusion était la saisie, au ministère des colonies, d'une lettre à l'adresse d'Alfred Dreyfus, mise à la poste à Paris et destinée à lui ôtre envoyée à, l'Ile du Diable. La signature était d'un nommé VVeyler. 11 racontait à Dreyfus qu'il mariait sa Ûlle :

Cette lettre — a écrit Picquart au garde des •ceaax — était écrite en caractères étranges, semblable à un dessin et faite pour tirer Tceil ; moi qui depois plus d'un. an lisais toute la correspondance adressée à Dreyfus, je n'avais jamais vu ni cette écritare, ni cette 'signature ; mais ce qu'il y avait de grave, c'est que dans les interlignes étaient écrits ces mots, avec une encre sympathique assez visible pour qu'on puisse presque tout lire : a Nous ne comprenons rien à votre communication; dites où sont les armoires contenant une photographie des... »

t>tte lettre, qui constitue un'faux grossier, avait

ONTRB LB CO:.ONEL PICQUART 'J

p<i ' ' i Hurdi par les

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paille.

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cttlle |ii»-'f ciii «il lii i . -'Il' i!.;^ ; li' - .iiui- '!-■ M !.;■!., qai, poar le Muver, recouraient aux moyens les plus maladroits. Cependant, à la réflexion, je ne lardai pas à me rendre compte du caractère de ce document, et je pensai que c'était du Paly de Clam qui en était l'inspiratcar, paisqu'il avait intérêt a ce moment à rendre mon œuvre vaine. L'idée de l'homme de paille est une de celles que du Paty de Clam émettait le plus souvent. En tout cas, à ce moment, Henry était en congé et ne put intervenir.

Celle première manœuvre ne larda pas à ôlre suivie d'une autre, provenant de la môme source et vivant le môme bul : contrecarrer l'enquâle du colonel Picquarl sur '* ' ' ' , "' y

de Clam et Itcrlillon av.ti. .:.::.-tiflé récriture avec celle du bordereau.

14 d'évasion de Dreyfus Turent mis en 'M -»• ' l^renl lieu àfune violente cam-

pa, .lire la famille elles rares amis

conservéa en France par le « traître. • Celle campagne, on en conviend^n, venail fort à propos pour les hommes qui avaient vu, avec une colère non dUsimulée. leur chef s'attaquer à r « œuvre sacrée du colonel Sandherr », considérée comme 1* « honneur du deuxième bu-

10 LB8 «».... ..DATIONS

reaii », et connée par le défunt à son personnel comme un monument devant rester in<ieslruclible.

L4 BOMBB DB C L*ÉCLAIR »

Le 14 septembre, enQn, éclate la « bombe > de l'Eclair^ bombe chargée dans les bureaux de la rue Saint-Dominique, et qui consistait en la publication de la pièce : « Ce canaille de D... ». que les faussaires de l'Etat-Major avaient audacieusèment altérée pour les besoins de leur cause en substituant aux mots qui précèdent : « Cet animal de Dreyfus ».

Cette fois, les faussaires furent plus heureux que la première fois : le projectile faillit atteindre son but.

Le général Gonse. revenu tout exprès à l'aris, manda Picquarl :

— Qu'est-ce que cela peut vous laire que ce Juif soit à l'Ile du Diable? lui demanJa-t-il.

— Mais s'il est innocent! s'exclama le loyal officier

— I lit voulez-vous r re procè^ lit une histoire éi' : Le général Mercier, le général Saussier sont engagés là-dedans.

— Mon général, riposta Picquart, il est inno-

CONTIIB LB COLONBL PICQUART 11

cent, cela doit ««ufllre pour revenir là-dessus. Mais,

Ira , , . -

pable ; si elle le trou ve, quelle sera notre posture ! ^- Si vous ne dites rien, personne ne le saura, hasard.^ <; • - Pilate.

— M :al, conclut Picquart, de plus en plus indigné, ce que vous dites là est abominable. Je ne sais pas ce que Je Terai, mais en tout cas, je n'tmpcrtêrai pas cm êeerel-là dans ma tombe!

Dès lors, les événements se précipitèrent. Henry tenta un irrand coup contre Picquart qui, malgré tf,,,. 1... .1,1..,]^^^ continuait à rechercher la vôrii , dans les derniers jour» du mois

d'octobre, la pièce décisive, celle dont Gavai* gnac, <' linistre de la guerre, devait plus

tard. < audace qui n'availd égale que son

in . ainrmer l'authenticité à la tribune de

la < ;>ièce fut remise à Uillot, qui la

r> ■ '"'Ve,puisàGonse.Ln'-*"- • 'rf*

II* V {uart, mais il lui •

Kn sortant du cabinet du ministre, Picquart n; le général Gonse :

•n ! AlcH-Vdiis ronv.'iinru ? lui demanda

Oonsc.

— l'as du tout. ' i Picquart. Cette pièce

a * ' *^-tix. I^es attachés

II i tous fort bien le

U rivent pas en petit nègre.

— Quand un ministre me dit quelque chose, je le crois toujours, dit alors le général Gonse, faisant ainsi, sans s'en douter, un mol à jamais historique.

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