RÉ6ULA.TEUR A BOULES
Quand on fait tourner le régulateur autour de son axe vertical, les boules s'écartent graduellement, et se maintiennent à une certaine hauteur constante tant que la vitesse reste la môme. Elles s'écartent en s'élevant dès que la vitesse s'accroît; elles se rapprochent en s'abaissant, si la vitesse diminue. Les mouvements des boules sont transmis par deux tringles à un manchon mobile le lon*,^ de la tige verticale de l'appareil, de sorte que ce manchon monte quand il y a accélération, et baisse quand il y a ralentissement. Il entraîne dans ses déplacements un levier, qui fait tourner dans un sens ou dans l'autre la valve placée dans le tube d'amenée de la vapeur, de sorte que toute accélération de la machine entraîne la fermeture partielle de la valve et la réduction du travail moteur: de 1<\ un ralentissement qui ramène la vitesse à sa valeur normale. Le régulateur de Watt n'assure j)as rigoureusement à la machine une vitesse constante, mais il fait subir à cette vitesse une série de variations dans les deux sens, qui équivalent, en moyenne, à une grandeur constante. L'appareil a été perfectionné de nos jours, et les types dus à M. Farcot, k Foucault, à M. Charbonnier, et à d'autres habiles mécaniciens ou ingénieurs, résolvent le problème avec plus de rigueur. Malgré ces perfectionnements, le régulateur, comme les freins en général, peut être à bon droit critiqué au point de vue mécanique. Si la vitesse d'une machine et des outils qu'elle met en mouvement augmente tout k coup, cela tient <\ ce que les résistances diminuent, ou bien à ce que la puisrsance motrice augmente. Le régulateur tend à rétablir l'équilibre nécessaire à la marche normale, mais
c'est en étranglant le conduit ouvert à la vapeur : résistance nouvelle, qui ne correspond pas à un tra- à vail utile, et qui représente l'emploi en pure perte " du charbon dépensé pour donner à la vapeur l'excès de pression dont elle est dépouillée au passage. La solution rationnelle consisterait, au contraire, à diminuer le feu et à économiser le combustible quand le travail à fournir décroît. La disposition des foyers et des chaudières ne se prête guère à cette combinaison.
Nous venons de passer eu revue les principaux points de la carrière scientifique de Watt; le lecteur a pu se faire une idée de la pénétration, de la sûreté de vue, de la fécondité de ce beau génie. Un rapprochement peut être fait qui contribue encore à j sa gloire. On a remarqué, et Louis XVIII, à sa rentrée en France, se plaisait un peu trop souvent à rappeler cette coïncidence, que le duc de Wellington était né en 1769, la même année que Napoléon. «La Providence, disait-il, nous devait ce contre-poids. » Louis XVIII ignorait probablement qu'en cette même année 1769 James Watt avait pris sa première patente. S'il l'avait su, il aurait pu y reconnaître une nouvelle faveur de la Providence. C'est à Watt, en effet, avant Wellington, que l'Angleterre dut ses triomphes dans les guerres du commencement du siècle. Sans Watt, sans sa machine à vapeur, sans la révolution industrielle qu'elle entraîna, l'Angleterre, isolée du continent, aurait-elle pu vivre? Eût-elle été capable de soutenir cette lutte de vingt années, dont elle finit par sortir victorieuse? C'est l'Angleterre qui donna le premier exemple de laU prépondérance de l'màu§>lY\e,\^Vv^wovuène tout nou-
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veau, inconnu aux siècles passés, mais déjà familier au nôtre. Les victoires de Tindustrie ont d'ailleurs cela de bon qu'elles profitent à l'humanité tout entière, sans acception de vainqueurs ou de vaincus. La machine à vapeur a joué un rôle important dans la longue querelle entre l'Angleterre et la France. Mais que n'a-t-elle pas fait depuis pour rapprocher les nations, et pour éteindre ces haines que des guerres continuelles avaient jusqu'alors entretenues entre les peuples?