‹ Les mages, ou, Le désert [microforme]Chapitre 4 sur 11 · II SCENE, L'ARRIVÉE À BETHLEEM · texte numérisé non relu

II SCENE, L'ARRIVÉE À BETHLEEM

Les Serviteurs et Guides puis les Rois Muges.

ler Serviteur : —Ah ! enfin nous voici à Bethléem : hélas j'ai cru que nous n’arriverions jamais.

2e Serviteur :-— Nous n’avons pas à nous plaindre, Dieu était avec nous, et il ne devait pas nous abandonner.

ler Serviteur : —Oui quelles fatigues, quelles difficultés !

2e Serviteur : —Mais aussi quel bonheur ! et que de con. solation à notre arrivée,

ler Serviteur : —Qui aurait imaginé ce que c'était que ce désert ? l’immensité partout, à droite et “à gauche, en avant, de toutes parts.

3e Serviteur : Et point d'indications au milieu de cette étendue, tantôt nulle trace, tantôt des multitudes de chemins se croisant, se suivant ou allant en mille sens, de manière qu'on ne sait lequel prendre.

ler Serviteur :—De telle sorte qu'on ne sait ce qu'on a le plus à leur reprocher, la longueur ou la largeur.

Melchior :—Oublions toutes nos fatigues et ne songeons qu’à remercier le Seigneur de nous avoir conduit au but de notre voyage.

Gaspard :—-Nous avons tout quitté, mais uous allons trouver plus que tout ce que nous possèdons en ce monde.

Balthazard : —Nous avons rencontré bien des obstacles, mais la vie elle même n'est-elle pas un terme de bonheur acheté par mille épreuves.

Melchior :—Ces Solitudes que nous avons traversées sont bien arides, mais quel air de grandeur et de majesté !

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Gaspard :—1à il n’y a plus rien pour la vie de l’homme et pour son soutien, maïs l'âme a sos pensées et ses réflexions graves et sérieuses devant ces spectacles imposants.

Baltazard :—Ce vide, cette nudité, cette privation de tout, a sa grandeur, sa beauté, sa majesté.

Melchior ;—Nos 1egards pendant bien des jours, n’ont tombé que sur des horisons, profonds, sans bornes, sans limites, s'enfonçant au delà de la portée du regard dans les profondeurs de ce ciel infini, sans tache, sans vapeur, sans nuages.

Gaspard :—D'un bout à l’autre de la portée du regard rien que la terre aride et rien que le Ciel bleu; aussi rien n'arrête la pensée sur la terre, elle s'élève et elle va plus droit vers son Dieu.

Baltazard :—O désert que tu fais comprendre le néant de l’homme, la grandeur de Dieu, la vérité de la vie, la réalité de la mort.

Melchior ;—Mais Dieu qui se revéle si grand dans les merveilles de la nature, est bien autrement grand dans les merveilles de sa bonté.

(On entend les accords du chant suivant.) Gaspard :—Mais quels sont ces chants.

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