‹ Les mages, ou, Le désert [microforme]Chapitre 8 sur 11 · LE LEVER DU SOLEIL · texte numérisé non relu

LE LEVER DU SOLEIL

Sur la scène on voit toute la caravane endormie.

Les trois guides arabes viennent sur la scène, pour faire entendre le chant du réveil, à la caravane endormie. Alors un Guide seul chante :

El salam alek, Aleikoum el salam, Alla!: ou akbar,

Jà aless salah.

La Allah ill Allah (bis) Allah ou Akbar (bis).

La Aless salab.

(Après ce chant la caravane se réveille et se range en demi-cercle, les Mages étant au centre. Les Bergers de Bethléem entrent alors, et viennent faire leurs adieux.)

ler Berger :—Eh quoil Seigneurs Mages, vous partez donc aussitôt ?

ler Mage :—I1 nous faut quitter cette terre bénie où nous avons vu tant de merveilles.

2e Mage : —Ioi c’est la terre des miracles! Nous y avons vu les tombeaux des Patriarches et des Prophètes, et dans Bethléem nous avons contemplé Celui qu'ils ont prédit et qu'ils ont attendu.

2e Berger : —Mais pourquoi ne prolongez-vous pas votre séjour ? Pourquoi ne pas rester ici pour toujours ?

&e Mage:—Bons bergers de Bethléem, le Dieu qui a parlé à nos cœurs pour nous amener à ces contrées, nous parle encore maintenant, pour nous en éloigner.

ler Mage:—Oui, cette connaissance qui nous a été donnée nous allons la porter à nos malheureux compatriotes, plongés dans le sommeil et les ombres de la mort. 2e Mage : —Cette grande Lumière venue du Ciel doit être répandue, sur ces contrées ensevelies dans les ténèbres. 3e Mage : —Il faut faire connaître ce Dieu Enfant, ce Dieu Sauveur, ce Dieu qui vient éclairer et embraser la terre. pour 3e Berger : —Quelle ardeur 6 mon Dieu, vous savez rmic. inspirer | Gaspard :—Il est vrai, bons habitants de Bethléem, mais si vous saviez quels malbeurs nous avons à soulager, \ vous comprendriez encor mieux notre empressement,. Melchior :.—Nos amis là bas, sont la proie d’un monstre qui tue, qui dévore et qui entraîne dans les abîmes. Balthazard : —Vous Israëlites, vous enfants privilégiés du Seigneur, vous ne savez pas ce qui se passe au loin, en

‘haie ces pays d’où nous venons.

rs de Gaspard : —Depuis les premiers jours accordés à l’homme

die sur la terre, l'esprit de jalousie et de mensonge a cherché à

artez obscurcir la vérité, et à semer des piéges sous les pas des enfants d'Adam.

e où | Melchior : —Et tandis que vous étiez merveilleusement préservés, les autres nations ont été envahies.

IVOnS Balthazard :—Savez-vous à quel degré de malheur les

dans autres nations sont réduites? Là le grand Dieu est

rédit méconnu et oublié; les cultes les plus indignes sont pratiqués ; les nations ne reconnaissent d'autre empire que celui

votre du mal; des idoles abjectes y sont encensées; les inspirations les plus perverses y sont écoutées.

ui a ler Berger : —Il est donc vrai, la bête de labour recon-

nous | nait son maître, l'homme ne sait reconnaître son Créateur.

Isaï. I. 3.

Guspard ; —Mais tandis que Dieu est outragé, tout y est dans le désordre et dans la souffrance. Vous, iei vous avez des lois pour protéger le pauvre, l’afigé, l'étranger, le faible, tout ce qui 65 sans défense et sans force. La femme, l'enfant, et même la veuve et le jeune orphelin trouvent chez vous un soutien ; mais chez nous il n’en est pas ainsi; lo faible y est une victime, le pauvre un fardeau, l'étranger un ennemi, le malade une malédiction, la femme n’est plus là qu'une esclave, traitée sans égards, abandonnée et rejettée sans pitié par ses enfants même, dès qu'ils n’ont plus besoin de son dévoûment,

2e Berger :—Quelle triste et horrible société !

Balthazard ;—Mais ! 6 bonheur, le règne de la charité st emrivé, et va détruire le règne abject de l'indifférence.

Gaspard :—Le règne de la paix est venu et va remplacer la tyranie de la haine.

Melchior : —En cette crêche nous avons vu apparaître le Dieu des siècles, le Sauveur promis aux patriarches, l’attente des nations.

Balthazard ;—Nous avons vu un Roi dans une étable, le pardon et la grâce sur la cendre et la poussière; pour nous soumis à ses lois, dévoués à son amour, nous allons porter sa connaissance et sa bénédiction à ceux qui l’attendent et l’ignorent, à ceux-là même qui loublient et qui l'ont délaissé,

Melchior :—Et à cette œuvre nous allons done nous dévouer; n'est-il pr: vrai, mes amis ?

Li CITŒUR.

Oui ! oui! oui!

Melchior ; —Et s'il faut affronter mille périls, mille difficultés, nous les braverons.

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