Les maisons historiques de Paris
Je n'ai certes pas Tintention d'énumérer ici toutes les maisons historiques de Paris; un gros volume n'y suffirait point. Mais je veux attirer l'attention du public sur les travaux du Comité des Inscriptions parisiennes, institué par arrêté du 10 mars 1879, sous l'influence de M. Hérold, alors préfet de la Seine, et sous la présidence du regretté Henri Martin.
N'ayant pas l'honneur de faire partie du Comité, je puis en parler tout à mon aise. Je saluerai d'abord son présidentactuel,réruditM. Léo-
pold Delisle, je constaterai le zèle infatigable de son tout dévoué secrétaire, M. Edgar Mareuse, sans oublier M. Hochereau, le conservateur du plan, et je passerai outre.
Le but du Comité est le suivant :
Rappeler par une inscription commémorative les maisons ou emplacements rendus célèbres dans l'histoire de Paris par la présence d'un personnage illustre ou par un événement mémorable. D'où ces petites plaques de marbre blanc apposées à la façade des maisons que l'on veut désigner à l'attention de la foule.
Travail fort minutieux, en somme, que la mise en place de ces inscriptions, car il ne s'agit de rien moins quedefixer un pointd'histoire. Ajoutons que le Conseil municipal s'est associé de tout cœur à l'œuvre si digne d'intérêt entreprise par le Comité, en ouvrant un crédit annuel pour subvenir aux frais.
De Paris. (j
Le Comité pouvait-il l'aire plus qu'il n'a fait jusqu'à ce jour ? Assurément non. Et cependant il restait encore un petit travail à accomplir, une espèce de résumé à établir, un résumé explicatif; je n'ai pas tenté de faire autre chose ici. Je précise : une inscription ne peut être que laconique, et je déclare que la plus courte est la meilleure. Est-ce assez cependant? Me suffira-t-il de savoir, par exemple, pour moi public^ que Mirabeau est mort dans cette maison ? Si je m'intéresse pour si peu que ce soit aux événements historiques, ne vais-je pas me demander aussitôt, à la lecture de cette plaque, si la maison était ainsi quand le grand orateur l'habitait, s'il y demeura longtemps, ce qu'il put y faire; je voudrais me remettre en mémoire les détails de sa mort, dans quelles circonstances elle survint. Certainement cette inscription
lo Les maisons historiques
m'instruit ; mais elle me donne l'envie de m'instruire plus encore.
Et maintenant par où faut-il commencer? Car plusieurs façons de procéder s'offrent à nous. Devons-nous nous occuper d'abord de tout ce qui a rapport aux philosophes^ pour passer ensuite aux savants, aux artistes, etc. ? Devonsnous adopter un ordre chronologique? Faut-il tenir compte de l'époque où les plaques ont été posées, ou convient-il d'adopter une classification alphabétique?
Eh! bien, si vous voulez m'en croire, nous laisserons de côté tous ces systèmes fort peu pratiques en somme, car ils sont propres à faire naître une confusion dans l'esprit, et prenant comme point de départ le faubourg Saint-Antoine, là-bas^ à l'extrémité de Paris — il nous faut bien partir de quelque part, — nous nous promènerons en curieux par
De P.iri's. I r
la ville, en relevant çà et là ce qui se présentera à nos regards.
L'inscription qui s'étale à la façade de la maison portant le numéro i5i du faubourg St-Antoine, a été posée une des premières par délibération du Conseil municipal de Paris, en date du 14 mai 1878; non pas qu'un souvenir se rattache à cette maison, mais à l'événement qui s'est passé devant. Lisez plutôt:
DEVANT CETTE MAISON