DANS LA FORTERESSE
14 Les maisons hisforiijucs
Tout cela demande quelqueséclaircissements. La forteresse de la Bastille était un parallélogramme assez étroit et flanqué de huit tours :
quatre tournées vers la ville, et quatre vers le faubourg. Supposez un immense navire échoué par le travers de la rue Saint- Antoine, et vous aurez une idée de l'emplacement de la Bastille. Le voyageur qui sortait de la ville par la rue Saint-Antoine se trouvait donc tout à coup arrêté dans sa course par le mur extérieur de la forteresse, mur garni de boutiques, et s'allongeant dans la direction de la petite rue Saint-Antoine.
Laissant à sa gauche la rue des Tournelles, puis la rue Jean Beausire, ledit piéton atteignait alors la porte Saint-Antoine, placée à la hauteur de la brasserie actuelle de Gruber et Reeb, à l'angle du boulevard Beaumarchais.
Mais laissons ce voyageur sortir
De Pari.^'. i 3
de la ville, et revenons rue Saint- Antoine. Nous avons devant nous la Bastille, et nous voulons y pénétrer. A notre droite, correspondant à l'entrée de la rue Jacques Cœur, nous franchissons une première porte. Nous sommes dans la Cour du passage. (Tracé de la rue Jacques Cœur, en inclinant un peu vers Testj. Nous voici sur Je boulevard Henri IV, Le bureau des omnibus (angle du boulevard Bourdon et du boulevard Henri IV) a remplacé le pont-levis de l'avancée.
Franchissons ce pont-levis imaginaire, et marchons dans la direction de la gare du chemin de fer de Vincennes que nous avons devant nous.
Nous sommes dans la Cour du gouvernement. C'est l'endroit précis où stationnent à présent les omnibus de Bastille-Madeleine. Un peu en avant, une terrasse dominant les fossés (tracé du canal actuel). Dans
lô / es maisons historiques
cette position, nous avons la forteresse à notre gauche. Eh! bien, tournons à gauche encore, et franchissons le deuxième pont-levis. Ici, il n'y a plus moyen de se tromper.
Un tracé sur le sol indique l'emplacement occupé par l'ancienne forteresse. A notre gauche, une grosse tour, la tour de la Bapnière; à notre droite la tour de la Comté. Suivons le tracé à droite, sur la place. La tour suivante est la tour du Trésor, et la suivante encore, dans l'axe de la rue Saint-Antoine, la tour de la Chapelle. La dernière au nord se trouve devant le pâté de maisons connu sous le nom de Maison des phares. C'est la tour du Coin. Quant à la tour parallèle, la tour du Puits, elle se trouve enclavée dans les constructions actuelles. Remontant la rue Saint-Antoine, nous trouvons encore dans son axe la tour de la Liberté.^ faisant
De Pjm.
face à la ville. La tour de la Bertaudière^ la dernière, se trouvait donc dans l'angle des rues Saint-Antoine et Jacques Cœur.
D'où il résulte que celui qui se trouvait rue Saint-Antoine et qui voulait entrer à la Bastille, devait tourner à droite, puis à gauche, puis encore à gauche. Tels sont les souvenirs topographiques que ces deux plaques veulent rappeler.
L'histoire même de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, a été trop souvent racontée pour être reproduite ici. Nous passerons de préférence à des sujets moins connus.
Nous avons parlé tout à l'heure de la porte Saint-Antoine et de l'endroit où elle se trouvait. Or en face, c'est à dire où s'élève la maison portant le numéro 2 du boulevard Beaumarchais, se trouvait la maison de l'auteur du Mariage de Figaro.
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