DEL'X AMIS
Léandre intime
Puisque Lcanilrc s'csl • |iiiy(' nui liMi' », ciiiiiiiir mi |HiiiriM Ir viiii' M lii page siiivniile, si je prenais nia i-evanc lie el si. à mon Idiir. j'essayais sa eliargc I
Bien qne MonlniarLrnis dans l'ànie el hahilaiil sur les lianleni-^ (le la Bulle, L(''an<lre ne se promène pas l)0!ile\"aril île (>lie[iy liabillé en l'apiii moilerne.
11 ne porle pas les i lievenx longs el ne se eiiilïe pas il nn lîeml)L-aniU exli'aonlinaii-e.
11 ne se panlalonne jias non [iliis à la lioii/.arile et son gilel n'esl poini en \eloni's en grosses eôles.
Il n'a pas la mise ullran-liii' île Carau il'Aelie ni l'allnre il'iin irAvlagnan eoinrne Balinriaii.
Non. Léaiiiire res^miUle è nn lion pelil lioiii-geois lu
Il e-l lilomi, pelil. replel .... il a du \enlre !
Ses veux ronds ^-i-inlilleul derrière un binoele ipi'il m jamais. Ils sonl malins eoinine loni, ses yeux! cl., quand m arrivenl dans leur rèline. ils sonl eouiplèlemeiil ilérormès mais de si spiriluidle l'aeim !
Léandre csl propriélaire d'un Irès grand lalenl el. de pauvre André ( lill, aneiiu ilessiualeiir n'a earii-ilnri- ses i porains avec anlanl de mailrise.
Ses porirails-cbai-ge sonl de vérilabics eliers-d'œu\ re ne lui a-l-il pas fallu longlemps pour aequén-ir uni ri''pula 1 ion.
Ilaiidais
< I rails
[mis le •iiiilein-
. aussi use
Léanili'c osl no dans l'Ornp, à Champsecrelpetit village où il va passer ses vacances et où il se retirera sans donte quand il sera las du succès.
Après avoir fait ses études au collège d'Argentan, Lèandre vient à Paris et entre chez Bin, peintre df'coratcur, où il apprend à travailler le plûtre.
Sera-l-il peintre ou sculpleur?
Il se décide à se présenter à l'Ecole des Beaux-Arts et devient élève de Cnbnnel.
Il habite déjà Montmartre, ce qui ne l'empêche pas d'aller dans le monde chez son oncle le dép\ité Christophle qui reçoit place 'Vendôme.
Au lieu de dire des monologues ou de chauler la romance, le jeune rapin, pour le plus grand plaisir des invités, caricature les gens de Montmartre; mais, le lendemain, dans les cabarets de la place Pigalle, jrour le plus grand plaisir des Montmartrois, il caricature les gens du monde!
Il devient vite célèbre sur la Butte où l'on s'arrache ses dessins qu'il abandonne avec le bon gan^onnismc qui le caractérise.
Il va prendre ses repas dans un restaïu'ant de la rue Houdon — disparu aujourtriiui — et v\ la fantaisie lui vient d\m illustrer les murs el .^'v^ ) d'y portraicturer tous les habitués de l'endroit. ^ /"C Ces fresques désopilantes firent grand bruit dans le Tout-Montmartre et les artistes s'en émerveillèrent.
— Pourquoi, lui dit alors Jean Veber, ne vous adonneriez-vous pas au portrait-charge...?
Il s'y adonna et voilà comment le nom de Léandre descendit du boulevard extérieur vers les grands Boulevards. Aujourd'hui il a gagné l;i province... el l'étranger.
en lui en racontant « une bien bonne •. Ce fragment est d'autant plus curieux qu'il n portraitiste.
Je dis bien, maître-portraitiste, car il est un Léandre moins connu du public, iiu Léandre sérieux qui excelle à peindre la femme.
N'esl-il pas d'une merveilleuse délicatesse de louche le portrait de Madame Dargyl, l'exquis auteur des Légendes ilu Poilouf
Quant aux portraits-charge, ils abondent dans L'Album el, peintres, hommes de lettres, hommes politiques, comédiens, sont croqués de main de maiire, criants de vérité.
— Demandez la façon de traiter les hommes célèbres comme ils le méritent!... dirait gavroche en voyant leurs têtes!
En guise d'histoire, Léandre nous raconte ses treize jours.
Son colonel fut stupéfait en voyant sur son uniforme de pioupiou briller la croix de la Légion d'honneur et, immédiatement, le nomma soldafde 1" classe! En sa page du milieu Léandre se montre déguisé en Censure.
Il portait ce costume au bal des Ouat'z'Arts et recueillait les bravos sur son passage. Nous ne doutons pas que Léandre, avec ce merveilleux dessin, ne retrouve ici le même succès qu'au bal des Peintres.
Afin que LWIhmn de Léandre fût absolument complet, nous avons l'ail l'impossible pour nous procurer un fragment des fresques du feu restaurant de la rue Houdon.
Nous le donnons avec la légende : Lps ileux Amis. 11 nous montre le fantaisiste Jean Condcski essayant de dérider un sien camarade us montre les iléluits, dans le genre, du maître
CnOQUIS D .\LBU.M.
Esl-il besoin do fnirc l'élogo de ; Les î/e».r plus gros que le ventre ; — On a souvent besoin, d'un plus petit que soi ; — Ln Souple et le Bœuf et de ses Deux Vieux Paysans'!
Ce serait puéril.
En son Album, Léandro a voulu nous montrer toule la gamme de son talent et il joue de cette gamme en virtuose.
Si vous voulez maintcnani monter avec nous la rue Lepic, nous pénétrerons, — après avoir l'ait rendre à la sonnette le son des clochettes que mesdemoiselles les génisses portent au cou, — dans l'atelier de Léandre tout rempli de loiU's, de portraits de liébés, de grandes personnes et de meubles anciens des plus jolis.
Car Léandre est un amateur de belles choses et les marchands d'antiquités de Montmartre le connaissent bien et sont heureux quand il vient leur rendre visite, sachant qu'il ne part jamais les mains vides et n'aime pas à marchander.
Il est ce qu'on api)elle un bon chenl, doublé d'iui connaisseur, ne possédant que des pièces de choix, enire autres une immense armoire Louis XV de tous points merveilleuse.
Attenant à cet atelier, un vaste jardin dont l'entrée est seule interdite aux jardiniers. Les arbres y poussent comme ils veulent et les herbes de toutes espèces s'y donnent rendez-vous.
MainliMiiuil an peul y rencontrer un lapin, nu fox-lerrier (|ui a des puces,... Léandre ne les attrape . oui, je crois qu'il est mort.
Ce jardm est l'un des plus beaux de la Butte; mais notre dessinaleur n'en profite guère. Toute la journée il Iravaille. soi! à ses dessins pour les journaux illustrés, soit à des portraits on à iles illusirations de livres.
Il termine, en ce moment, des aquarelles pour La \'ic île Bo/ième qui sont de véritables bijoux. Le soir, il dîne à Montmartre et va llàner (pudiques inslanis au Moulin-Rouge, la poche tcnrnie d'un carnet sur lequel il s'amuse parfois à crocpier (|uelques-unes de ces demoiselles.
Nombreux d'ailleurs sont ces eariiels des plus amusanis à feuilleter el qui fourniraient la matière de plusieurs Albums.
L'un est réservé aux hommes poliliques. Jutes Cuérin y coudoie Fallières: Lasies y interpelle le Président Deschanel.
L'aulre ne contient que nos célébrilés thc'âlrales : Mouni'l-Sully et Sulbac! Sarah Beruhardt el Yvette (luilbert.
En quittant le Moulin-Rouge, L('andre va bocker aux Ouat'z'ArIs et enlendre ses amis les chansonniers.
Il lui est même arrivé, en ce cabaret arlislique, une avenlun- bien amusanle. Voyant Léandre écouler un refrain quelconque, un rapin, i|uelconque aussi, le prenant pour un bourgeois égaré en ce milieu, se mit en devoir de le « crocpun' »; |iuis, l'œuvre terminée, pria le garçon de la porter à Léandi-e.
Celui-ci lire alors un album de sa poche, l'ail la charge du monsieur, la signe el la lui fait i-emelire.
Téle du rapin ([ui devini rouge comme une lomale!
Léandre, très connu, est. ce (pii est beaucoup plus rare. Irès aimé à Monimartre. tiependaul il parle peu, ne se lie cpie lorsqu'il eonnail bien les gens. C est im sage,
LUCUÎN PUECU.
EMILE BEliGErt.\T.
pa
,ladis, une chèvre y broulait.
et un héron!... atten<lez