‹ Les maîtres de la caricatureChapitre 6 sur 22 · ETUDE DE VIEILLE · texte numérisé non relu

ETUDE DE VIEILLE

grincheux voci'lere en tapant du poing sur la table I « — Vous seriez le nonce du Pape que j'pourrai pas m'empèchcr de vous le dire, faire la passe au manillon avec votre jeu, c'est jouer comme un pied! »

C'est par centaines que l'on pourrait citer les légendes accompagnant ses croipiis enlevés de main de maître.

Huard ne pouvait manquer de prendre j-ang parmi nos dessinateurs en renom.

Aujourd'liui, c'est chose faite.

Nous avons, suivant toujours notre ligne de conduite, commencé L'Album de Huard par des croqiiis de marins et deux merveilleuses eaux-forles.

Il esl, en effet, moins connu du grand public comme peintre des matelots, mais les amateurs ont pu admirer à l'Exposition de La demi-douzaine — ainsi nommée parce qu'ils ne sont que six exposants — les œuvres de Huard absolument différentes de ce que publient de lui les journaux illusirés.

C'est donc une aubaine pour L'Album que de pouvoir en donner un aperçu avec ces eaux-fortes très poussées et d'un vigoureux effet.

Nous pouvons dire que Huard, en son numéro, nous montre son talent sous toutes ses faces.

Nous commençons, en effet, avec un croquis très fouillé " Loup de Mer".

Il est criant de vérité ce vieux mathurin fumant sa bouffarde tandis que sa pensée semble se perdre dans le lointain, aussi loin qu'il voit la mer!

Largement enlevées ses deux études de Matelot et de Vieille femme qui prouvent que Huard esl autre chose qu'un caricaturiste. Ensuite abondent les pages sur la province, amusantes toujours et jamais bien méchantes.

Sa Grand'Mère est d'une poésie délicieuse, et sa Sortie de la Grond'Mesie est, sans contredit, un des plus beaux dessins que nous connaissions de lui.

■ Je ne comprends p.'is ronuiienU .'ivpc votre nom, \uiis n'avez encore lait quelque liche marinLrc

Huard, comme on pourrait le croire, n'est pas un provincial, m a grandi.

A l'âge de deux ans, il bégayait l'alphabet à l'École maternelle de collèges il a été l'élève.

Dès qu'il entrait dans une institution, il ne songeait qu'à une seule chose.... à en sortir, et inventait des stratagèmes inimaginables pour arriver à ce résultat.

Ce n'est qu'assez lard que lui vint le goût du dessin, mais alors ce fut une passion.... qui dure encore.

Huard ne pense qu'à dessiner, véritable maladie qui ne le quitte pas. Partout où il se trouve, il crayonne, prend des types qui lui serviront un jour ou l'autre, aussi possède-t-il une bibliothèque de petits albums tout remplis de bonshommes croqués sur le vif.

Quand il ne dessine pas, Huard s'ennuie, atteint du nuil à la mode. C'est un neurasthénique.

Ceux qui sont peut-être aussi ennuyés que lui, ce sont ces politiciens de province, ces joueurs de bézigue, pouvant se reconnaître dans les pages qu'il en donne.

Je me suis même laissé dire qu'une vieille fille lui a promis de le vitrioler, si jamais il se perraeltail de faire sa tète!

Au physique, Huard est un grand garçon aux larges épaules, et desdites épaules émerge une figure imberbe de bon gros poupon.

Très simple, très modeste, trop, peut-être; ne croyant pas que i c'est arrivé », comme on dit.

Bref, le camarade le plus charmant qui soit.

Lucien Puech.

us un Parisien de Paris, et, s'il connaît si bien la province, c'est qu'il y de Villedieu-les-Poèles, et, depuis cette époque, je ne sais de combien

— J'ai perdu, ça nVst rien » vAi- de la peine .lue je ressens d'avoir j. eoninio une andouille.

ATTliNDAM LE RETOUR DE SON HOMME [naU-fljrlc).

LE l'ÈciiEUR (eau-forlé).

Types de Province

Je t'avoue (vi ;i loi. Ponce : il s'tii est fallu de biou j.cu que ma lemme ne me trompe.

— Si tu tiuis que eest si malin .que ça de mettre dans sa poche le parti conservateur.

A la suite d'un article signé : Boulimy

Monsieur Farlouil, se jngcaiil oHeiifié, a chai-gé deux de ses amis de demander des explications à Monsieur Boulimy. Après examen, les témoins constitués ont été unanimes à reconnaître ([ue l'expression qui a donné lieu à l'incident n'ayanl pas eu la portée qu'on avait pu lui attribuer, il n'y avait pas lieu à lencontre.

I^our Monsieur PAinouir .

Dtn'U'Ur (ÏANDUiERT.

Saurin.

Pour Monsieur Boui.imv.

Théodore Oupet.

Li, utenant Rigolle.

La Grand'mère. —

A voii- ce portrait, on ne se douterait guère que c'est elle la grand'maman ctjmui la peLite-fille!

plaisir du Dimanche

— Tu ut^ voulu viîuir rumcr ion cigare ici |)our (|u'on le voie, mais on aurail bien plus rigolé à la gare à regarder passer les Lrains.

Types de Province

— ■ J'ai lu don; le journal que oorlainos créatures payaient leurs robes plus de mille francs!

Types de Province

Veuillez aunoocfi-. ma fille, monsieur Tranche, président de la Chambre syndicale de l aliaienlation.

SONGE d'amours !

Qerbault intime

GerbauU se partage avec Alb(M't Guillaume le monopole tles " P'tiles Femmes ".

Nez en l'air, à la Coquelin, de grands yeux élonnés, capitonnés de partout, il nous les montre très appétissantes.

— Dos p'titos femmes comme ça et un paquet de tabac par jour, la vie serait rien chouette!.,., dirait le pioupiou Dumanet.

Elles arrêtent le passant à la devanture des libraires, aux kiosques de journaux, et le passant les regarde, l'œil en joie, et, rentrant chez lui, embrasse longuement sa femme qui ne peut s'empêcher de s'écrier : « — Qu'as-tu donc aujourd'hui? Tu as l'air tout chose ! »

C'est la faute à Gerbault!

Vous entendez souvent deux jeunes snobs causant '■ femmes « — Épatante, mon cher, le vrai cachet de la Parisienne. Un nez où il pleut dedans, des yeux.... longs comme ça! un corsage.... débordant de promesses. Un vrai type à la Gerbault, quoi!...

C'est la gloire qui bat son plein pour le dessinateur quand on fait de semblables comparaisons, de même que la gloire de l'homme politique atteint son maximum quand on le montre en tête de pipe.

« Quand avez-vous commencé à dessiner ? • demandons-nous à (ierbaull .

— Mais.... toujours! Au lycée, je couvrais mes cahiers de bonshommes et mon intention bien arrêlcc élail de devenir dessinaleur. Comme vous le voyez, je me suis tenu parole. Ne sachant, par exemple, quelle roule je suivrais, quel genre j'adopterais, je lis de consciencieuses études et Iravailhu le nu dans les ateliers des Maîtres durant plusieurs années.

•le vous avoue que je ne le regrette i)as et iiuc cela facilite bien souvent ma tAche. J'eslime qu'il esl indispensalde pour un dessinateur d'avoir travaillé le nu.... même pour faire des petites femmes.

— Alors, vous ne dessinez [las vos gentilles Parisiennes de « chic « ?

— Du tout, je prends toujours un modèle, cela me permet de changer les attitudes de mes personnages et de varier autant que possible. Je donne tant de dessins aux journaux illustrés!

— Et votre modèle esl toujours le même?

— Vous nie dites cela à cause de ma petite femme au nez retroussé?

UN LAUREAT DU CONSERVATOlin;.

avons voulu iloniior iiili'oiivablos aiijoii rd'hiii.

Los Roses de Noël, d'unsigracieiix cU'et, donneront ccrlainomenl au Maîlrp dessinalour l'idée d'un lableau que nous pourrons admirer au pro-

Eh bien, non. Je change souvent de modèle. Oui, je sais, on peut croire le contraire, on peut croire aussi que je reproduis les traits d'une personne aimée. Pas du tout. C'est machinalement que ces yeux, que ce nez, me viennent sous la plume et je ne m'en aperçois souvent qu'une fois le dessin terminé.

D'ailleurs, tous les dessinateurs en sont là.

— Et vous avez beaucoup de pelites femmes à melire sur le papier?

— Mais je ne fais que ça du matin au soir! Tenez, en ce moment, je suis à la campagne. 'Vous croyez peut-être que je me lève de bon matin pour faire des excursions ou aller à bicycleltc... voire même tremper du fd dans l'eau pour essayer d'attraper du poisson? Ilélas! ce bonhemn'est pas le mien. Je ne jouis pas une minute des plaisirs que comporte toute bonne villégialure.

Aussitôt levé, je me mels devant nia labli' cl je d("i<inr! A d'autres les douceurs du fnenierile\

Gerbault fournit, en effet, chaque année, nn nombre incalculabli' de dessins aux grands illustrés, mais il aiu-ait tort de s'en [ilaiudre, car c'est le succès qui veut c<da.

Il est à la iuode. on se l'arrache! Ouoi de plus nalurel?

Son album, (les plus variés, nous monlre qu'il possède une rare souplesse de lalenl.

Avec son Noj/f/c il\n>i(>>ir^e\ sa Feniine if sn tn'delle nous

à nos leclei

de ses jolies aquarelles

chain Salon, peut-être. Quant aux autres pages, elles sont dans le goût du jour et des plus aguichantes. Sans légendes, elles plairaient déjà, mais Gerbault, qui a de l'esprit jusqu'au bout de la plume, a tenu à les souligner d'un mol malicieux.

II a même poussé la coquetterie jusqu'à nous montrer que, quand il faisait " laid ", il restait drôle.

Son Bains de Mères est, en effet, Tliulé d'une bonne bouflfonnerie.

impayable, et La Coupe du roi de

Gerbault nous a dil (pu^ malgré lui, il dessinait souvent la même petite femme, ressemblant en cela aux autres dessinateurs qui, forcément, adoptent un " type".

J'avoue qu'on ne s'en aperçoit guère en feuilletant L'Atbiiu, si différent de faclurc à chaque page.

Si elles se ressemblent, ces froufroutantes Parisiennes, c'est par la joliesse.

Kt |)uis. le succès sourira toujours aux dessinateurs de petilcs femmes

Les femmes, les femmes, il n'y Tant que le monde existera Tant que la terre tournera....

qu ça.

comme on chante en je ne sais plus quelle opérette.

On a pu croire un instant qu'en perdant Grévin elles perdaient Ici lieinlr<> favori (pii de sitôt ne serait pas remplacé.

— \ oye/.-\ ims, ma chère, un lionune qui ne sait pas manf|uer sueel à une feuiuie f'esL |ias nu lioluuie!

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