Existence de Dieu, 2" partie, chap. v
2. Voici le titre exact du livre : Réfutalion d'un nouveau système de métaphysique proposé par le P. M- (Paris, 1715).
dis l ES MAITRES DE LA PENSÉE MODERNE
réalité c'est le vrai spinozisme que Dutertre signale dans Malebranche, tout en évitant de le confondre avec le spinozisme convenu qui avait cours à cette époque. Voici comment s'exprime le P. Dutertre :
« Ce Dieu (le Dieu de Malebranclie), cette idée d'être vague et abstrait renferme toute réalité puisque toute réalité est être ; il renferme tout être particulier existant ou possible, puisque rien n'est en particulier qu'en tant qu'il est un tel être ; il renferme toute perfection puisqu'il est la perfection en général, il renferme tous les esprits, tous les corps, toutes les modalités des esprits et des corps, puisque les esprits, les corps, les modalités des uns et des autres sont des êtres ; il renferme tout, puisque tout se réduit à être et à manière d'être. Mais il renferme toutes ces choses non comme parties actuelles, à l'égard desquelles il soit un tout actuel, ainsi que l'a faussement pensé Spinoza ; mais il les renferme comme parties subjectives, en tant qu'il est genre suprême à l'égard de tout être particulier, de la même manière que l'idée générique du cercle renferme tel ou tel cercle déterminé ^» .
Ce serait sans doute une question de savoir si la substance de Spinoza est la même chose que l'être indéterminé de Malebranche ; mais ce qui est certain, c'est que, dans Spinoza, les êtres contingents ne sont pas du tout les parties actuelles d'un tout actuel, mais beaucoup plutôt les parties subjectives du genre suprême de la substance ou de