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aux fabriques de Pavie; et encore les échantillons que nous en avons vus sont-ils assez pauvres ; le ton général est pâle; le trait est toujours dessiné en manganèse ; les couleurs employées sont le vert pâle, le jaune et le bleu intense. M. le chevalier
Brambilla possède un plat à fruits monté sur un pied, qui porte au centre les armes du couvent franciscain de Santa Croce de Pavie, deux bras croisés sur une croix posée en pal, le tout dessiné en manganèse et teinté de vert clair et de jaune. Le revers d'émail blanc, bordé de bleu, offre au centre rinscription qui précède.
Un autre plat, de forme oblongue et découpé sur les bords, est orné de fleurs dessinées en bleu lapis sur fond blanc. Au centre, dans un cartouche, on lit rinscription :
Santa Chiara est le nom d'un couvent de Pavie. Au revers se voit un monogramme où Ton distingue les lettres F, C^, surmontées d'un signe abréviatif.
Ce sont là les seules pièces que nous puissions attribuer à
I. M. Genolini (planche XXIV, n» 384) attribue à tort cette marque à Ferdinando Maria Campani, de Sienne.
Pavie. Nous aurions vivement désiré rencontrer quelque production authentique de Giorgio Andreoli ou de sa famille antérieure à son émigration à Gubbio; une découverte de ce genre perniettrait de décider si Giorgio importa de Pavie à Gubbio la recette des reflets métalliques, ou si c^est à Gubbio même qu'il inventa cette recette ou l'acheta d'un autre potier; mais en fait de pièces à reflets nous n'en avons trouvé qu'une, qui n^est même pas de M® Giorgio lui-même, mais seulement -de son école ; c'est un petit plat sur l'ombilic duquel est représenté un saint Sébastien ; le bord est orné d'espèces d'oves dessinés en bleu et rehaussés de jaune et de rouge métallique; au revers se voit la marque N en jaune métallique, et quatre de ces signes en forme de G, en rouge métallique également, que l'on rencontre sur presque tous les produits sortis de l'atelier de Gubbio. Sur le bord on lit la date i53i. Ce n'est, on le voit, qu'une pièce fort ordinaire. (Musée municipal.)
Il nous re^te encore quelques pièces à signaler. Nous placerons en première ligne un grand plat, dont le bord est orné de génies, de satyres et de trophées polychromes dans le goût de Castel Durante. Au centre du plat se voit une composition à nombreux personnages, représentant, croyons-nous, les vestales allant au-devant de Coriolan; cette scène est traitée en grisailles et se détache sur un fond d'architecture; les vêtements des personnages sont bordés d'or, tout à fait comme dans les produits de Castelli. Faut -il attribuer cette pièce, dont le dessin et l'émail sont également beaux et qui date du milieu du xvi® siècle, à Urbino ou à Castel Durante ou à Pesaro ? Nous n'osons nous prononcer, n'ayant pu voir le revers qui est caché par une disgracieuse monture. Toutefois, nous pensons qu'on ne peut hésiter qu'entre l'une de ces fabriques. Nous pencherions même à l'attribuer à Pesaro, car on sait qu'en i567, un potier de cette ville, Jacomo Lanfranco, reçut de Guid' Ubaldo un privilège pour la fabrication de la poterie décorée d'or, oro vero. Dans ce cas, cette pièce serait
le second exemple connu de cette fabrication; l'autre se trouve au South Kensington Muséum. (Catalogue, page 174.)
A Urbino et à l'atelier de Nicolas, nous attribuerons une plaque sur laquelle est représentée la Cène; on y retrouve et le dessin raphaélesque et Textrême douceur du ton qui caractérise'les œuvres du maître. Ajoutons que le dessin est excellent, ce qui ne gâte jamais rien, même quand il s'agit de majoliques, productions dans lesquelles il est extrêmement rare de rencontrer cette qualité.
Il ne nous reste avant de quitter Pavie qu'à dire deux mots de quelques majoliques de Venise, toutes de la décadence, et de quelques poteries qui sont incrustées dans les façades des belles et anciennes églises de cette ville. M. le chevalier Brambilla possède une réplique du plat de Venise n'> G. 593 du musée du Louvre. Ce plat ovale et à reliefs représente des enfants jouant avec une chèvre; dans le plat du Louvre toute la composition , y compris les mascarons qui ornent le bord, est traitée en bleu; dans celui que possède M. le chevalier Brambilla, les enfants se détachent sur un fond de paysage et de fabriques traité en jaune et en manganèse. Les mêmes teintes se retrouvent sur un autre plat de forme ovale et à reliefs, que possède le Musée municipal. De grandes fleurs bleues sur fond de manganèse ornent les bords, et au centre du plat est représentée une femme couronnée personnifiant la république de Venise, assise sur un trône placé sous un baldaquin, qui reçoit une lettre que lui remet un personnage vêtu d'un long manteau ; au second plan se voient quelques hommes armés ; toute la composition, de dessin médiocre, est traitée en bleu sur un fond jaune ; le baldaquin est teinté de vert sombre ; sur le revers d'émail bleuâtre sont dessinés en manganèse quelques zigzags, qui, pour les produits de cette fabrique vénitienne, remarquables seulement par leur légèreté et leur sonorité presque métallique, équivalent à une signature. Ces mêmes zigzags se voient au
revers d'une assiette sur laquelle est dessiné en bleu pâle un cœur percé d'une flèche placé au-dessus d'une lour, et sur un plat ovale à reliefs au fond duquel se trouve un paysage traité en jaune, vert, bleu et manganèse (Collection de M. Reale).
A Venise et au xviii« siècle nous attribuerons aussi une plaque de la collection Brambilla représentant l'Assomption. La bordure en relief est traitée dans le style rococo. Le sujet dessiné en manganèse est lavé de violet , de bleu et de jaune clair. Sur le revers d'émail blanc, au-dessous du monogramme AF', se voit la marque connue de Venise, composée de deux palmes entourant une croix de Malte et une couronne ouverte, £a finissant, notons un plat d'Urbino, de la fin du xvi* siècle
et de l'école d'Alfonso Patanazzi, que possède M. le chevalier Brambilla. Au centre, deux génies soutiennent un écusson ; tout autour sont rangés symécriquemenl des grotesques et des camaïeux. Les tons jaunes et bleu clair dominent dans cette pièce, dont le plat n" G, 429 du musée du Louvre peut donner une idée très juste. Au revers se voit une marque dessinée en