Ophiobolus graminis
Sacc. Reliq. Lib. II, n. 143.
(Maladie du pied du blé.) Synonymie. Rhphidospora graminis. Sacc. Fungi. Venet. II.
L'Ophioholus graminis présente beaucoup d'analogies avec Tespèce précédente dans ses formes et dans ses effets. Ce champignon fut trouvé par M. Prillieux sur bien des points dans le département de Seine-et Oise, envahissant les o-randes cultures de blé. Ses caractères extérieurs sont presque les mêmes que ceux de YO. herpotrichus . Les entre-nœuds inférieurs des pailles attaquées, quand on les a dépouillés des gaines desséchées et grisâtres qui les couvrent, portent des plaques brunes plus ou moins étendues, et de plus on voit sur les parties dont la couleur n'a pas été altérée de petits points noirs trop tenus. On constate que non seulement Tépiderme et les tissus sousjacents correspondant aux plaques noires, mais encore les parties profondes sont altérées et brunies et, de plus, que tous ces tissus sont envahis par le mycélium d'un champignon, dont les filaments traversent les parois brunies des cellules et se ramifient à l'intérieur.
Ainsi que l'espèce précédente, V Ophioholiis graminis ne fructifie que sur les chaumes desséchés et morts. M. Prillieux rapporte n'avoir obtenu la fructification des échantillons récoltés à la moisson qu'au mois de janvier suivant.
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Les pêrithcces de cette espèce sont f]flabres, globuleux, urounés dans l'intérieur du chaume ou enfoncés à moitié et colorés en noir; leur ostiole possède une forme conique tronquée et leurs dimensions varient de 1/2 à 3/4 de mm. Les asi/nes que ces périthèces renferment sont oblongs presque en massue ; ils sont moins grands que dans l'autre espèce, et ne mesurent que 80 à 90 a de longueur sur 12 à 13 [JL de largeur; ils ne sont pas accompagnés de paraphy- ?es. Leurs sporidies possèdent aussi la forme de longs bâtonnets hyalins, quelque peu courbés, parsemés de plusieurs gouttes d'huile (10 à 30), et mesurant 70 à 75 [j. de long sur 3 y. de large.
On voit donc que malgré leurs analogies ces deux espèces présentent des caractères spécifiques très distincts.
h'Ophiohohis graminis a encore été observé sur le chiendent i Cynodon) et d'autres mauvaises graminées (Agropyri).
La maladie du pied da hlè, qu'elle soit produite par l'une ou par l'autre des espèces décrites, a ceci de caractéristique, d'attaquer la partie la plus basse (le pied) du plant, et de ne fructifier qu'en hiver sur les chaumes restés dans les champs. Ce fait rend la maladie particulièrement grave. Si on emploie, en effet, ces chaumes comme litière, on risque d'apporter dans les champs, avec le fumier, les organes propagateurs du champignon dans les meilleures conditions pour leur développement. Néan-
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moins on oppose un obstacle efficace à cette propagation en détruisant les chaumes par le feu, aussitôt après la la récolte, quand les périthèces n'y sont pas encore formés. Toutefois il ne faut pas oublier que de mauvaises gTaminées abritent aussi ce parasite, et peuvent servir de foyer de propagation à cette maladie. La destruction des mauvaises graminées doit donc être tout spécialement recommandée comme moyen de prévention.
D. Genre Dilophia.
Sa'.c.
Dilophia graminis.
Sacc. Syllog. Fung II, pag. 317.
Synonymie. 1829. — Saephria Alopecuri. Pries.
1840. — Dilophospora graminis. DqsvolAz. Ann. Se.
Nat.
1861. — Dilophospora Holei Fuckel.
1869. — Dilophospora graminis. Fckl. Symh.
mycol. p. 130.
1852. — Mastigosporum album V6-G?,\..\n Y vesenms,
Beitrxge zur Mykolog.
— Monothecium album. Libert, n^ 588.
Ce champignon fut décrit la première fois par Pries, qui l'avait trouvé dans Touest de la France, sur VAlopecarus agrestis. En Allemagne on ne Fa trouvé que sur des graminées sauvages ; en 1862 Berkeley vit le champignon sur les épis d'un champ de blé près de Southampton (Angleterre) ; un quart des épis n'avait pas donné de grains^
DlLtU'IllA GUAMINIS. '23U
et les meilleurs n'avaient que deux à trois grains mal développés ; ses elîets se faisaient ressentir jusqu'aux ylumes. Le cycle complet cependant que parcourt son développement n"a été décrit qu'en 1870 par M. Fuckel.
Les jeunes feuilles, avant même la lloraison de lépi, présentent par points isolés une teinte blanchâtre qui tranche de plus en plus sur le vert foncé du parenchvme. Ces taches se distiniruent encore mieux lorsque se montrent en regard les touffes blanches des fructifications. Ces cdlorescenccs sont dues aux stipes conidiophores du champignon, désignés d'abord par Riest sous le nom de mastifjosporium filhinu. Ces stipes produisent à leur extrémité des conidies qui propagent le parasite pendant l'été. Avec ces conidies finit aussi la vie parasitaire du champignon. La forme pycnidique, en effet, qui succède à la forme conidiophore n'apparaît sur les mêmes taches que bien avant dans l'été, quand les chaumes sont déjà desséchés. Cette forme a été décrite par Desmazières sous le nom de Dilophospora graminis et publiée dans les Annales des sciences natarelles. Ces pycnides renferment de nombreuses stylospores dont le sort n'a pas été suivi. Enfin, le printemps suivant, sur ces mêmes feuilles attaquées et pourries le champignon clôt le cycle de son développement par la formation des périthèces à asques allongés, mesurant 80 sur 8 u. et renfermant des sporidies filiformes : 72 sur 3 >x.
Ce parasite a été observé en France sur le seigle et le
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blé. Le seul remède dans le cas d'une invasion consisterait à enlever soigneusement, au début delà maladie, toutes les plantes malades, et pour la grande culture, à brûler les chaumes, après la moisson. Mais comme la même espèce se développe aussi sur YAlopecuras agrestis, VHolcus lanatus, le Festuca, ovina, le Dactylis glomerata, on ne saurait trop attirer l'attention des cultivateurs sur la destruction de ces plantes.