‹ Les maladies cryptogamiques des plantes cultivesChapitre 47 sur 57 · POIRKIUIKOIT BLA\C «ES RACINES DE I.A VIG^E ET I>ES ARBKE!^ FRIITIERS · texte numérisé non relu

POIRKIUIKOIT BLA\C «ES RACINES DE I.A VIG^E ET I>ES ARBKE!^ FRIITIERS

Demaiophora necatrix. Hart.

Ce champignon occasionne une maladie très analogue, par ses caractèi'es extérieurs, à celle' que produit l'Agaric miellé.

Il forme, sur les racines de la Vigne, du Poirier et du Pommier, des plaques blanches d'où émanent des cordons de même couleur, des rhizomorphcs qui s'étendent dans le sol, à la recherche de nouvelles victimes.

Les individus atteints périssent rapidement sans que l'on puisse rien pour entraver la marche du parasite .

Pour empêcher la propagation de ce dangereux champignon, il faut extirper les arbres atteints,. ( n veillant à ne laisser dans le sol aucun fragment de racine et surtout aucun rhizomorphe ; on brûle le tout sur place et l'on entoure d'un fossé la place contaminée.

Malheureusement le Donaiophora produit sur les arbres des spore s externes ou conidies dont la dissémination constitue unemenacepermaneuted'infection pour les plantes exposées à ses ravages.

Fig. 3fi.

Socctae de Vigne tuée par le pounidié.

/7. Rhizomorphes ou cordons mycéliens du champignon.

Discomycètes.

MALADIEIS DUES AUX SCLEROTIlflA.

Sderotinla, Fac\eUana De B iry et Sel. Liberticma Fuek.

Deux Discomycètes très voisins, les Sderotinla Fuckeliana et Libertiana qui ne diffèrent entre elles que par quelques caractèrei secondaiies, causent des dommages importants à toute une série de plantes cultivées.

Comme on ne connaît pas encore bien aujourd'hui, pour tous les cas, la part qui revient à chacun d'eux, dans ces affections, nous les étudierons ensemble en prenant pour type le plus répaivla, la Sclerotinia Ftickcliana.

C'est un champignon extrêmement commun, capable de se développer dans les conditions les plus variées, aussi bien en parasite qu'en saprophyte.

On le rencontre ordinairement sous l'aspect d'une moisissure d'un gris cendré, sur les plantes mortes, les fruits placés dans une atmosphère humide.

A cet état conidien, le champignon est formé d'un mycélium répandu dans le milieu nutritif, sur lequel s'élèvent des filaments grisâtres terminés à leur sommet par une grappe de spores (fig. aO, A). Sous cette forme, le cliampignon est plus communément " connu sous le nom de Botrytis cincrea (cendré) qui rappelle à la fois sa couleur et sa fructification caractéristiques. Cette forme conidienne n'existe pas chez la Sderoiinia Liberticma.

Lorsque le Botrytis s'est abondamment multiplié, il produit des tuber- 0 ules de conservation, des sclérotes.

Pour cela, les filaments mycéliens s'entrelacent tout en se ramiliant abondamment et arrivent à constituer une masse solide dont les dimensions et la forme sont très variables. La membrane est noire, rugueuse; l'intérieur est d'un blanc pur.

Sous la forme sclérotique, le champignon peut se conserver tiès longtemps à l'état de vie latente et supporter la dessiccation la plus complète.

Mais si l'on vient à le placer dans des conditions favorables, dans du sable frais, par exemple, la sclérote se réveille et donne naissance à la fructification caractéristique et détlnitive du champignon. Ce sont de petits •disques pédicellés qui se creusent en coupe et sont colorés en brun foncé (%. .36, B). Une tranche mince, examinée au microscope, montre que la zone la plus externe de la petite coupe présente^ serrés les uns contre les autres.

Fig. 39.

Type de Sclcroùnia.

A. Filaments et conidies de lii.irytis.

B. Germination de sclérotes ( ') et production des disques [b).

dosasqucs renfermant 8 spores capables do germer et de reproduire 1» Botri/tis.

La Sderotinia FucMiana peut se développer ainsi, en saprophyte, sur les substances organiques les plus diverses, dans l'humus, le fumier, la terre riche des couches de semis, etc.

Dans certaines conditions qui ne sont pas encore bien déterminées aujourd'hui, elle devient parasite et s'attaque à des plantes vivantes, extrêmement diverses.

Étant très répandue partout, pouvant se nourrir en saprophyte aux dépens des matières organiques du sol, elle constitue un danger permanent pour une foule de nos plantes cultivées. Dès que la vitalité do ces dernières se trouve diminuée pour une cause quelconque (humidité trop forte, nutrition insuffisante ou mal pondérée ), leur force de résistance aux parasites faiblit et elles sont envahies par la Sderotinia.

On peut dire d'autre part, que la présence, dans le sol, d'une grande quantité de matière organique favorise aussi le passage du champignon à l'état parasitaire.

Ces deux considérations devront servir de base aux mesures à prendre contre les maladies, dues aussi bien à la Sder. Fuckeliana qu'à celles -qui reconnaissent pour agent la Sder. Libertiana, dont le mode de nutrition est identique.

Étudions maintenant les principales affections qu'occasionnent les deux champignons chez nos plantes cultivées.

Maladie sclérotique de la Pomme de terre, du Colza, etc.

Sderotinia Libertiana Fuck.

Chez la Pomme de terre, apparaît, à la partie inférieure des tiges, une tache jaune, qui s'étend et entraîne le llétrissement et la dessiccation de la plante entière. Lorsque les touffes sont un peu serrées, le collet se couvre de gazonnements cendrés. 11 se forme bientôt, à la même place, des sclérotes, d'abord grisâtres, puis noirs, souvent aplatis et appliqués sur la tige; l'intérieur de cette dernière en est souvent entièrement farci jusqu'à une certaine hauteur. Ces sclérotes deviennent libres par la putréfaction de la plante, germent ordinairement l'année suivante, en donnant des disques dont les spores servent à l'infection d'une nouvelle génération de plantes.

Sur la Betterave, les Choux, le Colza, le Navet, la Chicorée, les caractères de la maladie sont analogues : noircissement de la base de la tige qui se couvre de sclérotes, flétrissement de la plante entière.

Des cultures serrées, où la lumière pénètre mal, et où l'humidité se conserve, un sol riche, abondamment fumé à l'engrais de ferme, une saison chaude et humide, favorisent beaucoup cette maladie.

Dans les cultures atteintes, ou remplacera donc avantageusement le*

engrais organiques par les engrais minéraux ( pliospliates, nitrates ). L'introduction, dans le sol, de chaux qui active la transformation de l'humus on matières minérales, la nitrification, donne aussi de bon:> résultats.

Dans ces derniers temps, on a préconisé l'arrosage à l'aide d'une solution faible ( 1 °/o ) de sulfate de cuivre. Ce remède, qui parait efficace,, ne peut être naturellement mis en œuvre que dans la petite culture.

Le Grand-Soleil et le Topinambour succombent parfois rapidement aux attaques de la Scier. Libertiana. On voit apparaître, au mois de juillet ou en août, à la base des tiges adultes, iin mycélium d'un blanc de neige qui s'élève tant extérieurement qu'intérieurement jusqu'à une hauteur de 50 à 75 centimètres ; bientôt se forment des sclérotes noirs, volumineux, appliqués sur la tige ou logés dans la moelle interne. Les feuilles se fanent et la plante meurt ; la l'écolte en tubercules est presque nulle.

Beaucoup de Composées des jardins, les Reines-iMarguerites, les Zinnias, etc., souffrent également de la même maladie qu'il faut combattre comme il a été dit plus haut, à propos de la Pomme de terre.

La Scier. Fuckeliana attaque fréquemment différentes plantes bulbeuses, Jacinthes, Orchidées, Oignons etc. dont elle provoque la pourriture. Elle donne aussi naissance, sous sa forme conidienne, aux deux maladies suivantes.

La Toile.

BotryHs cinerea Pers.

La toile est une affection qui apparaît surtout dans les couches de semis. Les jeunes plantules jaunissent et pourrissent, " fondent „ comme disent les horticulteurs; à la surface du terreau, on observe une trame plus ou moins épaisse, formée de filaments qui ont agglutiné des particules terreuses. Ce myc^ium appartient au Botrytis cinerea, dont on observe fréquemment les fructifications sur les plantes tuées.

Cette maladie est souvent désastreuse dans les châssis de repiquage où elle détruit les plantules des espèces les plus diverses.

Fréquemment, le renouvellement complet de la terre des couches ne suffit pas pour la faire disparaître, soit que les germes s'en conservent dans les coins, les fissures, soit que le terreau neuf ou l'air les y rapportent.

On a réussi à se préserver de la maladie en arrosant le sol des couches avec une solution de sulfate de cuivre, d'une dilution telle qu'elle ne nuise pas <\ la végétation (1 à 2 "(o).

Le Boirytis attaque fréquemment aussi des jeunes semis, plus rarement des boutures, placées sous cloche, qu'il recouvre de ses fructifications et fait mourir. L'aspersion, à l'aide de la solution précitée, donne,, dans ce cas, les meilleurs résultats.

Taches rouge brun des feuilles de la Vigne. BotryVts cinerea Perd.

Il arrive que, dans le^ serres, les feuilles inférieures de la Vigne se rouvrent de grandes taches jaunes ou rouges, visibles sur les deux faces.

Cet accident a souvent la cause suivante:

Les gouttelettes d'eau condensées, pendant la nuit, sur les feuilles supérieures, tombent sur les inférieures, provoquent, par leur évaporation, un froid intense qui mortifie les tissus et diminue leur résistance aux parasites.

Le Botrytis germe dans Thumidité et enfonce ses filaments dans le parenchyme foliaire affaibli et le désorganise.

Pour éviter ce mal, il convient de secouer, le matin, les vignes, de .façon à faire tomber par terre les gouttelettes d'eau de condensation

Chancre ou Pourriture du Trèfle.

Sclerotinia TrifoUoriim Eriks.

Un champignon analogue au précédent donne lieu à la redoutable ■affection connue sous le nom de chancre ou sclérote du Trèfle.

C'est au printemps, lorsque les trèfles se mettent à pousser, que la maladie se montre de la façon la plus ostensible, les plantes atteintes, fanées, faisant bientôt tache au milieu des autres verdies.

Les feuilles des individus attaqués se piquent de taches noires q\ii s'étendent rapidement, elles se fanent et se dessèchent. Au collet, se montrent un mycélium blanc et des corpuscules noirs ou sclérotes. Ces derniers sont surtout abondants à la base pourrissante des vieilles tiges et des racines principales.

Le mycélium du champignon est réparti dans tontes les parties du végétal, dans les tiges aussi bien que dans le parenchyme des feuilles qu'il désorganise.

Les sclérotes deviennent libres, par suite de la décomposition de la plante; ils se conservent, dans le sol, et donnent lieu, en aoilt, à la fructification ascosporée du champignon, très semblable à celle de la Sclerotinia Fuckeliana.

Les ascospores produites servent à la dissémination du parasite.

Cette maladie est très préjudiciable non seulement aux différents Trèfles, mais encore au Sainfoin et à diverses autres légumineuses.

Ce que l'on désigne souvent, dans nos régions, par fatigue du Trèfle, ne serait-il pas fréquemment dû à l'invasion de ce parasite?

La maladie n'apparaît que sur des trèfles de deux ou trois ans.

Un pâturage ou une coupe tardive, à l'automne, en favorisent beaucoup l' apparition, probablement en occasionnant des lésions qui donnent accès

îvu parasite. Un temps humide au printemps prédispose également à cetto •affection.

Traitement.

Lorsqu'un trèfle est fortement envalii par le chancre, le mieux est de le rompre et de semer une graminée fourragère ou une céréale.

Au surplus, on ne dispose d'aucun moyen direct d'entraver le développement de la maladie.

CHANCRE DU WÉI^ÈZE.

Dasyscypha calycina (Schum.) Fuck.

Dans les vallées et les endroits humides, la culture du Mélèze, en massifs purs, est très souvent compromise par l'apparition d'une maladie due à un Discomycôte analogue aux précédents : le Dasyscypha calycina.

C'est dans les jeunes plantations de moins de 15 ans, qu'apparaît d'ordinaire la maladie qui se décèle par les symptômes suivants :

Les feuilles de certaines branches, voire même de la flèche, jaunissent; <eu dessous des parties ainsi atteintes, on observe un écoulement abondant «de résine qui exsude de l'écorce épaissie et crevassée. Sur les bords de ce chancre, se développent, à la fin de l'été, de petites coupes orangées, fructifications du champignon.

La face du tronc opposée au chancre continuant à s'accroître, les arbres atteints présentent des difformités, des renflements unilatéraux, des torsions, etc.

Cette maladie sévit surtout dans les endroits humides peu appropriés d'ailleurs à la culture du Mélèze. Les massifs mélangés (Mélèze et essences feuillues) y sont beaucoup moins exposés.

Comme mesures à prendre pour empêcher l'extension du mal, il convient de signaler l'enlèvement et la destruction des individus malades et des branches chancreuses sur les arbres dont la flèche est encore saine- ■et qui peuvent encore continuer à croître.

On aura soin aussi de n'établir de nouveaux peuplements de Mélèzes •que loin des forêts ravagées par le parasite.

]¥OIR DES FEÏJILI.ES Dr TREFI.E.

Psendo-Peziza Trifolii (Biv. Bernh.) Fuck.

Cette maladie se manifeste par l'apparition, sur les feuilles, de taches noires, irrégulières, de dimensions variables. Lorsqu'elle sévit avec intensité

les fouilles atteintes se dessèchent complètement et le tort causé peut ôtre considérable.

On ue connaît à l'heure actuelle aucun remède spécifique contre cette affection. La Luzerne est atteinte d'une maladie presque identique.

Eœoascus Pruni Fuck.

La lèpre du Prunier est caractérisée par le développement anormal et monstrueux dos fruits. Dès avril ou mai, les jeunes prunes se déforment^ se transforment en poches, de dimensions et d'aspect très divers, tantôt allongées et aplaties à la façon d'une gousse, plus fréquemment oblongues et plus ou moins incurvées. Leur surface est jaune-verdâtre, rugueuse et irrégulièrement plissée (flg. 40).

Après quelque temps, leur coloration se modifie, elles se couvrent d'une efflorescence blanche qui devient jaune, puis brun-foncé.

Les poches tombent alors sur le sol où rapidement elles pourrissent.

Fig. 40. Une coupe, faite à travers une de ces productions,,

Eameau de Pru- , , , , .^,

nier portant des moutre que le noyau y est i-eraplace par i;ne cavité ia"îèpre^°""^*^*'^ occupée en partie par le mycélium du champignon.

Ces déformations sont dues à la présence, dans les jeunes fruits, du mycélium de l'Exoasciis Pruni, qui s'y multiplie. Au moment de la fructification, les filaments rampant sous l'épiderme produisent, h travers celui-ci, d'innombrables rameaux courts, dressés, dont l'extrémité s'isole par une cloison et constitue l'asque oii se forment les spores (flg. 41).

Ces spores, mises en liberté par une ouverture qui se

forme au sommet de l'asque sont disséminées par les vents

et les insectes. La maladie s'attaque aussi aux jeunes

pousses et parfois aux feuilles; il parait établi que le raycé-

,,..,. lium du champignon peut se conserver vivant et hiverner

jtlMJIl^vU, dans les rameaux qui ont porté les poches.

Pour éviter la réapparition de la maladie, il faut donc enlever, non seulement les poches avant l'apparition des fructifications, mais encore le jeune bois qui lesporte.

Fig. 41.

Asques et spores du champignon de la lèpre.

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