‹ Les Maladies de l'oreille et leur traitement, par le Dr Arthur Hartmann,... Ouvrage traduit sur la 4e édition (1889) et annoté par le Dr PotiquetChapitre 21 sur 57 · Vertige auriculaire · texte numérisé non relu

Vertige auriculaire

Des symptômes vertigineux et des troubles de l'équilibre peuvent venir compliquer les maladies de l’oreiüe les plus diverses. Règle générale, ces manifestations morbides sont associées à

. (1) Zur Enstehung und Behcmdlung der subjektiven Gehœrsempfindtinoen. Berlin, 1884.

(1) En somme, des psychoses peuvent être provoquées par diverses maladies d’oreille, surtout chez des sujets prédisposés aux affections mentales. Que l’on remédie à la cause originelle de l’affection auriculaire, et la guérison •de la psychose peut aussi s’ensuivre.

SYMPTOMATOLOGIE.

des bourdonnements, à des tintements d’oreille, à des envies de vomir ou à des vomissements réels.

Plusieurs observations touchant l’oreille saine et l’oreille malade sont importantes à connaître pour qu’on puisse juger ces phénomènes vertigineux.

1. D’après les recherches de Schmidekam et de Hensen, une colonne d’eau froide venant peser sur la membrane du tympan peut provoquer du vertige, des nausées et des vomissements; si l’on se sert d’eau chaude, ou si 1a. pression est exercée par une colonne d’air, ces signes ne se produisent pas.

Il survient également des vertiges lorsque, ainsi qu’il a été dit plus haut, on emploie pour injecter l’oreille de l’eau qui n’est pas assez chaude.

2. Des corps étrangers, des bouchons de cérumen reposant sur la membrane du tympan ou sur les parois de la caisse, peuvent provoquer des symptômes vertigineux. Urbantschitsch cite un cas dans lequel il provoquait une sorte de mouvement de culbute et un embarras de la tête, lorsqu’il touchait avec le stylet, même légèrement, des productions polypeuses siégeant au voisinage de la fenêtre ovale. Les symptômes vertigineux que fait naître une pression exercée sur l’étrier sont d’observation fréquente.

3. Schmidekam a observé le premier qu’un son puissant de sirène agissant sur l’organe de l’ouïe amène du vertige, des envies de vomir et des chants dans l’oreille. On observe le même fait avec d’autres impressions sonores, lors d’un coup de fusil, par exemple.

4. Il résulte d’un grand nombre d’expériences instituées, à l’exemple de Flourens, sur la fonction des canaux semi-circulaires, que la section de ces canaux chez les animaux, les pigeons en particulier, amène des troubles de l’équilibre. On observe des mouvements de la tête qui varient suivant que tel ou tel canal a été sectionné; en outre, les deux yeux sont affectés de nystagmus. Ces symptômes ne se produisent pas lorsque les canaux osseux sont seuls mis à nu, sans qu’il y ait ouverture des canaux membraneux. Goltz tire de ces expériences cette conclusion que « l’oreille interne doit contenir encore des expansions terminales d’un nerf capable, en propageant l’excitation au cerveau, de donner lieu à une sensation de vertige. »

3. Les troubles de l’équilibre et les vertiges les plus violents

66 SYMPTOMATOLOGIE.

sont causés chez l’homme par les blessures du labyrinthe. J'ai eu l’occasion d’observer une blessure de cette nature exempte de toute autre complication. Une malade s’enfonce avec une grande force une aiguille à tricoter au niveau du bord postérosupérieur de la membrane, dans la région de la fenêtre ovale;, aussitôt elle tombe à terre et on doit la porter sur son lit. A chacun de ses mouvements survient un vertige des plus violents; il y a de plus des vomissements incoercibles, des bruits subjectifs voilents avec une surdité de gravité moyenne. Ces symptômes persistèrent environ deux jours avec toute cette intensité, pour s’améliorer ensuite peu à peu.

Le centre du maintien de l’équilibre siégeant chez l’homme dans le cervelet, on doit admettre avec Goltz, en se fondant sur les expériences citées plus haut, qu’il y a dans l’oreille, dans le labyrinthe en particulier, des nerfs dont l’excitation provoque par voie réflexe les troubles de l’équilibre et le vertige, les aausées et les vomissements. Pour plus de simplicité, nous désignons ces symptômes vertigineux sous le nom de vertiges réflexes.

Baginski, se fondant sur des expériences pratiquées sur des animaux, se croit autorisé à concevoir les manifestations vertigineuses comme dues à une excitation directe du cerveau ; elles seraient provoquées par la pression exercée sur le liquide labyrinthique qui pénétrerait dans la cavité crânienne par l’aqueduc du limaçon. Lucæ, qui a vu le vertige succéder à une pression exercée sur l’étrier, se range à cet avis.

Quand on songe combien petite est la surface de la platine de l’étrier (i millim. 5 sur 3 millim.), combien faibles sont ses excursions (1/10 de millimètre d’après Helmholtz), quand de plus on pense que le liquide du labyrinthe peut fuir dans plusieurs directions, qu’avant d’arriver au contact de la surface du cerveau, il lui faut parcourir des conduits capillaires, les aqueducs, on aura grand’peine à regarder comme possible qu’une siminime quantité de liquide, parvenant peutêtre bien par cette voie dans la cavité crânienne, soit en état d’exercer une irritation sur la surface du cerveau.

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