Maudsley, Physiologie de l'esprit, trad. Herzen, p
2. J. Paget. Lectures on surgical Pathology, t. 1. p. 52. Voir iissi Maudsley, ouv. cité, p. 477-478.
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et de leurs perpétuels changements. Une seconde vie de leur complexité : la reproduction, en effet, ne c pend pas seulement de la circulation générale; elle ( pend aussi de la circulatioji.partic.ulière du cerveau, (œ il est vraisemblable qu’il y a, même dans celle-ci, c variations locales qui ont une grande influence, n’est pas tout : il y a à tenir compte de la qualité du sa tout aussi bien que de sa quantité.
Il est impossible de déterminer, même grossièremc le rôle de chacun de ces facteurs dans le mécanisi de la reproduction. Nous devons nous borner à fa voir que la circulation et la reproduction présente des variations corrélatives. Voici les principaux fa qu’on peut donner à l’appui :
fièvre, à ses divers degrés, s’accompagne d’u suractivité cérébrale. La mémoire y participe pour u bonne part. Nous avons même vu jusqu’à quel po d’excitation surprenante elle peut atteindre. On s que dans la fièvre la rapidité de la circulation excessive, que le sang est altéré, qu’il est chargé d’é|É : ments provenant d’une dénutrition trop rapide, d’i^jj, travail de combustion exagéré. Nous trouvons donc une variation en qualité et en quantité qui se traddi par une hypermnésie. k»
Même en dehors de l’état de fièvre, « des impressic^j triviales, qui n’ont offert aucun intérêt, survivent sA vent dans la mémoire, quand des impressions bien p importantes ou imposantes ont disparu. En consi» rant les circonstances, on trouvera souvent que isl impressions ont été reçues quand l’énergie était isf élevée, quand l’exercice, le plaisir, ou l’un et l’au^|^ avaient grandement augmenté faction du. cœur romanciers ont noté comme un trait de la nature
CONCLUSION
naine que, dans les moments où une forte émotion a ixcité la circulation à un degré exceptionnel, les grouoes de sensations causées par les objets environnants leuvent être ravivés avec une grande clarté, souvent nême en traversant la vie tout entière K » Remarquons encore combien la reproduction est acile et rapide dans cette période de la vie où le sang st poussé en courants rapides et abondants, combien ■lie devient lente et difficile quand f^ge ralentit la irculation. Nous pouvons noter aussi que chez le vieilàrd la composition du sang a changé, qu’il est moins l'che en globules et en albumine.
Chez les personnes épuisées par une longue maladie, a mémoire s’affaiblit avec la circulation. « Les sujets rès nerveux, chez qui l’action du cœur a grandement iaissé se plaignent habituellement de perte de la méîoire.... symptôme qui diminue à mesure que le degré ormal de la circulation revient »
Il y a exaltation de la mémoire, quand la circulation été modifiée par des gtimulants} tels que le hachich, opium, etc., qui excitenT'le système^ nerveux avant ’amener un état final de dépression. D’autres agents lérapeutiques produisent un effet contraire, par exemle le brpmura de potassium, dont l’action est séd ati ve, ypnotique, et qui, pris à forte dose, produit un ralenssement de la circulation. Un prédicateur fut obligé en interrompre l’usage : il avait presque perdu Ig 'émoire; elle revint dès qu’il cessa le traitement.
!De tous ces faits ressort une conclusion générale : îxercice normal de la mémoire suppose une circula-
1. Herbert Spencer, Principes de psychotooie, t. I, p. 239. i. Ibid.,p.Ul.
LlîS MALADIES DE LA MEMOIRE
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tion active et un sang riche en matériaux nécessairefft pour l’intégration et la désintégration. Dès que celt activité s’exagère, il y a tendance vers l’excitatio morbide; dès qu’elle s’abaisse, il y a tendance ver l’amnésie. Il est impossible de préciser davantage san entrer dans l’hypothèse pure. Pourquoi, de préférenc à toute autre, telle catégorie de souvenirs est-elle ra vivée ou abolie? Nous n’en savons rien. Il y a tan#®* d’imprévu dans chaque cas particulier d’amnésie e d’hypermnésie qu’il serait chimérique d’essayer un explication. Il est probable que ce sont des modilîca tions organiques très fugitives, des causes infmitési
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males, qui font que, seule entre toutes, telle série es évoquée ou reste sourde à l’appel. Qu’un seul élé-i ment nerveux se mette en branle ou reste paralysé cela suffit : le mécanisme bien connu de l'associatior explique le reste. Quelques physiologistes ont émii l’opinion que les lapsus limités et temporaires de lémémoire sont dus à des modifications locales et transU J toires dans le calibre des artères, sous l’influence des vaso-moteurs. Ils en ont donné pour raison que le retour est brusque, qu’il est causé d’ordinaire par une' émotion, et que les émotions exercent une influence particulière sur le système nerveux vaso-moteur.
Dans ces cas de perte complète de la mémoire, dont nous avons donné plusieurs exemples, le retour dépend 4" de la circulation et de la nutrition. Est-il brusque (ce i qui est rare), l’hypothèse la plus probable est celle d’un f arrêt de fonction, d’un état « d’inhibition » qui cesse tout d’un coup : ce problème est l’un des plus obscurs de la physiologie nerveuse. '
S’il résulte d"une rééducation (ce qui est l’ordinaire),
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le rôle capital paraît dévolu à la nutrition. La rapidité *
CONCLUSION
■vec laquelle on rapprend montre que tout n’était pas lerdu. Les cellules ont pu être atrophiées: mais si ;;urs noyaux (considérés en général comme leurs oranes reproducteurs) donnent naissance à d’autres iellules, les bases de la mémoire sont par là même [îtablies : les cellules-filles ressemblent aux celluleslières, en vertu de cette tendance de tout organisme à jiaintenir son type et de toute modification acquise à 'evenir une modification transmise; la mémoire n’est lans ce cas qu’une forme de l’hérédité *.
En résumé, la mémoire est une fonction générale U système nerveux. Elle a pour base la propriété u’ont les éléments de conserver une modification teçue et de former des associations. Ces .associatioi^, ésultat de l’expérience, nous les avons appelées dyna- .liques, pour les distinguer des associations natürëTle's U anatomiques. La conservation est assurée par lanu- •ition, qui fixe sans cesse parce qu’elle renouvelle sans jîsse. La puissance reproductive nous a paru dépendre irtout de la circulation.
Conserver et reproduire : tout l’essentiel de la méloire est ainsi rattaché aux conditions fondamentales e la vie. Le reste — conscience, localisation exacte es souvenirs dans le passé — n’est qu’un perfectionement. La mémoire psychique n’est que la forme la lus haute et la plus complexe de la mémoire. S’y
1. Pour plus de détails sur ce point, voir dans le Brain Parîle cité plus haut.
confiner, comme la plupart des psychologues, c’est se condamner d’avance à ne tourmenter que des abstractions.
Ces préliminaires établis, nous avons classé et décrit les maladies de la mémoire ; et, comme une observation bien faite vaut toujours mieux qu une description générale, comme elle est plus instructive et plus suggestive, nous avons donné de chaque type morbide quelques exemples clairs et authentiques.
Après avoir traversé une masse de faits qui paraîtra encombrante à plus d’un lecteur, nous avons recherché les résultats généraux qui en ressortent :
D’abord la nécessité de résoudre la mémoire en c?es mémoires dont l’indépendance est nettement établie par les cas morbides.
Nous avons montré ensuite que la destruction de la' mémoire suit une loi. Négligeant les désordres secondaires, à courte durée, peu instructifs pour ceux qui onl une évolution normale, nous avons constaté ce qui suit;
Dans le cas de dissolution générale de la mémoire, la perte des souvenirs suit une marche invariable les faits récents, les idées en général, les sentiments, les actes.
Dans le cas de dissolution partielle le mieux conni (l’oubli des signes), la perte des souvenirs suit um marche invariable : les noms propres, les noms communs, les adjectifs et les verbes, les interjections, les gestes. I
Dans les deux cas, la marche est identique. G’es; une régression du plus nouveau au plus ancien, di complexe au simple, du volontaire à rautomatique.); du moins organisé au mieux organisé. [:
L’exactitude de cette loi de régression est vérifiée pai
CONCLUSION
; cas assez rares où la dissolution progressive de la 5moire est suivie d’une guérison : les souvenirs reînnent dans l’ordre inverse de leur perte.
Cette loi de régression nous a permis d expliquer réviviscence extraordinaire de certains souvenirs, mme un retour de l’esprit en arrière, à des condims d’existence qui semblaient à jamais disparues. Nous avons rattaché notre loi à ce principe physioçique : « La dégénérescence frappe d’abord ce qui t le plus récemment formé ; » et à ce principe psyologique : « Le complexe disparaît avant le simple, irce qu’il a été moins souvent répété dans 1 expé-* i;nce. »
Enfin notre étude pathologique nous a conduit à :tte conclusion générale : La mémoire consiste en un •ocessus d’organisation à degrés variables compris lire deux limites extrêmes, l’état nouveau, l’enrcstrement organique.