‹ Les maladies de la mémoireChapitre 16 sur 36 · Abercrombie, Essai/ on intellectual Powers · texte numérisé non relu

Abercrombie, Essai/ on intellectual Powers

nom aux domestiques, le cherche vainement, s'adressa à son compagnon : « Pour l’arnour de Dieu, diles-moi qui je suis. » Cette question excite le rire. Il insiste et la visite finit là h

Chez d’autres, l’attaque d’apoplexie n’est suivie que d’une amnésie des nombres. — Un voyageur longtemps exposé au froid éprouva un grand affaiblissement de la mémoire. Il ne pouvait plus calculer de lui-même ni retenir pendant une minute le moindre calcul.

L’oubli des figures est fréquent. On ne s’en étonnera pas, puisqu’à l’état normal beaucoup de gens ont cette forme de mémoire très peu développée, très instable, et qu’elle doit résulter d’ailleurs d’une synthèse mentale assez complexe. Louyer Villermay en donne un exemple assez piquant : « Un vieillard, étant avec sa femme, s’imaginait être chez une dame à qui il consacrait autrefois toutes ses soirées, et il lui répétait constamment : * Madame, je ne puis rester plus long- « temps; il faut que je revienne près de ma femme et « de mes enfants 1 2. »

« J’ai connu intimement dès mon enfance, dit Carpenter , un savant remarquable. Agé de plus de soixante-dix ans, il était encore vigoureux; mais sa mémoire se mit à décliner. Il oubliait surtout les faits récents et les mots peu usités. Quoiqu’il continuât de fréquenter le Musée britannique, la Société royale et la Société géologique, il ne pouvait plus les appeler par leurs noms; il les désignait par le terme « ce lieu public ». Il continuait à visiter ses amis, les reconnais-

1. Winslow, p. 266-269. Ou trouvera au même endroit plusieurs autres cas de ce genre.

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