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tion active et un sang riche en matériaux nécessaires pour l’intégration et la désintégration. Dès que cette activité s’exagère, il y a tendance vers l’excitation morbide; dès qu’elle s’abaisse, il y a tendance vers l’amnésie. Il est impossible de préciser davantage sans entrer dans l’hypothèse pure. Pourquoi, de préférence à toute autre, telle catégorie de souvenirs est-elle ravivée ou abolie? Nous n’en savons rien. Il y a tant d’imprévu dans chaque cas particulier d’amnésie et d’hypermnésie qu’il serait chimérique d’essayer une explication. Il est probable que ce sont des modifications organiques très fugitives, des causes infinitésimales, qui font que, seule entre toutes, telle série est évoquée ou reste sourde à l’appel. Qu’un seul élément nerveux se mette en branle ou reste paralysé, cela suffit : le mécanisme bien connu de l'association explique le reste. Quelques physiologistes ont émis l’opinion que les lapsus limités et temporaires de la mémoire sont dus à des modifications locales et transitoires dans le calibre des artères, sous l’influence des vaso-moteurs. Ils en ont donné pour raison que le retour est brusque, qu’il est causé d’ordinaire par une émotion, et que les émotions exercent une influence particulière sur le système nerveux vaso-moteur.
Dans ces cas de perte complète de la mémoire, dont nous avons donné plusieurs exemples, le retour dépend de la circulation et de la nutrition. Est-il brusque (ce qui est rare), l’hypothèse la plus probable est celle d'un arrêt de fonction, d’un état « d’inhibition » qui cesse tout d’un coup : ce problème est l’un des plus obscurs de la physiologie nerveuse.
S’il résulte d'une rééducation (ce qui est l’ordinaire), le rôle capital paraît dévolu à la nutrition. La rapidité
CONCLUSION
avec laquelle on rapprend montre que tout n’était pas perdu. Les cellules ont pu être atrophiées; mais si leurs noyaux (considérés en général comme leurs organes reproducteurs) donnent naissance à d’autres cellules, les bases de la mémoire sont par là même rétablies : les cellules-filles ressemblent aux cellulesmères, en vertu de cette tendance de tout organisme à maintenir son type et de toute modification acquise à devenir une modification transmise; la mémoire n’est dans ce cas qu’une forme de l’hérédité *.
En résumé, la mémoire est une fonction générale du système nerveux. Elle a pour base la propriété qu’ont les éléments de conserver une modification reçue et de former des associations. Ces associations, résultat de l’expérience, nous les avons appelées dynamiques, pour les distinguer des associations naturelles ou anatomiques. La conservation est assurée par la nutrition, qui fixe sans cesse parce qu’elle renouvelle sans cesse. La puissance reproductive nous a paru dépendre surtout de la circulation.
Conserver et reproduire : tout l’essentiel de la mémoire est ainsi rattaché aux conditions fondamentales de la vie. Le reste — conscience, localisation exacte des souvenirs dans le passé — n’est qu’un perfectionnement. La mémoire psychique n’est que la lorme la plus haute et la plus complexe de la mémoire. S’y
1. Pour plus de détails sur ce point, voir dans le Brain l’article cité plus haut.
confiner, comme la plupart des psychologues, c’est se condamner d’avance à ne tourmenter que des abstractions.
Ces préliminaires établis, nous avons classé et décrit les maladies de la mémoire ; et, comme une observation bien faite vaut toujours mieux qu’une des* ;ription générale, comme elle est plus instructive et plus suggestive, nous avons donné de chaque type morbide quelques exemples clairs et authentiques.
Après avoir traversé une masse de faits qui paraîtra encombrante à plus d’un lecteur, nous avons recherché les résultats généraux qui en ressortent :
D’abord la nécessité de résoudre la mémoire en des mémoires dont l’indépendance est nettement établie par les cas morbides.
Nous avons montré ensuite que la destruction de la mémoire suit une loi. Négligeant les désordres secondaires, à courte durée, peu instructifs pour ceux qui ont une évolution normale, nous avons constaté ce qui suit:
Dans le cas de dissolution générale de la mémoire, la perte des souvenirs suit une marche invariable : les faits récents, les idées en général, les sentiments, les actes.
Dans le cas de dissolution partielle le mieux connu (l’oubli des signes), la perte des souvenirs suit une marche invariable : les noms propres, les noms communs, les adjectifs et les verbes, les interjections, les gestes.
Dans les deux cas, la marche est identique. C’est une régression du plus nouveau au plus ancien, du complexe au simple, du volontaire à l’automatique, du moins organisé au mieux organisé.
L’exactitude de cette loi de régression est vérifiée par
CONCLUSION
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les cas assez rares où la dissolution progressive de la mémoire est suivie d’une guérison : les souvenirs reviennent dans l’ordre inverse de leur perte.
Cette loi de régression nous a permis d’expliquer la réviviscence extraordinaire de certains souvenirs, comme un retour de l’esprit en arrière, à des conditions d’existence qui semblaient à jamais disparues.
Nous avons rattaché notre loi à ce principe physiologique : « La dégénérescence frappe d’abord ce qui est le plus récemment formé ; » et à ce principe psychologique : « Le complexe disparaît avant le simple, parce qu’il a été moins souvent répété dans l’expérience. »
Enfin notre étude pathologique nous a conduit à cette conclusion générale : La mémoire consiste en un processus d’organisation à degrés variables compris entre deux limites extrêmes , l’état nouveau, l’cnir gistrement organique.