‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 134 sur 295 · LES PSEUDO-LEUCÉMIES, LA MALADIE D'ADDISON · texte numérisé non relu

LES PSEUDO-LEUCÉMIES, LA MALADIE D'ADDISON

Les chloroseSf les anémies et les dyspepsies. — Les incertitudes du chimisme stomacal. — Les divergences des théoriciens. — L'opinion des praticiens. — Le diagnostic des rapports de causalité. — Le diag^nostic des chloroses et anémies d'origine dyspeptique. — Les anémies des dyspeptiques hypersthéniques. — Les échanges généraux. — Leur valeur pathogénique et thérapeutique. — Les anémies des dyspeptiques hyposthéniques. — Les anémies des constipés. — Les anémies hémorrhag^iques. — Le traitement.

Le Iraitemenl de la chlorose associée aux dyspepsies

Les incertitiules j r r

âa chiniisme est Tobjct d'uo débat qui ne semble pas près de se terminer. On s'entend si mal sur la nature des chloroses dyspeptiques que, pour citer seulement quelques opinions parmi les auteurs compétents qui ont étudié la question, Ewald * déclare que le plus grand nombre des chlorotiques ont un suc gastrique normal, Riegel' affirme que l'hyperchlorhydrie est constante,

1. Ewald et Boas. — Zur Diagnostik und Thérapie der MagenkrankheiteD, Berliner klinitche Wochenschrifty 1886.

2. RiEGEL. — Beîtrâge zur Diagnostik der Magenkrankheiten, Zeitschrift fur kli^ niscke Medicin, 1887.

LES llliTENÏlSSEMENTS DES MALADIES SLR L'ESTOMAi;

ALD la QOle dans 95 p. 100 des cas, Ritter el Hirsch ' concluenl liypochlorhydrie ; Biizelvgan et Gluzinski trouvent la sécrélioo nale dans cinq cas, diminuée dans deux cas, augmentée dans trois

Et noiez que, si je citais toute la bibliographie de la question,

ne ferait qu'accentuer ces désaccords ■.

[juand, aux l'echerches des auteurs précédents, j'ajoute celles que faites avec l'aide de Dourmgault chez lOOchlorotiquesouanéini- 9 de diverses origines, la lumière ne se fait pas davantage. En effet, sur ces 100 cas où chlorose et anémie, quelles que fussent 'S origines, étaient associées à la dyspepsie, J'ai trouvé :

Hypersihénie avec hyperchiorhydrie el fermen-

talîons anormales 38 cas

Hypersihénie avec hjperchlorhydrie sans fermentations anormales i4 —

llyposthénie avec hypo- ou anaclilurhydrie el

Termenlalions 26 —

Clilorhydrie normale avec fermentations anormales 12 —

soil, en somme, un chiniisme stomacal variable, mais auquel se irposent des fermentations dans 7li p. 100 des cas. Le chimisme stomacal ne parait donc avoir rien éclairci jusqu'ici, a pas trouvé pour la chlorose plus que pour les autres maladies . ype chimique univoque.

Aussi n'a-t-il, pour ainsi dire, rien appris aux théoom riciens, et ceux-ci restent divisés en plusieurs camps :

itiirioieiu. quelques-uns, très rares, voient avec Beau la dyspepsie jrigine de toute chlorose, sinon de toute anémie ; d'autres, plus ibreux et moins absolus, l'ont simplement de ta dyspepsie une conditions génératrices ou une des causes d'aggravation de la irose; beaucoup enfin regardent la dyspepsie comme une consénce de la chlorose, tandis que les vrais praticiens se conlentenl constater l'association des deux éléments morbides et de traiter :un d'eux suivant sa prédominance.

L'optnian Rcstons donc avec les simples praticiens, et disons

■ pratioudi. jj^.gj; gyj; ^^^Q Tassoc Ib ti OU de la dyspepsie à la chlorose

RiTTEK el HiBScH. — Uber die Sùuren des Hagensanes und deren Bedehungen Hagengcschwur bel Chiaruie und Aouniie, Zeilachrift fur kUnûehe Uedkm, 1888.

Vojrci encore ; Caitiu . — Comptes rendu* du XI' Congréi interttalional de médeeme lie. — A. GhCue, luaugvrat diiKertalion, Giesien, 1E9U. — H. LE.iiARTZ, Vorlrag in ud. GetelUckaft tu Leiptig, 17 déc 1881).

€t aux anémies est extrêmement fréquente et que leur traitement fort délicat exige de la part du médecin beaucoup d'expérience, de bon sens et un esprit dégagé de toute conception doctrinale. Parlons , maintenant, de ce point de départ pour étudier la question.

Ce fait du rapport étant admis, nous nous trouvons en présence dedeux points à discuter, à savoir : la forme de la dyspepsie chez les chlorotiques et les rapports de causalité entre les deux affections.

Laforme Eu cc qui touchc la formc de la dyspepsie, les

de la dyspepsie, lechcrches précédentes montrent qu'il n'existe aucun

rapport fixe, qu'on peut rencontrer chez les anémiques toutes les

formes, mais cependant qu'on trouve des fermentations dans les trois

quarts des cas.

, ^, , Quant aux rapports de causalité entre les deux

Le diagnostic * *

des rapports affcctions, il uc pcut y avoir que des chloroses et

de causalité. i r* i*** i .* 11

des anémies d origine dyspeptique, des dyspepsies d'origine chlorolique ou anémique et des dyspepsies survenant chez des chlorotiques ou des anémiques.

Le diagnostic de ces trois variétés n'est pas toujours facile et les plus habiles peuvent s'y tromper. En effet, il n'existe pas, entre elles, de signes distinctifs absolus. Et, sauf dans quelques cas trop nets pour n'être pas exceptionnels, ce diagnostic est souvent tendancieux. En pratique, cette distinction doctrinale n'a pas grande importance ; il suffit de savoir qu'il y a coïncidence de chlorose et de dyspepsie et que, pour faire tolérer la médication fernujinense, il convient d'ordonner préalablement un traitement stomacal.

Toutefois, comme il peut être utile de poser le diagnostic de l'antériorité et que, d'une façon générale, la clinique est parfois capable de résoudre ce problème, voici sommairement les règles principales qui pourraient vous guider.

lediaanosuc Quaud la chlorosc OU l'auémie est d'origine dys-

des chloroses peptiquc, elle reconnaît quatre variétés qui pré-

d'origine scuteut comme traits communs :

«ïTspepuque. jo £)gg commémoratifs chronologiques qui

anlériorisenl la dyspepsie. Celle-ci est survenue à la suite d'une des étiologies que vous connaissez.

2* Elles s'accompagnent de retentissements ou de complications qui ne font pas partie du cortège symptomatique habituel des anémies.

8bS LES RETENTISSEMENTS DES MALADIES SUR L'ESTOMAC

L'utmia ^^'^^ '^ première variété, la dyspepsie est d»

dyspapuiiu* lypc II vpersttiénique; l'aoémique a conservé un

bTEaretutnlqiu, ' ,, . .... ., . . ., . ,. ,

excellent appétit; u a un gros foie; il est conslipé; il a du clapotage gastrique, des accès de gastralgie, la langue sèche, des vertiges; il vomit fréquemment ses repas et l'analyse du contenu stomacal le montre hyperchlorhydrique, le plus souventavec fermentations acides secondaires, lildifiez sur cet ensemble la symptomatologie personnelle de la chlorose ou d.e l'anémie, eny ajoutant certaines particularités, comme le nervosisme, l'excitabilité, la dénutrition rapide, une teinte terreuse spéciale aui téguments, un amaigrissement accentué.

LHtduiigM Les échangesgénérauxsoDtsensiblemenlmodi-

""^'"■' fiés. Le tableau L renferme, à titre d'exemple, deux analyses qui vous donneront une idée du sens de leurs variations.

Si l'on compare les divers chiffres de ces analyses avec ceux qui représentent les échanges chez les chlorotiques vulgaires, on est frappé par les points suivants :

1° Augmentation de tous les échanges pris en bloc, qu'on les considère dans leurs chiffres bruts ou par kilogramme de poids.

2° Augmentation des échanges azotés et surtout de l'urée rapportée au kilogramme de poids.

3° Évolution imparfaite des matières ternaires, lorsqu'elles sont ingérées en grande quantité '.

i" Augmentation de l'acide sulfurique conjugué, ce qui correspond à un accroissement des fermentations intestinales.

5° Diminution des oxydations azotées dont le coefficient s'abaisse au-dessous de la normale.

uoTTRiaor Ces éléments tendent à montrer que l'anémie des

patiioBtiiiqus dyspeptiques hypersthéniques procède d'une désintéuntapsnuqa». gratiou organique exagérée, avec prédominance de la désintégration azotée, insuffisance d'oxydation des produits azotés désintégrés, fermentations intestinales exagérées et évolution imparfaite des matières ternaires ayant vraisemblablement l'une de ses causes dans leur imparfaite digestion, ce qui les empêche de jouer leur rôle d'épargne vis-à-vis des principes azotés. Que ces éléments aient une valeur étiologique et pathogénique, ou qu'ils soient de

Tableau L. — Les échanges généraux et les rapports (Téchange chez deux dyspeptiques hypersthéniques devenues chlorotiques.

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