‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 244 sur 295 · LEURS ACCIDENTS — LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

LEURS ACCIDENTS — LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT

Les parasites de Festomac. — Les parasites oavitaires. — Les ascarides. — Les oxyures. — Les larves. — Les parasites pariétaux — Le faTus. — La mycose gastrique. — Le charbon et ses deux formes. — Le muguet et son traitement.

Las parasius de Communiquant avec l'extérieur par rœsophage et restomac. ^^ cavité buccale, séparé incomplètement de l'intestin par un sphincter qui permet quelquefois le reflux gastrique du contenu duodénal, l'estomac reçoit incessamment des germes de toutes sortes. Tant que son fonctionnement reste normal, l'évacuation de la masse alimentaire et l'incessant lavage réalisé par la sécrétion chlorhydropeptique ne permettent pas à ces germes de pulluler abondamment; d'autre part, l'intégrité du revêtement épilhélial protège la muqueuse contre les invasions parasitaires.

Quand l'estomac fléchit fonctionnellement et que, par un mécanisme quelconque, une stase se produit, les conditions deviennent favorables à la pullulation des microbes ou des parasites non microbiens qui s'accommodent de l'acidité du milieu gastrique. Vous connaissez les fermentations engendrées par les microbes; il nous reste à étudier les parasites.

Ceux-ci sont de deux ordres. Les tins se rencontrent uniquement

dans le contenu gastrique et ne déterminent pas de lésions des parois; les autres sont implantés dans la muqueuse et produisent une véritable gastrite parasitaire.

Les parasites L^s parasites cavitaires n'ont, au point de vue cli-

oaTitaiTM. nique, qu'un intérêt restreint : ce sont uniquement des curiosités pathologiques.

Ainsi on voit les ascarides lombricoîdes quitter l'intestin sous l'influence de troubles de la motricité gastrique ou intestinale (vomissements, contractions anti-péristaltiques de l'intestin) et remonter dans Testomac d'où un vomissement fmit par les expulser. Pendantjeur séjour dans l'estomac ils peuvent être le point de départ de phénomènes réflexes variés ou de sensations pénibles, mais il est bien établi qu'ils sont incapables de provoquer des lésions sérieuses de la paroi stomacale.

Que les lombrics, dont l'habitat normal est Fines oxyures, ^^g^jj grêle, franchisscnt quelquefois le pylore, le fait ne saurait surprendre. Mais il est à peine croyable que les oxyures, qui ne se trouvent guère que dans le gros intestin (csecum et rectum), puissent gagner l'estomac. Il existe pourtant quelques observations indéniables d'oxyures expulsés par vomissements, en particulier un cas de Bouvëret et Cusset où la guérison fut obtenue par l'emploi du calomeL

Divers auteurs ont publié des cas de parasitisme ** ** gastrique par des larves (larves de mouche, larves du fromage, etc.): les observations de Fermaud, de Gerhardt, de Lu- BLiNSKY, de Senator, d'HiLDEBRANDT sout classiqucs*. Les larves se développent aux dépens d'œufs introduits dans Testomac par des fruits gâtés ou des aliments avariés. Elles provoquent des signes de gastrite aiguë, avec douleurs stomacales et vomissements. Si le diagnostic n'est pas fait à temps, l'afl'ection peut s'éterniser comme dans le cas de Senator.

Il sera toujours facile de reconnaître un cas de ce genre, par l'examen attentif des vomissements, et d'en venir à bout à Taide de quelques vomitifs dont l'action sera complétée au besoin par des lavages de V estomac.

1. Fermaud. — Journal de médecine pratique de Paris, 1886. — Gerhardt, Jenaer medicini$che Zéit$chrift, l. III. — Senator, Berliner klinUche Wochenschrift, 1890. — HiLDEBRANDT, Deutschc medicînische Wochenschrift, 1899.

Plus intéressants sont les cas d'envahissement des

Les parasites . ^ , ,

pariétaires, parois stoHiacaies par des parasites.

Le fârns. KuNDRAT * a publié un casde fa vu s propagé à l'œso-

phage, à Testomac, à l'intestin et reconnu à l'autopsie; la maladie s'était développée chez un alcoolique, sans doute à la laveur des lésions de la gastrite chronique, et elle avait déterminé des altérations profondes de la muqueuse avec ulcérations multiples.

La IlAYEMa décrit un cas de tumeur mycosique du

mycose gastrique. , ^ i* . • n

pylore, ayant 1 aspect macroscopique d un cancer en masse. Elle était caractérisée, au microscope, par la présence dans les vaisseaux sanguins de néoformations, de mycéliums et de spores. Autour des vaisseaux, il y avait une réaction inflammatoire des tissus et un envahissement de ceux-ci par les spores.

, ^ ^ Le charbon stomacal a été signalé. Il est dû soit

Le charbon. , ^

à l'ingestion de viandes charbonneuses, soit à une infection accidentelle chez des individus que leur profession expose à manier des animaux morts du sang de rate.

La forme grave du charbon stomacal évolue

La forme {frave. « i^n ... ^ ««.

en quelques jours d une façon aigueou même suraigue. Clîniquement on note l'apparition brusque d'une maladie grave, avec phénomènes infectieux et symptômes digestifs prédominants, douleurs épigastriques violentes, vomissements glaireux, bilieux, sanguinolents, coliques abdominales, méléorisme et diarrhée. Très rapidement les phénomènes s'aggravent et la mort survient dans le collapsus précédé ou non de manifestations cutanées qui rappellent la pustule maligne.

Le diagnostic n'est presque jamais posé du vivant du malade. Si Ton soupçonnait un cas de charbon interne, on pourrait vérifier cette hypothèse par la recherche de la bactéridie charbonneuse dans le sang. On sait, en effet, avec quelle facilité le bacillus anthracis se généralise dans l'organisme infecté. A l'autopsie on trouve, en plus des lésions habituelles du charbon, de véritables pustules malignes sur la muqueuse de l'estomac et de l'intestin.

lA A côté de cette forme grave, il faut ranger les cas

forme bénigne, jj^nius, noH mortcls, probablement beaucoup plus fié-

l. KuNDRAT. — Wiener med. lilaller, 1884.

quents qu'on ne pense. De même que la pustule maligne revêt assez souvent une forme atténuée dans laquelle rinfeclion reste locale, de même le charbon interne offre sans doute (Straus*) des variétés bénignes qui se terminent par guérison après quelques jours de troubles digestifs. On ne peut que soupçonner ces cas, lorsqu'on se trouve en plein centre d'infection charbonneuse ou lorsqu'on sait que le malade a ingéré des viandes suspectes. Dans tous les cas, le traitement ne pourrait être que symptomatique, puisque les seuls moyens de lutter efficacement contre la pustule maligne consistent à la détruire ou à l'entourer d'un cercle d'injections antiseptiques.

Il me reste à vous parler d'une affection parasi- Le mnguet. ^^j^,^ ^^ Testomac asscz fréquente chez les nourrissons

athrepsiques, le muguet, dont Parrot a établi la réalité; car les observations antérieures de Valleix, de Billard sont fort sujettes à caution. Parrot* a montré, en effet, d'une manière certaine que, chez les enfants qui ont du muguet buccal, le champignon peut envahir l'œsophage et l'estomac, mais respecte presque toujours l'intestin.

L'asatomit Le champignou du muguet, l'endomyces al-

pauioiogiqae. (jj^j^^g ^j^g rccherches modernes ont démontré

que ce n'est pas un oïdium), produit, comme on le sait, dans la bouche et dans l'œsophage des plaques crémeuses d'aspect caractéristique. Dans l'estomac, l'aspect du muguet est tout à fait autre, de sorte que l'observateur non prévenu ne pourrait pas se douter qu il s'agit de la même maladie. Ainsi la muqueuse stomacale ne se prête pas, sauf exception, à l'extension du muguet en surface; le parasite se borne à l'envahir en profondeur, détruisant les glandes et pénétrant aussi dans les espèces interglandulaires. La désorganisation delà muqueuse est telle qu'il peut se faire des ulcérations (Parrot, Arnold IIeller)^ Mais cela est rare, en somme, et la plupart du temps le muguet de l'estomac se présente sous forme de mamelons grisâtres, de la grosseur moyenne d'un grain de millet, isolés ou confluents, siégeant surtout sur la paroi postérieure de l'estomac, le long de la petite courbure et au voisinage du cardia. Pour peu que l'on hésite sur la nature exacte de ces productions, on peut lever toute incertitude en regardant au microscope le produit de dissociation de ces

1. Straus. — Le charbon des animaux et de rhomme, PariSy 1887. 'i. Parrot. — Archives de physiologie normale et pathologique^ 1869. 3. Heller. — Deutches Archiv fur klinisclie Medicin, 1895.

nodules OU des coupes perpendiculaires à la surface de la muqueuse. On y trouve en abondance les deux éléments qui caractérisent le parasite, les filaments qui sont, comme l'a montré Yuillbmin S la forme fondamentale, et les globules qm représentent une forme bourgeonnante accessoire produite par des conditions de vie particulières.

Le muguet stomacal peut exister chez des nourrissons ou chez des adultes; dans le premier cas, il coexiste toujours avec du muguet buccal ; dans le second cas, il y a aussi du muguet des voies digestives supérieures, mais il peut être localisé au pharynx ^

Il s'agit toujours d'individus débilités, affaiblis et présentant des troubles digestifs : ce sont ces troubles, et notamment l'insuffisance des contractions stomacales et la stase, qui permettent au champignon de s'implanter dans la muqueuse. Chez les jeunes enfants, l'apparition du muguet n'est pas forcément l'indice d'un état grave; il suffit d'une hygiène alimentaire défectueuse accompagnée de quelques mauvaises digestions; mais, chez l'adulte, le muguet stomacal n'existe que dans le cours de maladies cachectisantes subaiguës ou chroniques.

g^antômw ^^^ ^^^^ constitué, Ic muguct donne naissance par lui-même à des troubles gastriques, anorexie, vomissements accompagnés souvent de diarrhée, bien que le champignon du muguet produise difficilement des lésions intestinales. On pourra donc soupçonner l'existence du muguet stomacal, au moins chez les enfants : chez les adultes, il passe à peu près toujours inaperçu.

Rien n'est plus simple que d'obtenir en quelques jours sa disparition. Je nai pas a vous entretenir ici du traitement du muguet buccal; je vous rappellerai seulement qu'une expérience clinique déjà fort ancienne a prouvé d'une manière indubitable l'utilité des alcalins (eau de Vichy, bicarbonate de soude) et des collutoires borates.

Aussi GuBLER avait-il conclu de cette influence fa-

L€8 alcalins» 111 /?• < •<**i

vorable des alcalins que ceux-ci sont parasiticides

1. M"* Daiseura. — Thèse de Nancy, 1899. !2. Lebrun. — Thèse de Paris, 1883.

pour le muguet, tandis que les acides favorisent sa croissance. Le fait était vrai, mais la théorie était inexacte, puisque Linossier et G. Roux' ont montré que les alcalis favorisent nettement la végétation du parasite. Mais cette notion expérimentale offre peu d'intérêt, puisqu'elle est en contradiction avec les données de Tobservation clinique. On a émis passablement d'hypothèses plus ou moins ingénieuses et nullement démontrées pour expliquer la contradiction. Linossier et Roux admettent que les alcalis entravent Taction saccharifiante de la salive sur l'amidon cuit et affament le champignon, tandis que les acideSf modifiant les aliments contenus dans la bouche, les rendent assimilables pour le champignon. 11 est plus vraisemblable d'admettre avec M"* Daiseura que l'acidité buccale joue un rôle antiphagocylaire en provoquant une chimiolaxie négative et permet ainsi au parasite de se développer sans entraves. Au fond, peu nous importe; une fois de plus, nous constatons l'extrême difficulté de transporter en clinique les résultats acquis au laboratoire et, comme par le passé, nous continuerons à soigner le muguet par Veau bicarbonatée, moyen classique, justement consacré par l'usage.

La Une remarque analogue peut être faite pour le

borate de soude, bomte de soude. Lcs collutoires borates donnent d'excellents effets contre le muguet. Pourtant Kehrer (4883) et Plant* (1887) ont vu que le borax favorise la croissance du champignon. Ils expliquent de la manière suivante ce résultat inattendu : le borax empêche les gonidies de produire des filaments pendant un certain temps, et c'est un grand bénéfice ; caries cellules de levure ne peuvent se multiplier qu'à la surface sans pénétrer dans la profondeur. Si donc on emploie le borax après avoir détruit les plaques qui renferment les filaments, il ne se formera tout d'abord que des gonidies, qu'un simple lavage suffit à enlever. Le miel est, lui aussi, un milieu très favorable à la multiplication des globules, mais qui entrave la formation du mycélium.

En somme, en présence d'un cas de muguet vraisemblablement étendu à l'estomac, il faut, d'une part, agir sur le muguet buccal préexistant par des soins de propreté de la bouche, des lavages à Veau bicarbonatée sadique et des collutoires borates; d'autre part, entraver le développement du champignon dans l'estomac par des alcalins administrés à petites doses répétées. L'eau de Vichy naturelle ou artificielle rendra ici les plus grands services.

1. Linossier et G. Roux. — Archives de médecine expérimentale , 1895. ±. Plant. — Noue Beitrâge zur Systemat. des SoorpUzes, Leipiig, 1887.

\J alimentation sera, bien entendu, uniquehient

L'alimentation. i**iii«. r 11. «i

liquide; le lait en Tera la base, el on aura soin de couper le lait à'eau de chaux et de Tadministrer par petites quantités à la fois pour ne pas favoriser sa slap^nation dans l'estomac. Une heure après chaque prise de lait, le malade prendra un des paquets de saturation dont je vous ai déjà donné la formule \

Le lavage de Ccs moyeus Suffisent chez l'adulte. Chez l'enfant

restomao. |g traitement de choix du muguet stomacal, c'est le lavage de Vestomac avec de Veau de Vichy. Non seulement on guérit le muguet de l'estomac; mais du même coup, et sans autre trailement que des soins de propreté, on obtient la rapide diminution du muguet buccal. Ce traitement est d'une grande simplicité, car l'introduction de la sonde dans l'estomac de l'enfant est une manœuvre simple et facile.

Les corps étrangers de restomao. — Leur origine et leur nature. — Leur sort. — L'expulsion par vomissements ou par Tanus. — La tolérance stomacale. — Les accidents possibles. — Le diagnostic. — Le pronostic. — Le traitement.

L'orifline Lcs corps étrangers les plus variés et les plus

et la natnre des . 1 » r » 1 i» n > %

corps étrangers, luattendus out été troiives dans 1 estomac. Us y pénètrent par déglutition et par effraction, ou bien ils s'y forment directement.

Les aliénés ingèrent toutes sortes de corps étrangers. Les enfants avalent des sous, des boutons, des noyaux de fruits, des cailloux. Certains individus se font un jeu de déglutir par fanfaronnade des objets hétéroclites : tels le matelot de Marcet^ qui avait pour spécialité d'avaler des couteaux, et le détenu qui gagna son pari d'avaler ijuatre mètres de tube de caoutchouc.

Par exception, les corps étranj.^ers arrivent dans l'estomac par effraction. Des calculs biliaires y pénètrent après avoir provoqué dans le vésicule une inflammation adhésive et perforatrice.

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