‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 56 sur 295 · LA TÉTANIE LE COMA DYSPEPTIQUE · texte numérisé non relu

LA TÉTANIE LE COMA DYSPEPTIQUE

L'épilepsie et les troubles gastriques. — Le ohimisme stomacal des épileptiques.— Le rôle des troubles gastriques dans la patbogénie de Tépilepsie. — L*épilepsie d*origine gastro-intestinale. — Le rôle des troubles gastriques dans Tétiologie de quelques états convulsifii. — Le traitement. — Le régime. — Le traitemeot médicmmenteiu*. — Les lavages de l'estomac. — Le traitement anti-épileptique.

l'ifiitrrtff ^^ février dernier, M. de Fleury, dans une remar-

**iwîti£wwB*' qu2ib'^ communication à la Sociélé de thérapeutique,

s'exprimait ainsi* : a Dans l'histoire des épileptiques qu'il m*a été donné de suivre» certaines constatations reviennent avec une monotonie dont on ne peut manquer d'être frappé. C'est ainsi qu'au cours de presque toutes les observations on peut lire : t Langue < saburrale, estomac dilaté, fermentations anormales, selles fétides, <( indican dans l'uiine, foie sensiblement hypertrophié... > Ou bien encore : « Chez ce malade, on peut faire prévoir quelques jours à € l'avance la venue de l'attaque; la tension artérielle s'abaisse; l'es- « tomac gargouille; Thaleine devient forte, du double fait de l'emc barras gastrique et de la saturation bromique : après quoi, la « tension artérielle se relève rapidement. >

<L C'est qu'en effet il y a d'étroites, d'habituelles relations entre l'état de l'appareil gaslro-intestinal et le retour des paroxysmes.il est fréquent que l'attaque comitiale s'accompagne de vomissements alimentaires. Tous les médecins d'asiles spéciaux ne cessent de redire que, le soir et le lendemain des jours de sortie, leurs malades ne

1. M. DE Fleuey. — L'épilepsie loxi-alimcntaire, Bulletin général de thérapeutique,

i;ÉP1LEPSIE 69i

manquant pas d'avoir des crises vraisemblablement dues à Tabus de Talcool, des sucreries, ou simplement à la surabondance des ali* ments. »

Celle inûuence des troubles dyspeptiques sur la production des allaques d'épilepsie n'avait point échappé à nos devanciers. Et, sans revenir sur un historique que M. de Fleury a développé d'une manière très instructive, je vous rappellerai seulement queGALiEN *, ayant à soigner un jeune {grammairien que le travail d'esprit disposail aux crises convuisives, lui conseilla d'employer tous les .moyens qui pourraient lui procurer une bonne digestion, qu'il interdit à un enfant épileptiquc les aliments flatulents et ceux qui portent le sang à la lêle, et que le régime ordonné il y a cent trente ans par Tissot ^ aux épilepliques ne diffère pas très sensiblement de celui des dyspeptiques par fermentation. 11 insiste surtout, avec van Hëers et Tralles, sur la nécessité de supprimer totalement le vin et les boissons alcooliques, 11 recommande le régime lacté que Cheyne^ préconisait déjà quarante-six ans auparavant. Et l'on peut dire que, depuis lors, tous les auteurs qui se sont occupés de Tépilepsie ont au moins noté cette coïncidence des troubles de la digestion.

Le himism ^^ ^^^^ m'avait aussi vivement frappé et j'ai pratiqué

stomacal Texamcu du chimisme stomacal chez cinq épilepliques :

sèpuep qaea. ^j^^^q^g f^jg^ jj ^^^j^ auormal*. Dans un de ces cas, suivi

récemment avec l'aide de Kuss, nous avons reconnu une dyspepsie presque latente exerçant une action manifeste sur les crises d'épilepsie.

11 s'agit d'un homme de trente-cinq ans, atteint du mal comilial depuis quinze ans. Les attaques surviennent le matin, au réveil, et sont suivies d'une céphalée intense. Pendant quelques années, les attaques ont été rares, mais violentes; puis elles sont devenues plus fréquentes et moins intenses. Depuis un an, elles se reproduisent tous les huit jours avec une grande régularité, de sorte que le malade peut dire à peu près exactement quel jour il aura son attaque. Le bromure de potassium, pris depuis cinq ans à la dose de 4 grammes au moment du coucher, n'a produit aucun effet. Ce malade n'a guère l'apparence d'un dyspeptique. 11 mange et dort bien, ses garde-robes sont régulières, sa langue est bonne ; il accuse comme seul symptôme des

1. Galikn. — Comment, ad Aphor. Hipocrat., 1. VII, Aph. 10, el De locis affectis, livre Y, chapitre V.

Page 1