LIQUIDE STOMACAL
Existe dans les quatre cinquièmes des cas. — Sa quantité peut dépasser 7 grammes par litre.
Existe dans un quart des cas. — Sa quantité n'a jamais été abondante.
Très rare.
Existe dans un cinquième des cas.
En quantité appréciable dans les deux tiers des cas.
Manquent rarement. — Généralement un peu audessous de la normale.
Diminuées dans la moitié des cas.
Presque toujours abondante.
Ordinairement très bonne.
POURCENTAGE
sur LES 100 ANALTârs
Présent m Juis.
Absent :!(* —
Présent lil —
Absent ~:> —
Présent 3 —
Absent *iri
Présente i^ -^
Absente 7n —
Quantité dosable 17 —
Traces..... iM —
Absence lît' —
Absence 5 —
Peu abondantes i\H —
Abondantes ûl —
Absence ^ —
Diminuées r^i} —
Normales ou augmentées 17 —
Très diminuée 5 —
Peu abondante 7 —
Très abondante HH —
Digestion très bonne.. i:ï —
— bonne 37
— imparrailc tl
— tr. mauvaise. 7
Ses Les traits dominants de cet ensemble d'analyses
traita domtaaBU. ^^ chîmisme stomacal sont:
i^ L'acidité du contenu stomacal est liée à THCI combiné et sur* tout aux acides organiques engendrés par les fermentations. L'acide ch 1 0 r 11 y d r î q u e 1 i br e n*y prend presque aucune part,
!^^ LllC\ combiné est diminué dans plus de la moitié des cas.
3* Les acides de fermentation se rencontrent dans les cinq sixièmes des cas. L*acide lactique est le plus fréquent. L'acide butyrique est présent dans un quart des cas. L'acide acétique est très rare.
4" La sécrétion muqueuse de Testomac, autant qu'on en peut juger par la réacLion de la mucine, est augmentée dans un cinquième des cas*
5" La digestion des matières albuminoïdes est le plus ordinairemcnl impRuliiito. L'évolution peptonique est diminuée dans plus de la moitié des cas.
6" La digestion des féculents s'opère presque toujours dans d'excellentes condilîons. Elle n'est influencée que dans un cinquième des cas.
Ajoutons trois remarques à cet exposé:
La première, c'est que, en examinantle contenu de l'estomac retiré par la fronde une heure après le repas d'épreuve, on voit que la masse alimenïaire est mal triturée et manque d'homogénéité, comme si la museiilalure jj^aslrique à qui incombe le rôle de brasser les aliments était au-dessous de sa lâche. Celte constatationvient à l'appui de l'opinion que je vous ai exposée précédemment sur la difficulté qu'il y avait de dissoeier en pathologie les diverses fonctions dont les déviations s'opéreraienl toujours dans un sens commun.
L\\ deuxième, n'est qu'il n'y a pas de parallélisme absolu entre la fiécrélion de I1ICI et celle delà pepsine, puisque nous n'avons trouvé que deux cas où eelie-ci ait fait totalement défaut.
La IroisièiïiCj c'est que l'HCl libre peut manquer dans le contenu stomacal, saus que pour cela il y ait dyspepsie hyposthénique ; car, quand h l'ermenlnlion des albuminoïdes donne naissance à des bases aniinoniacnle^, celles-ci fixent THCl libre qui a été plus ou moins normalement sécrété, mais qui disparaît pour l'analyse.
LES DYSPEPSIES HYPOSTHÉMQUES 355
Les formes principales de la dyspepsie hyposthénique. Le pronostic. — Le diagnostic différentiel.
Ut En dehors des variétés qui vous ont été intliijnét^s
iprinoipaïas. ^^^^ j l'heufc, en se plaçant au point de vue du [aonostic, la dyspepsie hyposthénique se présente sous deux formes principales.
Dans la première ou forme simple, la plus fréquente, le tableau clinique emprunte ses éléments aux symptômes qui précédent. Depuis les variétés latentes jusqu'à celles qui réalisent un ensemble complet, toutes présentent deux traits communs : c'est l'absence de troubles importants de la nutrition et Tinfluence assez rapidement favorable du traitement.
Mais, dans la seconde ou forme grave, les troubles de la nutrition élémentaire prennent une importance dominante; en dehors des signes chimiques constatés du côté de l'urine, ils se révèlent [mde l'amaigrissement, de la pâleur, de la perte des forces, \vm- un aspect plus ou moins cachectique, une teinte terreuse du visage, quelquefois par une anorexie totale avec langue épaisse, saburrale, odeur plus ou moins fétide de l'haleine, intolérance de l'estomac qui rejette tous les aliments et même les liquides qu'on lui ofTre, constipalirm ou diarrhée, lientérîe parfois; le tout avec prédominance des symplùmes de dépression et d'asthénie musculaire et nerveuse.
Cette forme grave de l'hyposthénie présente encore comme caractère d'être extrêmement rebelle à la thérapeutique, surtout aux actions médicamenteuses. Tout médicament qu'on emploie paraît réussir pendant vingt-quatre heures, puis il n'est plus toléré; on passe à un autre et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'une dyspepsie médicamenteuse vienne exaspérer encore la maladie oripnelle. Cette variété se fait encore remarquer par l'intensité que prennent, chez quelques malades, les symptômes neurasthéniques ou hypocondriaques. Cette apparence névropathique, jointe à la déchéance nutritive, souligne cette variété morbide d'un trait bien caractéristique. Comme l'a parfaitement observé Bouveret, l'entéro-colite pseudomembraneuse en est une complication relativement fréquente. Le même auteur signale encore la dilatation de l'estomac par atonie :
je n'ai point eu l'occasion de l'observer, mais j'admets l'asserlion de BouvERET tout en avançant qu'il s'agit bien plutôt d'une distension due au spasme pylorique provoqué par les acides de fermentation.
^ . Le pronostic de ces deux variétés diffère complè-
Le pronostto. ^ '
lement. Celui de la première est favorable, tant au point de vue de sa durée que de l'action thérapeutique. La seconde résiste au traitement, affaiblit le malade et dure quelquefois assez longtemps pour qu'il doive renoncer à ses occupations. Cette durée peut se prolonger pendant plusieurs années. La dépression mentale et l'âge avancé aggravent le pronostic.
En outre, quand la déchéance nutritive s'accentue, le malade devient un terrain tout prêt pour le développement de la tuberculose. Nous avons eu, au n' 14 de la salle Lorain, une femme de vingtsept ans, un type d'hyposthénîe grave, qui a fait à plusieurs reprises de longs séjours dans notre service et chez laquelle nous avons vu se développer une phtisie pulmonaire au sommet droit. Bouveret pense même que la mort peut être causée par l'aggravation de la dyspepsie et des troubles de la nutrition, à l'exclusion de toute complication et de toute maladie intercurrente. Il cite deux observations qui manquent toutefois de la consécration de Tautopsie.
Jusqu'à présent, il ne m'a point encore été donné d'observer des cas qui permettent de confirmer l'opinion de Bouveret, et l'on doit se demander s'il n'y a pas eu confusion soit avec de véritables lésions gastriques dont l'hypo ou l'anachlorhydrie n'auraient été qu'un des symptômes, soit avec des états névropathiques graves dont l'insudisance gastrique constituerait l'une des expressions morbides localisées. Dans celte dernière hypothèse, les cas analogues à ceux dont il vient d'être question rentreraient plutôt dans la pathologie nerveuse que dans la clinique des maladies de l'estomac.
Ladi suo ^^ diagnostic de la dyspepsie hyposthénique est
souvent difficile et, dans bien des cas encore, vous devrez avoir recours à l'examen du chimisme stomacal qui lèvera tous les doutes. La symptomalologie ordinaire, en effet, n'offre pas d'élément qui soit caractéristique, et les divers traits du syndrome constitué tout à l'heure ne s'associent pas toujours avec une constance significative. Pour la forme simple, la difficulté n'est pas grande, et l'opposition de ses symptômes avec ceux de l'hypersthénie est assez marquée pour vous éviter de recourir à la sonde. Pour bien fixer vos idées, jetez les yeux sur le tableau XXIV.
LES DYSPEPSIES HYPOSTHÉNIQUES
Tableau XXIV. — Diagnostic différentiel des dyspepsies hypersthénique et hyposthinique.
DYSPEPSIE HYPERSTHÉNIQUE
DYSPEPSIE hyposthëniqup:
Amaigrissement et parfois aspect cachectique, quoique le malade maûge très sufGsamment.
Appétit conservé ou même augmenté.
Soif ordinairement assez vive.
Langue bonne, quelquefois rouge.
Le malade souffre avant le repas, mais l'ingestion des aliments amène uu soulagement momentané.
La crise gastrique se produit deux ou trois heures après le déjeuner et provoque un- réveil nocturne à heure Gxe.
Les vomissements, quand il s'en produit, ont lieu de trois à cinq heures après les repas.
Constipation habituelle avec coproslase cœcale et iliaque.
Estomac distendu. — Giapotage gastrique.
Foie augmenté de volume et douloureux à la percussion.
Augmentation de THCI libre dans le contenu stomacal.
Digestion des féculents souvent mauvaise ou imparfaite.
Le sujet conserve une certaine apparenée avec une alimentation notoirement insuffisante.
Appétit minime ou amoindri.
Pas de soiL
Langue terne, blanche ou saburrale.
L'alimentation est une cause i ni médiate de malaise. — Pesanteur» gonflements, renvois, bouffées de cIm* leur, somnolence, etc.
La douleur disparait trois ou quîilre heures après les repas, à moins île fermentations secondaires.
Les vomissements, s'il s'en proiJuii^ -ont lieu dans l'heure qui suit le repas.
Constipation moins constante» sans coprostase caecale.
Distension gazeuse. — Clapotage Dire, à moins de fermentations acides.
Foie normal, non douloureux k la percussion, sauf en cas de fermentations anormales.
Absence ou grande diminution île THGl libre dans le contenu stomacal.
Digestion des féculents presque toujours très satisfaisante.
Pour le diagnostic de la forme grave, les signes précédents vous suffiront souvent pour établir le diagnostic d'avec Fhypersthénie permanente. Vous utiliserez aussi ce fait que, dans Thyposthénie, les troubles de la nutrition générale et les symptômes divers accusés par le malade paraissent hors de proportion avec ce que révèlent l'exploration directe du sujet et Texamen des fonctions de son estomac.
Cette dernière indication vous sera utile aussi pour distinguer la dyspepsie hyposthénique d'avec le cancer, Tulcère de Testomac et la gastrite chronique. L'association aux symptômes digestifs des stigmates de la neurasthénie ou de Thypocondrie, certaines oscillations de la marche de la maladie, sous l'influence de causes en apparence insignifiantes, sont aussi plu3 fréquentes dans Thyposthénie que dans ces trois affections.
En ce qui concerne la diagnostic d'avec le cancer, l'examen du chimisme stomacal est d'un faible secours et, pendant la période où le cancer latent ne se manifeste ni par une tumeur épigastrique ni par des hématémèses, où il n^y a que de l'amaigrissement et des troubles dyspeptiques, la distinction est quelquefois difficile. L'âge moins avancé, la durée plus longue de la maladie, le maintien d'un certain aspect de la face qui ne prend jamais la coloration feuille morte du cancer, la prédominance des symptômes nerveux, la plus grande rareté des vomissements et, surtout, l'action favorable du traitement seront autant d'éléments différentiels.
Dans le catarrhe gastrique, la mucine existe d'une manière à peu près constante, tandis qu'on ne la trouve que dans 5 p. 100 des cas d'hyposthénie. Les ferments digestifs, pepsine et lab, sont fréquemment absents, ce dont on peut facilement s'assurer à l'aide d'une digestion artificielle. Mais le diagnostic est presque impossible quand la maladie dure depuis longtemps, car l'hyposthénie est une des voies par lesquelles on arrive au catarrhe de l'estomac et celui-ci est une des terminaisons de celle-là. 11 n'y a donc que Taclion du traitement qui soit capable de fournir un élément certain de diagnostic.
Nous ne citerons que pour mémoire le diagnostic d'avec l'ulcère, car toute confusion me semble impossible pour un observateur tant soit peu attentif.