Blondlot. — Traité analytique de la digestion
5. Rabuteau. — Éléments de thérapeutique et de pharmacologie, 1875, p. 245.
6. LiNOssiER et Lemoine. — Archives générales de médecine^ 1893, p. 655
Certains sels de potasse possèdent les mêmes propriétés : tels le saus^arbonaley le sulfate et Vazotate de potasse. I^e premier de ces sels parait agir comme excitant chimique de la sécrétion gastrique; les deux autres comme excitants osmotiques. I^ craie préparée^ la magnésie calcinée, employées à petites doses, agissent dans le même sens» quoique d'une façon moins active.
Gendrin, à qui l'on doit une étude extrêmement remarquable el trop ignorée des dyspepsies et qui avait acquis une grande expérience de leur traitement, prescrivait un élixir où il associait certains amers et des aromatiques au sous-carbonate de potasse. Cette préparation assez complexe, qui a Tavantage de ne pas renfermer d'alcool, répond si bien à Tindication gastrique de i'hyposthénie que je l'ai adoptée depuis longtemps. Elle vous rendra de réels services, surtout quand l'appétit est défaillant. C'est généralement par cet élixir que je vous conseille de commencer le ti*aitement de I'hyposthénie. En voici la formule :
¥ Eau distillée de menthe 250 i^ammes
Extrait de cascarille \
— de gentiane /
.,,.., > aâaa 5 —
— a absinthe i
— de myrrhe )
Fleurs de camomille 6 —
Ecorces d*oranges amères 10 —
SoQS-carbonate de potasse 15 —
F. s. a. Élixir. Prendre une cuillerée à café dans un peu d'eau de 5 minutes à une demi-heure avant les repas.
Si les phénomènes sont plus tenaces et que cette préparation soit insufûsanie, ou plus simplement pour varier la prescription en cas d'accoutumance à Vélixir de Gendrin^ vous pourrez ordonner avant les repas un des cachets suivants :
¥ Sulfate de potasse )
Azotate de potasse ) *
Bicarbonate de soude 0«',30
Poudre d'ipéca 08^,01
Mêlez exactement en un cachet. Donner un cachet cinq à dix minutes avant les repas.
Dans celle préparation, les sels de potasse agissent comme excitants musculaires et osmotiques, le bicarbonate de soude comme
cxcilant sécréloîre chimique, Vipéca comme excilantde lamuquemei <les muscles et des sécrétions gastriques.
Le oondnraiiflo ^^"^ pouvez eucorB Stimuler la fonction gastrique lejaboruidi,' à l'aide du eondurangoy du vin thériacal, dn trèfle cFeaUy dn jaborandiy dn qtiassia amara^ dn colomho^ du simaroubaj de la gentianey etc. Les modes d'administration de ces agents sont innombrables, et vous trouverez dans les formulaires bien des associations médicamenteuses qui ont fait leurs preuves comme apéritifs et parmi lesquelles vous n'aurez que l'embarras du choix. Personnellement, je vous recommande :
a) — Le. vin ou Vélixir de condurango^ ou mieux encore la décoction ainsi préparée :
9^ Ecorce de condurango blanc 15 grammes
Eau de fontaine 250 —
Faire bouillir jusqu'à réduction à 150 grammes. Filtrer et
édulcorer avec 30 grammes de sirop de gentiane. Prendre une grande cuillerée un quart d'heure avant les repas.
b) — Le vin composé thériacal, qui associe dans une formule unique les principes amers :
Thériaque 8 —
Extrait de condurango blanc 6 —
Trèfle d'eau 10 —
Feuilles de jaborandi 3 —
Teinture à noix vomique XXX gouttes
Mélanger les vins, les porter à rébullition^ ajouter la teinture de noix vomique, y faire infuser les autres médicaments pendant une demiheure, puis filtrer. Donner une cuillerée à soupe un quart d'heure avant les repas.
c) — Le jaborandi est, à petites doses, un excellent stimulant gastrique. J'ai montré jadis qu'à la suite de la sudation par le jaborandi * l'appétit augmentait très sensiblement. Vous pourrez donc utiliser ce médicament dans l'anorexie de l'insuffisance gastrique, en le donnant soit sous forme de teinture, soit en infusion. Par exemple, X gouttes de teinture de jaborandi dans un verre à bordeaux d'eau
t. Albert Robin. — Éludes physiologiques et thérapeutiques sur le jaborandi, Journal de thérapeutique de Gubler, 1874-75.
de Vichy ou de Vals^ ou une cuillerée à soupe d'une infusion de 4 grammes de feuilles dans 250 grammes d'eau, ou encore I milligramme de nitrate de pilocarpine dans un peu d'eau de Vichy, dix minutes avant de se mettre à table.
J'ai trouvé la confirmation de mes expériences sur le jaborandi dans les recherches de Santangelo la Seta, qui a vu que chez le chien une injection sous-cutanée de nitrate de pilocarpine augmentait la sécrétion gastrique dans la proportion de 100 à 185, et dans celles de Kauoewitz, de Yon Pemzoldt et de F. Riegel qui a consacré à l'étude de ce point un important et décisif travail ^
Pour fournir à l'estomac une matière première qui d'ammoniom scrvc à la fabrication de l'HCl, je prescris, au milieu et le Ml marin. ^^ rgpas, uu cachct Contenant 0,20 à 0,25 de chlorure d'ammonium. Dans le même ordre d'idées, on utilisera la curieuse propriété que possèdent les lavements d'eau salée de stimuler la fonction chlorhydrique, en administrant, un quart d'heure avant le repas, un lavement de 150 grammes d'eau tiède contenant en dissolution 5 gi^ammes de sel marin. Il est bien entendu que ce lavement devra être gardé le plus longtemps possible.
J'ai remarqué aussi que les dyspeptiques hyposthéniques se trouvaient bien de l'emploi du soufre sublimé et lavéy à la condition d'user de doses faibles, telles que 0'',20, en un cachet, au milieu ou à la fin du repas.
, ^ ^^ A la fin du repas, on stimulera de nouveau les fonc-
Lee itrjoliiiiqaes. '
tions musculaires et sécrétoires de l'estomac à l'aide d'une préparation strychnique, en se servant soit d\i sulfate de slrychnine pur ou associé à la bruciney soit d'une association médicamenteuse dont là base sera une teinture de strychnée. Voici une formule :
î)tf Sulfate de strychnine 0«',02
Brucine 0«',01
Sirop de menthe 50»' )>
Eau distillée *. . , 250^' »
Dissolvez. Prendre une cuillerée à dessert à la fin de chaque repas. Vous pouvez employer aussi la formule suivante :
i. Riegel. — Ueber mcdicamentôse Bceinflussung der Magensaflsccretion, Zeitschrifl fur klinische Medicin, t. XXXVII, fasc. 5 et 6, p. 381, 1899.
*¥ Teinture de fèves de Saint-Ignace 6 grammes
— d'ipéca 4 —
— de badiane 5 —
Mêlez et filtrez. Prendre huit gouttes dans un peu d*eau de Vichy ou de Vais, à la fin de chaque repas.
u pepsine Ayant repoussé l^'usage de l'acide chlorhydrique, il
* ** pMcréatine. semble qu'il serait logique de proscrire également la pepsiney d'autant que ce médicament est aujourd'hui singulièrement démodé. Germain Sée, entre autres, affirmait énergiquement que la pepsine était plus nuisible qu'utile et de nombreux travaux sont venus depuis lors apporter à cette opinion une sorte d'appui expérimental. Cette assertion est certainement exagérée. Je développemi la question d'une manière plus complète dans une prochaine Leçon ; mais vous savez déjà que, dans nombre de dyspepsies, il y a quelque- Tois des déperditions de pepsine par Turine et que, dans ces cas, on a grand avantage à faire prendre au malade de la pepsine médicamenteuse, à condition de prescrire des pepsines vraies et d'action certaine.
La pancréatine rend souvent de grands services aux dyspeptiques hyposthéniques. On l'administre à la fin des repas, en pilules kératinisées de 0,10 cent. Il sera nécessaire d'en prendre une dose de 20 ii 80 centigrammes au moins, si l'on veut en obtenir de réels effets.
Glatz propose de donner à la fin du repas un demi-verre ou même un verre à bordeaux d'un vin pancréatique auquel il reconnaît l'avantage de favoriser la digestion et d'améliorer la nutrition générale. Ce vin doit être préparé en petite quantité et pour trois jours seulement^ J'ai souvent utilisé cette préparation et je n'ai eu qu'à m'en louer. Elle est surtout recommandable quand la digestion intestinale défaille et supplée mal à l'insuffisance de la digestion gastrique.
u oastérine ^^ gostévine^ ou suc gastrique de chien à estomac
isolé, a été introduite dans la thérapeutique par Frémont qui lui reconnaît comme indication l'insuffisance de la sécrétion gastrique. Elle ferait disparaître les douleurs et les troubles digestifs, favoriserait le retour des forces et l'engraissement et pourrait même amener une guérison à peu près complète, puisque, après
1. Préparalion de rin pancréatique de Glatz: PreDe? deux pancréas de porc et un naneréas de bœuf. Hachez et pilez au mortier avec 2 grammes de carbonate de soude, 0^,00 de borax et 40 grammes de glycérine. Laissez reposer 3 heures dans un endroit froid. Ajoutei 500 grammes de vin vieux. Agitez fréquemment, passez au tamis et ajoutez vae qoantité de vin suf Usante pour avoir uû litre de liquide. Décantez et ûJttez.
un certain lemps, les malades seraient capables de digérer sans suc gastrique animal et avec leurs propres moyens. On donne la gastérine pendant les repas, à la dose de 100 à 500 centimètres cubes par jour, mêlée au vin, à la bière ou au bouillon qui masquent assez bien son acidité \ Remarquez que, suivant les recherches de Petit, la gastérine renferme 3'',13 d'HCl libre et une quantité de pepsine correspondant à 63i^^%bO de pepsine amylacée du Codex par litre. En prenant 500 grammes de cet agent, on prend donc l'équivalent de 3P',25 de pepsine.
Les résultats favorables de Frémont ont été confirmés par Launois', Barth, Legendre, Sarrade qui ont fourni des observations pleines de promesses. Je n'ai employé la gastérine que dans trois cas. Dans Tun, j'ai obtenu une évidente amélioration, mais le cas est trop récent pour que Ton puisse déclarer qu'il y a guérison; dans les deux autres, on a dA cesser la gastérine devant la répugnance des malades. Quoi qu'il en soit, la tentative de Frémont mérite d'être retenue, et les succès qu'elle a donnés à son auteur et à de très distingués observateurs est de nature à lui assurer une place dans le traitement des dyspepsies. Elle me parait surtout indiquée dans les formes graves, quand les autres agents thérapeutiques n'auront pas réussi à stimuler la sécrétion gastrique défaillante.
Lindioctton Cc traitement qui s'adresse uniquement au fait de
des fipmentattoiis. ijnsuffisance gaslriquc doit être complété, quand il existe des fermentations secondaires, par l'emploi des moyens destinés i les combattre ; mais, comme cette étude doit être faite complètement lorsque nous traiterons des dyspepsies avec fermentation, ce serait faire double emploi que d'en parler maintenant. En dehors des modifications du régime, le traitement des fermentations comporte un certain nombre de médicaments qui devront être pris pendant ou à la fln du repas.
Lt tndtaiiiMii Toutcs Ics indications qui précèdent s'appliquent
soppièmentaire. g^^ggj higjj j la formc légère qu'à la forme grave de l'hyposthénie. Cependant il faut savoir qu'elles sont loin d'être infaillibles, surtout dans cette forme grave. Aussi, quand les traitements précédents ne seront pas tolérés ou ne réussiront pas, vous établirez aussitôt le traitement systématique dont voici l'exposé :
!• Au réveil, un verre à bordeaux de macération de quassia
1. fnÈ^om. — Bulletin général de thérapeutique, p. 811, t.CXXXVUl, 1899.
2. Ladnois. — Bulletins de la Société médicale des hôpitaux, 19-26 janvier et 9 fé- Yricr 1900.
amara. On fera cette macération en mettant, le soir en se couchant, 2 grammes de copeaux de quassia dans un grand verre d'eau sur lequel on prélèvera, le lendemain matin, la dose prescrite.
f" Exactement une demi-heure après, prendre le premier déjeuner qui se composera d'un ou deux œul's à la coque, avec un tout petit morceau de pain grillé, et de fruits cuits. Autant que possible, ne pas prendre de liquide à ce premier repas. Si la soif est trop vive ou si Ton ne peut manger sans boire, ne permettre qu'un verre à bordeaux d'eau fraîche.
3" Ne pas restreindre la quantité des boissons aux autres repas, mais ne boire absolument que de l'eau pure ou additionnée d'une très petite quantité de cognac.
i" Suivre strictement le régime alimentaire qui sera modifié ainsi qu'il suit: on évitera beurre cuit, sauces, fritures, graisses, charcuterie, condiments, viandes marinées, conserves, poissons gras, pâtisserie, crudités, acides. Se nourrir de bouillon frais, de viandes et de volailles rôties, bien cuites, lentement mâchées, d'œufs à la coque, de poisson au court-bouillon, de légumes réduits en purée, de fruits cuits.
5* Immédiatement après le déjeuner et le dîner, une petite tasse d'une infusioix aromatique très chaude (tilleul, menlhe, camomille^ feuilles d'oranger).
6* Dix minutes avant le déjeuner et le dîner, quatre gouttes de teinture de noix vomique dans un petit verre à bordeaux d*eau de Vichy ou de Vais,
T Après le déjeuner, le dîner et en se couchant, un des paquets ci-dessous, qu'on délayera dans un peu d'eau :
î)tf Magnésie calcinée ) ^^ ,
Bicarbonate de soude j ^* * «''"""'"'
Craie préparée 6 —
Divisez en 13 paquets.
On continuera ces paquets pendant quatre jours, on les cessera pendant six, on les reprendra pendant quatre et ainsi de suite.
Néanmoins, au moindre malaise gastrique, on prendra un paquet supplémentaire.
8" On entretiendra la régularité des garde-robes, en prenant, soit le matin, à jeun, un lavement à l'eau tiède, soit un grain de santé de Franck, ou une pilule écossaise, en se couchant.
Cette prescription sera suivie pendant 20 à 30 jours, après quoi on s'occupera de remplir Tindication des troubles de !â nutrilion dans la mesure où celle-ci n'aura pas été améliorée par le traitement
précédent ; car le bouillotij l'usage des poudres composées à la ma' gnésie remédient déjà à la déminéralisation, tandis que les strychniqœs et les amers sont des stimulants de la fonction biliaire.
11 reste donc à modérer les fermentations, ce que nous essayerons de réaliser dans une prochaine Leçon, à activer les oxydations et les échanges nerveux et à remédier à l'anémie secondaire ou causale. Maïs, avanl de rechercher les moyens propres à atteindre ce but, nous passerons rapidement en revue diverses médications qui peuvent èli e \ïlus ou moins utilement employées à titre accessoire.