R. WiLD. — Médical Chronicle
mille, vanille, tilleul) serviront au moins à aromatiser Teau chaude que les malades doivent prendre après le repas.
Les frictions sur Testomac, les applications de linges chauds, de sacs (feau chaude, les liniments aromatiques figurent en bon rang parmi les adjuvants.
Tndumtnt Mais tout cela est insuffisant chez les malades qui
deufi^eaoe ^^^^ atteints de cette flatulence vraiment explosive et
aArophagie. torturaule. Alors il est nécessaire d'intervenir d'une façon plus décisive. Quelque nombreuses que soient les causes de la flatulence, il est certain que la plus essentielle, dans ces cas, est la déglutition de Tair ou aérophagie et que le symptôme afl'ecie de grandes analogies avec les éructations hystériques ^ Vous serez souvent découragés par l'inutilité des médications, et vous verrez échouer Yhydrothérapie, les pulvérisations d'éther sur l'épigastre, la faradisation du creux épigaslrique, le lavage de Vestomac, le« absorbants, les antiseptiques, le massage, le ckloral, le bromure de potassium, la belladone, la jusquiame, etc., qui peuvent réussir dans des cas légers. Une reste plus qu'à arrêter Taérophagie et à faciliter la sortie des gaz digestifs. La cravate de Piorry, les baâigeonnages cocainés du pharynx, le conseil d'ouvrir la bouche et d'en maintenir la béance avec le doigt pendant le plus de temps possible pour empêcher les mouvements de déglutition involontaire, tels sont les moyens les plus recommandables pour modérer l'aérophagie.
Pour faciliter la sortie des gaz, Ripoll conseille la titillation de la luette, qui lui a fort bien réussi sur lui-même. Un autre moyen consiste à ouvrir l'œsophage en déglutissant un peu d'air, puis en abaissant et relevant successivement la tête. Une fois l'œsophage ouvert, les gaz s'échappent avec bruit, mais sans douleur. Si la tension gazeuse dans l'estomac est trop forte, l'opération réussit moins facilement. Une fois habitués à cet exercice, les malades en arrivent même à rejeter volontairement leurs aliments et mieux vaut qu'ils le fassent dés qu'il est rendu évident par l'abondance des éructations que la digestion ne se fera pas normalement ; car, trois ou quatre heures après le repas, le vomissement est nauséeux, brûlant et beaucoup plus pénible, tandis qu'il est à peine désagréable quand il a lieu au moment des premières éructations. Quand ce moyen ne réussira pas, vous essayerez de donner une gorgée &eau de Seltz ou une perle d'éther; en dernière analyse, il vous restera la ressource de la sonde
1. A. Pitres. — Des éructations et des borborygmes nystériques, Le Progrès médicaif
lm om Quand la crise aboutira au vomissement, le malade
partioQUen. prendra un des cachets composés à la craie préparée dont il a été question plus haut. Au bout d'une à deux heures, le besoin d'aliments se fait généralement sentir, et vous donnerez un peu de lait coupé d'eau de chaux simple ou légèrement cocalnée {0^%^ de chlorhydrate de cocaïne pour 800 grammes d'eau de chaux). Remarquez que j'indique le lait, après l'avoir supprimé dans le régime; mais, dans les crises aiguës de ce genre, toute autre alimentation est souvent mal supportée.
Si la crise de flatulence est particulièrement douloureuse et accompagnée de migraine, ce qui est le cas dans les grandes fermentations des hypersthéniques, il vaut mieux juger la situation en administrant un hypnotique, tel que Vhypnal, conseillé par Bàroet. Le malade s'endort et, quand il se réveille, la crise est terminée.
Il est des cas où le tympanisme stomaco-intestinal constitue le symptôme dominant des fermentations. On peut lui appliquer tous les modes de traitement précédents; on peut même utiliser avec succès, chez les névropathes, les aimants et la psychothérapie (suggestion hypnotique ou à l'état de veille) ; mais il est des cas, qui ont été bien décrits par GeoffroyS où le tympanisme tient, non pas à un développement exagéré des gaz ou à une atonie de la musculature gastrique, mais bien à la contracture du pylore ou du duodénum. Le massage réussit alors remarquablement, mais à la condition qu'il soit pratiqué uniquement au niveau du poiut contracture.
Geoffroy cherche le pylore contracture à peu près au milieu de l'espace qui sépare la ligne xipho-ombilicale du rebord costal et vers la partie supérieure du tiers moyen de cette ligne. Il recommande d'agir très lentemeut, sans déployer de force, en un mot de faire du massage sédatif. Si l'on presse trop fort, les doigts ne sentent plus rien. Au moment où la contracture cesse, les doigts perçoivent le passage de liquides mélangés à des gaz, et ils ne peuvent plus retrouver le point durci qu'ils avaient d'abord constaté. Si, chez ces tympanisés, on veut porter la main sur l'estomac au niveau de la portion de sa face antérieure qui est accessible ou de la grande courbure, on perd son temps, dit Geoffroy, et d'ailleurs le malade ne vous laisse pas faire de longues tentatives, car chaque attouchement mal dirigé augmente ses souffrances.
1. J. Geoffroy. — Spasme et coniracture du tube digestif. Leur diagnostic et leur traiteoieut manuel, La Clinique française ^ p. 1021 et 1045, 1S96.
Les mêmes contractures peuvent siéger sur divers points de rintestin et donner lieu à des tympanismes généraux ou partiels, à de fausses tumeurs, à des crises douloureuses dont on méconnaît presque toujours l'origine *. Elles sont justiciables du même traitement, c'està-dire d'une palpation locale très douce et très lente, pratiquée avec deux doigts seulement et qui est bien plus une affaire de doigté que de biceps. J'ai eu, maintes fois, l'occasion de vous montrer l'importance pratique et l'exactitude des observations de Geoffroy, et dernièrement encore, au nM7 de la salle Serres, nous avons obtenu un succès complet chez un charpentier de 45 ans, dont le tympanisme gastrique avait résisté à tous les autres moyens.
Traitement de rembarras gastrique chronique et des formen fébriles. — La cure de repos absolu. — Les cures hydro-minérales.
Trattamrat Gommcncez par instituer un régime strict avec le traide rembarras lemeut dcs fermentations, en insistant sur les antisep- ' et^* tiques indirects et mécaniques; puis, si après quelques dea formes f6brtieBj^yj.g ^^ u'obscrve aucuue amélioration, usez largement de la médication purgative, en employant surtout les purgatifs salins ou Yhuile de ricin. Et si la langue est très chargée, l'haleine fétide, donnez avant tout une dose vomitive d'ipéca.
Laonre Si l'cmbarras gastrique chronique ne cède
de repos absolu. ^^^ dcvaut ccttc médication, vous aurez encore la ressource de la cure du repos absolu de l'estomac avec alimentation rectale exclusive, prolongée pendant plusieurs jours^ Vous trouverez dans l'excellent travail de A.-P. Gros tous les documents relatifs à V alimentation rectale qui a fait sesi preuves et dont la va'eur est admise aujourd'hui par tout le monde. Elle a été employée avec succès dans l'ulcère de l'estomac, les grandes sténoses pyloriques,
1. Cherchewskt. — Contribution à la pathologie des névroses inttstinales, Revue tt& médecine, p. 876 et 1033, 1883.
2. A.-P. Gros. — Traitement de certaines maladies de Testomac par la cure durepoa absolu et prolongé de l'estomac avec alimentation rectaln exclusive, Thèse de Lyon, 1898..
m LES DYSPEPSIES
rintolérance gastrique, rhypersécrélion conlinue. C. Tournier, qui a éto ['un des promoteurs de cette méthode de traitement, emploie la formule suivante :
t^ Bouillon salé 140 à 150 grammes
Jaunes d'œufs N"^ 2 à 6
Vin 20 à 40 grammes
Laudanum de Sydenham IV à VIII gouttes
Mêlez exactement en un lavement alimentaire.
Si le malade se plaint d'une soif trop vive, on lui donne le laument désaltérant suivant :
y Vin 125 grammes
Eau 125 —
Pour un lavement,
ou tout simplement 250 grammes d'eau tiède, ou encore un peu de vin de Champagne coupé à partie égale d'eau de Vichy.
Tournih:r recommande de pousser le lavement très lentement, avec une longue canule ou avec une sonde de Nélaton, le malade étant couché. On administre i lavements alimentaires et 3 lavements désaltérants par jour. Le repos au lit est obligatoire.
La cure, dit Tournier, doit durer une vingtaine de jours. Dans te ras qui nous occupe, ne fixez pas de limites; guidez-vous sur rétat de la langue, siu' la température, sur les sensations gastriques du malade. Ordinairement 2 à 6 jours suffisent. On reprendra progressivement Talimentalion par la bouche, en commençant, bien entendu, pai le lait stérilisé. Dans quatre cas où je Tai employée, cette meLhode m'a parfaitement réussi.
Le traitement C'ost la uaturc do la dyspcpsio associée aux fermen-
bydro-nrinérai. i^lions quI légitimera l'emploi de telle ou telle cure thermale, et je vous renvoie , sur ce point, aux Leçons antérieures. Toulefois les eaux laxatives du type Châtel-Guyon, Brides^ Carlsbad^ Marienbady Hombourg reconnaîtront souvent une indication particulière, celle de Tanlisepsie mécanique. En ce qui concerne Châtel'Gxiyony Pessez* a montré que la moyenne des micro-oi^ganismes des matières fécales augmente dans la proportion de 1 à 4
1. G. Pessez. — Action des eaux de Chàtei-Guyoïi sur le microbisine intestinal, Aiimles d'hydrologie et de climatologie médicales, 1899.
avec 600 grammes d'eau de Châtel-GuyoUy de 1 à 23 avec iOOO grammes d'eau, elque cette augmentation persiste encore plusieurs jours après la cessation de Teau minérale. Il est probable que Tea i de Chdtel- Guyon élève le nombre des microbes éliminés el aide à la désinfection du tube digestif en excitant son périslallisme et amenant, par suite, une élimination plus rapide des matières.
LES
DIAGNOSTIC ET TKAITEMENT
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