‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 70 sur 177 · MT · texte numérisé non relu

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L68 échanges ÉHminons de ce tableau les cas extrêmes et ne

gtaèranz. considéroos quc les moyennes qui répondent assez exactement à la majorité des analyses. On est immédiatement frappé par les faits suivants :

Chez les hypersthéniques permanents qui s'alimentent encore d'une façon suffisante et dont l'état général n'a pas sensiblement fléchi, les échanges sont normaux, sauf en ce qui concerne les matières ternaires incomplètement oxydées et le coefficient de déminéralisation qui sont supérieurs à la normale.

Dans les cas où les malades s'alimentent mal, la nutrition est en baisse sur tous les points. Seul, le coefficient de déminéralisation totale est en hausse et cette déminéralisation paraît porter principalement sur le chlorure de sodium.

Voyez déjà les différences qui existent dans les échanges comparés à ceux de Thypersthénie aiguë où tout était augmenté. Ici, l'augmentation générale des échanges est exceptionnelle ; elle figure encore chez un certain nombre de sujets, comme en témoignent les chiffres inscrits à la colonne des maxima, mais à titre accessoire. Est-ce parce que les malades mangent moins que dans la forme aiguë? Oui, certainement; mais c'est aussi parce que la digestion des aliments io^'érés, et par suite leur assimilation, est insuffisante, comme le témoignent l'analyse des gaz de la respiration et des fèces dont nous nous occuperons plus tard. Cependant l'examen des rapports d'échange nous montre que les actes nutritifs, envisagés 8n eux-mêmes, s'effectuent d'une façon normale; par conséquent, à considérer les choses dans leur essentialité, la nutrition générale n'est pas troublée. Ce qui est troublé, c'est simplement la préparation des matériaux sur lesquels vont s'exercer plus tard les actes nutritifs.

Voyons maintenant les autres caractères de l'urine. *hS^*' La réaction est acide dans 88 p. 100 des cas.

Sédiments, neutre ou alcaline dans 12 p. 100. Mais l'acidité est, en général, assez faible; l'urine a une grande tendance à fermenter spontanément et la réaction de l'urine de la digestion est ordinairement alcaline. Ce caractère de l'alcalinité, dont on a voulu iaire un symptôme constant de la dyspepsie hyperslhénique, demande quelques éclaircissements. On sait qu'à l'état normal la digestion exerce une action sur la réaction urinaire. L'acidité de l'urine diminue pendant les trois à cinq heures qui suivent un repas ordinaire; elle atteint alors son minimum et remonte ensuite. Or, dans Thypei-sthénie permanente, cette diminution de Tacidité après les repas est plus précoce, plus durable et plus accentuée que dans les conditions phy-

LA DYSPEPSIE HYPERSTHÉNlQerE PERMANENTE

siologiques; la neutralité et l'alcaliDilé sont presque la règle. Mais ce n'est que dans 12 p. 100 des cas que cette alcalinité de l'urine de la digestion est assez marquée pour que le mélange des urines totales émises dans les S4 heures présente, lui aussi, une réaction neutre ou alcaline, du moins dans les cas qui nous occupent, c'est-à-dire chez les malades qui conservent encore un bon état général.

Chez un certain nombre de ces malades, on observe aussi le phénomène des urines laiteuses à rémission pendant la période digestive. Ce caractère est assez important pour qu'il soit utile de lui consacrer une Leçon spéciale.

L'albumine existe dans un tiers des cas, soit plus souvent que dans l'hypersthénie aiguë d'origine alimentaire et autant que dans les hypersthénies d'origine hépatique. Les considérations que je vous ai développées à propos de ces deux variétés sont tout à fait applicables à l'albuminurie de l'hypersthénie permanente.

Le sucre, plus rare, n'a été trouvé que 8 fois sur 100 cas.

L'urohématineprend ici une importance plus grandequedansles formes précédentes; elle se montre dans près de 40p. 100 des cas.

L'urobiline et Turoérythrine sont plus rares et ne figurent ensemble que dans 20 p. 100 des analyses.

Quant à l'indican, on le trouve dans plus du tiers des cas.

Le pourcentage des sédiments s'établit ainsi qu'il suit :

Leucocytes 50 p. 100

Acide urique 39 —

Oxalate de chaux 35 —

Urates pulvérulents 17 —

Phosphate de chaux 14 —

Phosphate ammoniaco-magnésien 10 —

Les mAUriau Los matériaux inorganiques ont été doses inorgaiiiiiDM. ^^^^ .jj ^g y^j^j |g tablcau résumé des analyses.

Tableau XIIL — Les matériaux inorganiques dans 12 cas de dyspepsie hypersthénique permanente.

DÉSIGI9ATI0N DES CARACTÈRES UROLOGIQUES

Acide sulfurique total

Soufre incomplètement oxydé

Acide sulfurique conjugué

Acide sulfurique. préformé. . . . . .

Coefficient d'oxydation du soufre.

Chaux

Magnésie

Potasse

Soude

Par

Par

21 heures.

kilogramme, de poids.

0fl^066

09^oo5

2o^8iO

87,2 Yo

OB^oo7

09^ooi

0«fS096

L6B MufreB Rans CCS chiffrcs, considérons tout d'abord ceux

"*"^**- qui concernent les différentes formes sous lesquelles le soufre s'élimine.

On admet que le soufre se rencontre dans l'urine sous trois formes :

V Sous forme de sulfates; c'est l'acide sulfurique dit préformé (A).

2' Sous forme d'acide sulfurique conjugué au phénol, à rindol, au scatol, etc.; c'est l'acide sulfurique conjugué (B).

3"" Sous forme de soufre incomplètement oxydé, provenant de corps sulfurés dont la taurine est le type. On l'exprime généralement en acide sulfurique (C) *.

Comme le phénol, l'indol, le scalol sont des produits engendrés dans les fermentations digestives et que leur proportion croit avec rintensili' et le caractère anormal ou putride de ces fermentations, on a, dans le dosage de l'acide sulfurique qui se conjugue à ces principes pour les entraîner par l'urine, un moyen assez sûr de doser indirectement ces fermentations. J'avais proposé jadis, dans le même but, de doser le phénol de l'urine^ mais je reconnais que la détermination de Vacide sulfurique conjugué est beaucoup plus pratique.

 TiMat normal, avec une alimentation mixte, la moyenne de Tacide sulfurique conjugué oscille, d'après mes recherches, entre 0"^090 eî 08',i80; les chiffres de 0",100 à 0«',450 sont les plus fréqueninieiu observés^ Les moyennes données par les auteurs allemands (G. Hoppe-Seyler, von Velden, etc.) ne peuvent être utilisées dans notre pays et dans nos conditions de vie, tant elles dépassent ce que Ton obseïve en France. Le rapport de l'acide sulfurique conjugué à Tacide sulfurique total varie dans de grandes proportions, mais il peut servir de base d'évaluation. Le rapport de l'acide sulfurique conjugué h l'acide préformé est en moyenne de 9 p. 400 pour les auteurs allemands. Pour ma part, je l'ai rarement trouvé normalement supérieur à 7 p. 100.

Parlant de ces données, vous voyez que l'acide sulfurique est augmenté sous toutes ses formes, aussi bien par 24 heures que par kilogramme de poids, et que le coefficient d'oxydation du soufre reste normal. L'acide sulfurique conjugué, dans ses chiffres absolus, est très élevé et dépasse les plus hauts chiffres de l'état

i, CeUe portion du soufre urinaire peut être subdivisée encore en soufre facilement uicydab e iraiteinent de Turine par le chlorate de potasse et l'acide chlorhydrique) et soufre difficilement oxydable (liaitcment par l'azotate de potasse et la 1011 de)

3. Alb£Hi: Robin. — De la production du phénol dans l'organisme considérée au point de vue pliys^iologique et clinique, Gaieite médicale de PariSy 1879.

3.. A.UEnt Robin. — Leçons de elinique et de thérapeutique médicale, PaHs^ 1887, ^ 277.

physiologique. Son rapport à l'acide sulfurique préformé est de 8,1 p. 100, soit un peu plus haut qu'il ne conviendrait. Mais celte moyenne de 8,4 p. 100 ne répond pas à la réalité; car les observations peuvent se diviser en deux groupes, suivant que le rapport est audessus ou au-dessous de son chiffre habituel. Dans les quatre cas du premier groupe, le rapport est de 15,6 p. 100; il est de 7,1 dans les irnit cas du second groupe, ce qui prouve que dans le tiers des observations il se produit dans le tube digestif des fermentations vicieuses et que ces fermentations sont à peu près normales dans les deux tiers des cas.

La chaux, la magnésie, la potasse sont en accroissement sensible.

it pooroenuge D'aillcurs, Texameu du pourcentage minéral "^*^ accentue ces conclusions. Celui-ci peut être résumé ainsi qu'il suit:

p. 100 de • résidu inorganique.

Chlore 30, 10

Acide phospborique 11, 70

Acide sulfurique 16,10

Chaux 1,39

Magnésie 0, 70

Potasse 12,20

Soude 28,01

En comparant avec l'état de santé, on voit que le chlo re diminue un peu (30,10 au lieu de 36,8); que l'acide phospborique, la potasseet la magnésie sont normaux; que l'acide sulfurique, la chaux et la soude sont en augmentation sensible.

Vous avez en main les pièces du procès ; il s'agit

InlerpréUtion , , . , ,, . , , .

desrèsuitau dc les interpréter et d en tirer des conclusions pra-

prëoédents. . .

tiques.

L'évolution élémentaire des matières albuminoîdes qui ont pénétré dans la circulation s'accomplit comme dans l'état de santé et, chez les malades qui ne mangent pas ou qui mangent peu de peur de réveiller des crises, la désassimilation azotée n'est pas troublée dans ses actes fondamentaux.

Les matières ternaires, principalement les féculents, subissent une évolution anormale qui procède certainement aussi du fait de leur imparfaite digestion et non d'une moindre aptitude de l'organisme à les utiliser, puisque chez les malades qui s'alimentent mal

tii LES DYSPEPSIES

la proportion desdites matières dans l'urine est au-dessous de Tétat physiologique.

L'augmenlation de l'acide sulfurique conjugué et de son rapport à Tacide sulfurique préformé indique que, dans un tiers des cas, il y a dans le tube digestif des fermentations vicieuses. Cetle indication est corroborée par la présence de l'indican qui apparaît précisément dans les mêmes proportions. L'HCl ne joue donc pas, comme on le soutient encore à tort, un rôle an lisep tique dans l'estomac. S'il jouissait de la propriété de suspendre les fermentations, il les suspendrait alors qu'il est en excès dans le suc gastrique, et c'est justement le contraire qui arrive, ce qui ruine tout l'échafaudage Ihéra^ peutique bâti artificiellement sur une vue de l'esprit que les faits n'ont point réalisée.

L'apparition plus fréquente de l'urohématine et l'augmentation de la potasse sont en rapport avec le plus grand nombre de cas d'anémie secondaire que l'on trouve dans celte forme d'hyperslhénie permanente. Cette anémie n'est autre que celle si bien décrite par Beau, comme le plus important des troubles de sa série hémopathique des accidents dyspeptiques.

L'élévation du coefficient de déminéralisation indique quela nutrition minérale s'effectue d'une manière plus active que la nutrition organique.

L'augmentation du coefficient de la déminéralisation chlorurée, chez les malades qui s'alimentent mal, indique que l'estomac, pour faire son HGl en excès, emprunte des chlorures aux réserves organiques, ce qui doit fatalement conduire à la déminéralisation plasmatique.

L'augmentation de la chaux implique une dénutrition accentuée dans les organes riches en ce principe, à savoir les systèmes nerveux et osseux.

Donc, pas plus que dans la forme aiguë, il n'y a ici de trouble de nutrition conjugué à l'hypersthénie, mais seulement une accentuation des troubles secondaires que nous connaissions déjà et une tendance à l'insuffisance nutritive par suite de la préparation digestive imparfaite des aliments.

Les échanges généraux dans la dyspepsie hypersthénique permanente cachectique. — Leur caractéristique. — Les matières inorganiques. — Les sédiments et la réaction. — Les pigments urinaires. — Interprétation des faits précédents. — Le bilan nutritif.

Voyons si le tableau change chez les dyspeptiques hyperslhéniques permanents à la période cachectique.

Tableau XIV. — Les échanges organiques dans 20 cas de dyspepsie hypersthénique permanente chez des malades cachectiques.

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