‹ Les maladies de la personnalitéChapitre 17 sur 22 · Richet, Ouv. cité , p 541; Carpenter, Ouv. cité, § 36S · texte numérisé non relu

Richet, Ouv. cité , p 541; Carpenter, Ouv. cité, § 36S

2. De ces Jescriptions, je n’en citerai qu’une, la plus proche

LES TROUBLES INTELLECTUELS

atteindre l’extase, les métaphysiciens panthéistes ont aussi parlé d’un état où l’esprit se pense « sous la forme de l’éternité », s’apparait comme en dehors du temps et de l’espace, libre de toute modalité contingente pour ne faire qu’un avec l’infini. Cette situation psychologique, bien que rare, ne peut être oubliée. Elle me parait la confiscation absolue de l’activité mentale par une seule idée (positive pour les mystiques, négative pour les empiriques), mais qui, par son haut degré d’abstraction, son absence de détermination et de limites, contredit, exclut tout sentiment individuel. Qu'une seule sensation, très vulgaire, soit perçue, et l’illusion disparaît. Cet état n’est ni au-dessus, ni audessous de la personnalité mais au dehors et au delà.

En résumé, les états de conscience qu’on nomme

de nous par U langue et par le temps. ■< Tl me semble que je suis devenu une statue sur les bords du fleuve du temps, quej'assiste à quelque mystère d'où je vais sortir vieux ou sans âge. Je me sens anonyme, impersonnel, l’œil fixe comme un mort, l’esprit vague et universel comme le néant ou l'absolu ; je suis en suspens, je suis comme n’étant pas. Dans ces moments, il me

gemble que ma conscience se retire dans son éternité elle

s’aperçoit dans sa substance même, supérieure à toute forme contenant son passé, son présent et son avenir, vide qui renferme tout, milieu invisible et fécond, virtualité d’un monde qui se dégage de sa propre existence pour se ressaisir dans son intimité pure. En ces instants sublimes, l’âme est rentrée en soi; retournée à l’indétermination, elle s’est réimpliquée au delà de - a propre vie, elle redevient embryon divin. Tout s'efface, se dissout, se détend, reprend l’état primitif, se replonge dans la fluidité originelle, sans figure, sans angles, sans dessin arrêté. Cet état est contemplation et non stupeur : il n’est ni douloureux, ni joyeux, ni triste ; il est en dehors de tout sentiment pécial comme de toute pensée finie. 11 est la conscience de 'être et la conscience de Tomnipossibilité latente au fond de cet être. C’est la sensation de l’infini spirituel » (Amiel. Journal intime, 1836, cité par M. Schérer dans sa préface.)

idées ne sont qu’un facteur secondaire dans la constitution de la personnalité et dans ses altérations. L’idée joue son rôle, mais il n’est pas prépondérant. Ces résultats s’accordent avec ce que la psychologie enseigne depuis longtemps : les idées ont un caractère objectif Elles ne peuvent donc exprimer l’individu au même titre que ses désirs, ses sentiments et ses passions.

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