‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 10 sur 115 · LES ÉMOTIONS ET LES SENTIMENTS Î · texte numérisé non relu

LES ÉMOTIONS ET LES SENTIMENTS Î

sant défaut, qu^adviendrait-il de raffection mater^ nelle pour le nouveau-né ? A voir certaines mères qui, ayant subi des chloroformisalions à chaque accouchement, ne continuent pas moins d'adorei leur progéniture, il semble vraiment que la douleur de la procréation ne soit point indispensable. Les neuf mois de gestation avec les fatigues qu'ils comportent, les joies de Fallaitement, les soins consécutifs aux nourrissons avec les peines et les angoisses qui les ponctuent, agissent à titre de pédales émotives suffisantes. Serait-il établi que la diminution du mal refroidit la température de l'amour, peut-être les médecins feraient-ils bien de ne point vulgariser une méthode d'adoucissement qui par ailleurs exposerait à un pareil risque. Le médecin doit soulager, mais dans la mesure où son intervention met d'accord l'intérêt particulier avec les devoirs sociaux, et l'ambition qui le guide est satisfaite, si cette condition double, aisément remplie dans les circonstances habituelles, l'est encore lors de la mise au monde d'un nouveau-né.

En affinant la tendresse, la douleur trempe du même coup la résistance. Entre la sensibilité accrue et les défenses de l'organisme mieux assurées, s'établit une harmonie mystérieuse et bienfaisante. Les vibrations morales entretiennent les vibrations

physiques et réciproquement. Nous ne dirons pas que la femme qui a eu plusieurs enfants doit à la douleur seule de ses accouchements cette virilité de tempérament qui la redresse triomphante vis-à-vis les atteintes des maladies. À côté de Faction morale, réservons une large place aux influences physiques, à l'activité des sécrétions internes fouettées par les phénomènes conceptionnels, au rajeunissement général de l'organisme que fait reverdir révolution d'une grossesse normale. H. Pinard a raison d'insister sur la longue jeunesse des femmes qui ont eu plusieurs enfants : trois grossesses sont le terme moyen. Seulement ces mères ne restent pas seulement plus jeunes ; elles se montrent aussi plus aimantes et plus robustes.

Certaines maladies qui guérissent complètement

— les maladies infectieuses aiguës par exemple,

— semblent agir sur (a sensibilité à la façon d'un violent choc émotif. Les antitoxines que la guérison des fièvres installe dans l'organisme assurent maintes fois une santé plus prospère et une longévité durable. D'autre part, le système nerveux ébranlé par Fassaut morbide acquiert des antennes plus subtiles et, si le sujet est apte à se dominer, une fermeté mieux assise.

Les coups de cravache émotive et infectieuse sont de grands éducateurs. A eux appartient le mo-

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