‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 33 sur 115 · LA PBYCHO-ANALYSE ALLEMANDE · texte numérisé non relu

LA PBYCHO-ANALYSE ALLEMANDE

n'est point toujours ni nécessairement de nature sexuelle » déclare M. P. Farez *.

Un fait primordial domine toute l'histoire des névroses : la valeur du choc émotionnel. Ce dernier produit une secousse organique et pour l'ordinaire, à Tétat normal, fait suite à la représentation d'une image mentale. Reçue avec force et grossie démesurément, celle-ci déborde les cadres psychiques et envahit les domaines du système nerveux sympathique. Il en résulte des excitations de diverse sorte aboutissant à des réactions variables (angoisses précordiales, pâleurs, rougeurs, sécrétions, sueurs, larmes, crises syncopales) et grâce à l'apport de ces modifications circulatoires, le cycle émotionnel est constitué. Le fait de conscience représentatif s'est doublé d'un fait de conscience affectif.

Les femmes, les enfants ne sont guère accessibles qu^à ce dernier. Les idées ne les impressionnent qu'autant qu'elles se transforment en sentiments, c'est-à-dire en images mentales renforcées par des attitudes émotionnelles. Tous les êtres faibles — y compris les espèces animales — possèdent un appareil nerveux organisé sur un pareil type. Il les met en garde, commande le geste approprié,

* Paul Farez : La psycho-analyse française, 23» séance de la Société de la psychothérapie, 1« juin 1914.

71 LE8 MALADlgB DES CARACTÈRES

les arrête dans la surprise, leur arraclie un cri dans la terreur, les fait fuir avec la peur, et sauter dans lajoiç. Chacune de ces réactions accompagne une variation dans le rythme circulatoire. Le cœur se ralentit, sVccéIferej est coupé de faux pas, la face pâlit, rougit; tout l'organisme est entravé ou accru dans sa vitalité. L'homme plus fort n'a point besoin de ce cortège émotionnel ; ses bras le défendent et chez quelques-uns le cerveau. Pour le garantir contre le danger» il a la puissance dans les muscles et aussi Fesprit de suite qui sait prévoir. S'il sent vivement, ses répercussions émotives s'opéreront en dedans, dans le domaine du sympathique viscéralj sans se manifester au dehors par le surcroît d'une attitude expressive correspondante. Ce que Von appelle la maîtrise de soi est avant tout la possibilité de circonscrire le champ de son émotivité. Elle produira encore quelques légers troubles circulatoires, des battements rapides des paupières, mais dans rimmohilité du geste général ces signes apparaîtront seulement à celui qui sait les discerner.

A TéLat normal, tout cela dure peu et en quelques minutes, Téquilibre est reconquis.

Dans les névroses^ il en va autrement. Le calme ne renaît pas ; en dépit de Tabsence de cause perceptible, Tangoisse persiste. Le choc émotionnel

Page 1