‹ Les maladies des caractères: étude de physiologie moraleChapitre 56 sur 115 · LES SEXUELS · texte numérisé non relu

LES SEXUELS

quand elle vit de quoi il retournait, conta tristement le géant, elle me fît reconduire en omnibus ».

L'homme-tronc/ un nain sans bras et sans jambes^ se démenait tout joyeux et frétillant sur les bras de sa femme. Père de famille, il gagnait sa vie avec le produit de ses bonnes fortunes. Sa femme le portait à domicile et les largesses des demi-mondaines lui permettaient d'assurer dignement le pain de sa famille.

Le grand Frédéric^ c'est à tort qu'il espérait une génération de colosses engendrés par des grenadiers géants. Dans l'intimité, ces gaillards, comme le géant de la foire de Neuilly, devaient plutôt faire piteuse figure. Les sexuels appartiennent bien plus à des individus de taille courte qu'à des types de haute stature. Il semble que chez ces derniers les sécrétions internes sont troublées et que l'allonge^ ment de la taille traduise l'expression d'une véritable déviation morbide. Nombre de nains jouissent au contraire d'une activité médullaire qui s'harmonise avec la richesse des échanges profonds.

Inutile de parler de leur intelligence, elle est vulgaire comme leur geste et banale comme lui. Ce sont des actifs médullaires, d'imagination courte et incapables de spontanéité.

A un ftge avancé, le vice annonce souvent une atteinte cérébrale. La mentalité réduite lâche lei^

lU LES MALADIES DES CARACTÈRES

freina aux réactîonR de la moelle. N'oublions pas Tinstinct de conservation enjeu qui^ par cet appel aux manifestations viriles, cherche à s'illusionner Bur une durée de vie qui touche à sa fin< Lors de certaines convalescences inattendues comme il advient dans les maladies de coiur particuliferement graves, des malades âgés, vieillards de plus de soixante ans, tirent, de ce retour à la santé^ une telle exaltation de vie, qu'ils ne songent à rien moins qu'à la bagatelle. Leur sexualité se réveille avec d'autant plus de vigueur que> la veille encore, ils étaient résignés à tous les sacrifices. L'instinct de conservation victorieux tient à se fournir les preuves évidentes de son triomphe.

Plusieurs de nos malades qui avaient dépassé la soixantaine ont commis la grande folie. L'un d'eux a même divorcé pour s'offrir le régal d'une jeunô flUe de dix-huit ans. Tellement il est vrai que le médecin, en remettant d'aplomb un malade, s'attire parfois les reproches indignés de la morale.

Le baronllulot, de Balzac, n'était ni un cardiaque ni un affaibli au point de vue cérébral. Demeurant dans une note habituelle de médiocrité, il ne s'en écartait pas sur Tâge dani un sens plus fâcheux* L'avoir oublié indique une légère inadvertance de la part du romancier qui méconnaissait Tusure

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