‹ Les maladies des yeux dans leurs rapports avec la pathologie générale; (volume 2)Chapitre 17 sur 277 · CENTRES SOUS-CORTICAUX DE LA VISION · texte numérisé non relu

CENTRES SOUS-CORTICAUX DE LA VISION

Les fibres de la bandelette optique se terminent dans le corps genouillé externe, le pulvinar de la couche optique et la partie antérieure des tubercules quadrijumeaux. Dans un cas d'atrophie des deux nerfs optiques avec dégénérescence secondaire ascendante, Henschen a pu constater que la dégénérescence se continuait dans les centres -M>iis-corticaux que nous venons de mentionner; il observa, en outre, la même lésion dans les radiations optiques de Graliolet et dans le centre cortical de la vision du lobe occipital. Les libres de la bandelette optique qui prennent naissance dans la commissure postérieure du ehiasma se terminent dans le corps genouillé interne. On divise aussi les libres de la bandelette optique en deux portions, l'une formanl la racine des tubercules quadrijumeaux [Vierhùgelwurzel), l'autre constituant la racine des couches optiques [Thalamuèwurzel) ; la première reçoit des fibres qui passent à la surface du corps genouillé interne et traversent le bras antérieur des tubercules quadrijumeaux antérieurs; la seconde racine naît du corps genouillé externe et du pulvinar.

Meynerl croit avec raison que le corps genouillé interne esl en rapport avec les libres optiques, l'n cas observé par Kulfner (2) peul être cité comme une preuve à l'appui de cette manière de \oir. A la

(l) Voir Nuel, Traité de de Weckeret Landolt, t. III. p. 5?0. 02) Kuffner, Sbornih lekarsky, t. IV, fasc. I.

CENTRES SOUS-CORTICAL X DE LA VISION. Ci

suite d'une lésion (encéphalomalacie) du lobe occipital gauche, la . 1 . ■ - . • 1 1 . • i - . ~ - 'condaire descendante avait gagné les radiations opti

que. Cette déiAvntTcx'i'iirt' a donc été constatée en dedans du corp: genouillé interne.

a. Tubercules quadrijumeaux. — Stilling admet que les deux nerfs optiques s'entre-croisent en partie dans les tubercules quadrijumeaux antérieurs et que quelques libres optiques pénètrent dans leur profondeur même. M. Charcot, pour expliquer les laits cliniques de l'amblyopie croisée dans les lésions de la partie postérieure de la capsule interne, avait été conduit à supposer que les fibres optiques qui n'étaient pas encore croisées dans le chiasma s'entre-croisaient dans les tubercules quadrijumeaux. D'après cette manière de voir, on ne trouverait dans chaque hémisphère occipital que des fibres optiques de l'œil opposé. Stilling a décrit aussi des libres optiques qui se terminent dans les tubercules quadrijumeaux postérieurs; mais l'observation clinique prouve que ces tubercules peuvent être lésés sans qu'il survienne de troubles de la vue. Au point de vue anatomique. il est exact que certaines fibres des bandelettes optiques se continuent jusqu'aux tubercules quadrijumeaux postérieurs et au corps genouillé externe, mais elles sont complètement étrangères à la fonction visuelle; elles naissent des commissures du chiasma, si bien étudiées par Gudden et Meynert.

Des expériences faites sur des animaux ont démontré que les tubercules quadrijumeaux servent aussi à la coordination des mouvements des globes oculaires. D'après Adamueck, les mouvements binoculaires des yeux sont réglés par les tubercules quadrijumeaux antérieurs, le droit présidant aux mouvements des deux yeux vers la gauche, et le gauche à leurs mouvements vers la droite.

En excitant expérimentalement les diverses parties d'un seul des tubercules quadrijumeaux antérieurs, on peut produire des mouvements très variés des yeux; mais les deux yeux sont toujours mis en action, et leurs mouvements ont lieu dans le même sens. Si les tubercules quadrijumeaux sont isolés par une coupe antéro-postérieure pratiquée sur la ligne médiane, l'excitation d'un seul tubercule antérieur ne produit que des mouvements de l'œil du même côté. Si l'excitation porte sur la partie médiane des tubercules quadrijumeaux antérieurs, on observe des mouvements des yeux en haut et, en même temps, de la dilatation des pupilles. Si on excite la ligne médiane, entre les tubercules quadrijumeaux postérieurs, les yeux convergeront pendant que la pupille se rétrécira | Beaunis). Plus l'excitation porte en arrière, plus les mouvements de convergence deviennent manifestes. Il est probable que, dans cette-expérience, on excite en même temps le noyau antérieur de l'oculo-moteur commun.

C'est Herbert Mayor et Flourens qui ont eu l'idée que les tu-

bercules quadrijumeaux sont en rapport avec les mouvements réflexes amenant la dilatation ou le resserrement des deux pupilles.

Flourens, après la destruction unilatérale des tubercules quadrijumeaux, observa la cécité d'un œil et la dilatation de l'iris homonyme. Mais Knoll prouva expérimentalement que la cécité résulte de la lésion simultanée de la bandelette optique, consécutivement à l'expérience ; la dilatation de l'iris est de même produite par une lésion du noyau du sphincter de la pupille. Selon Knoll, l'excitation des tubercules quadrijumeaux a pour conséquence la dilatation des pupilles, dilatation plus prononcée du côté où l'excitation a lieu.

L'excitation simultanée des deux tubercules quadrijumeaux antérieurs produit aussi des mouvements oscillatoires des yeux comparables à ceux qu'on désigne sous le nom de nystagmus. L'opisthotonos qui, dans les expériences de Ferrier, suivit l'électrisation des tubercules quadrijumeaux, doit probablement être attribué à l'excitation du pédoncule cérébral.

Les tubercules quadrijumeaux ne sont pas seulement des centres de l'organe visuel, car ils sont très développés chez des animaux privés de la vue (Taupe asiatique).

Chez l'homme, des lésions de ces corps ont amené, à diverses reprises, des symptômes d'ataxie. Ce phénomène n'a fait défaut que dans un seul cas, publié par Gowers. Dans les tumeurs des corps quadrijumeaux, l'ataxie présente tous les caractères fie L'ataxie cérébrale, c'est-à-dire de l'ataxie de l'ivresse : l'équilibre pendant la marche est seul troublé; les mouvements des extrémités supérieures restent normaux. Ce symptôme s'observe également dans des cas de tumeurs occupant d'autres parties du cerveau.

L'expérience, clinique, l'anatomie et la physiologie ont démontré que les tubereules quadrijumeaux antérieurs sont seuls en rapport avec le sens de la vision. Kohts a publié un cas -de destruction des tubercules quadrijumeaux postérieurs sans que la vue eûl été affectée.

On peut croire que la destruction d'un tubercule quadrijumeau antérieur doive entraîner l'hémianopsie homonyme du côté opposé (1). Mais dans tous les cas observés jusqu'ici,- la lésion occupait les deux tubercules antérieurs à la fois. Il en était ainsi dans le cas publié par Pidoux (1871), où la maladie s'accompagnait de cécité complète el de dilatation des pupilles. 11 a même été impossible de décider si les libres optiques qui aboutissent aux tubercules quadrijumeaux exercenl leur action dans toute l'étendue des deux moitiés des champs visuels représentées dans une bandelette optique. Il sérail possible que les I rois centres sous-corticaux de la vision continssent en même

(\) Vulpian avait déjà établi que les tubercules quadrijumeaux jouaient un rôle dans l'acte de la vision ; leur action est croisée, mais elle ue Test pas exclusivement.

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